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ISF, ENA, RIC... Ce que Macron a retenu et ce qu'il a rejeté des demandes des "gilets jaunes"

DÉCRYPTAGE - Le président de la République a adressé une réponse directe aux "gilets jaunes" et à leurs demandes. Quelles mesures garde-t-il ? Lesquelles rejette-t-il ?

Emmanuel Macron, le 25 avril 2019
Emmanuel Macron, le 25 avril 2019 Crédit : ludovic MARIN / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Emmanuel Macron ne souhaite pas reprendre le terme d'"acte" pour qualifier le tournant qui suit sa conférence de presse, car il estime qu'il est associé aux "gilets jaunes". Néanmoins, le président de la République entame indéniablement une nouvelle phase de son quinquennat

Lors des réponses aux questions des journalistes, Emmanuel Macron a indiqué regretter d'avoir "donné" le "sentiment" d'être "dur", "parfois injuste" avec les Français. C'est pourquoi, il souhaite remettre "l'humain au cœur du projet" avec "une nouvelle méthode" de gouvernance

"L'impatience, l'exigence que j'ai avec moi-même, que j'ai avec les membres du gouvernement, je l'ai un peu eue avec les Français. Le sentiment que j'ai donné, c'était une forme d'injonction permanente, d'être dur, parfois injuste. Ça, je le regrette. D'abord parce que ce n'est pas ce que je suis profondément et parce que je pense que ça n'a pas aidé à la cause", a déclaré le chef de l'État. Il a aussi détaillé les propositions qui ont émergé du grand débat national, en donnant son ressenti. 

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Vote blanc et vote obligatoire

"Je ne retiendrai pas l'option du vote obligatoire"Emmanuel Macron a d'emblée écarté cette option. "Je ne crois pas que l'on répond à une crise démocratique par la contrainte. On y répond en redonnant du sel à la vie démocratique. Une fois que l'on a mis l'obligation, c'est difficile de ne pas la faire respecter", répond le président de la République.

Sur la question du vote blanc, le président de la République explique avoir été tenté par cette option de le prendre en compte : "Mais je ne la retiendrai pas. On peut avoir des projets dont aucun ne nous plaît totalement aux élections, mais nous devons choisir. Et ce choix est important. Quand on vit une période difficile, blanc ça ne décide pas. C'est l'agrégation du rejet. Mais blanc ne résoudra aucun problème. Monsieur X, madame Y, oui".

RIC

Le référendum d'initiative citoyenne (RIC) figurerait dans les demandes des "gilets jaunes". Tel que proposé par le mouvement de contestation, le référendum d'initiative citoyenne "me semble remettre en cause la démocratie représentative, mais je crois malgré tout que nous devons donner plus de place à la voie référendaire dans notre démocratie", a déclaré le chef de l'État. 
 
Avant d'ajouter : "Je ne crois pas à la République du référendum permanent", a-t-il insisté. 
Mais Emmanuel Macron veut "aller plus loin sur le référendum d'initiative partagée". Ce dernier nécessite actuellement le soutien de 20% des parlementaires et de 10% du corps électoral, soit près de 4,5 millions de signatures

Le président de la République veut en "simplifier les règles en permettant que l'initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu'elle puisse prospérer en projet de loi et, si elle n'était pas examinés par les Assemblées, aller au référendum", a-t-il expliqué. 

Renforcer le droit de pétition

Le chef de l'État souhaite également "renforcer le droit de pétition au niveau local", via "une forme de droit d'interpellation des élus au-delà d'un certain seuil, qui sera à définir". Autre proposition d'ordre institutionnel :inclure 150 citoyens tirés au sort au sein de l'actuel Conseil économique, social et environnemental (Cese) afin de créer un "Conseil de la participation citoyenne". 

ISF

Le rétablissement de l'ISF est revenu à de nombreuses reprises dans les slogans scandés lors des manifestations des "gilets jaunes". Le président évoque maintenant l'impôt sur la fortune qui a été supprimé

"J'ai entendu combien la réforme de l'ISF était perçue comme un cadeau, une injustice fiscale", avoue-t-il. Mais "cette réforme n'a pas été la suppression", soutient le chef de l'État. "Elle a mis en place l’impôt sur le patrimoine immobilier mais elle a supprimé la partie du patrimoine qui était investie dans l'économie pour encourager l'investissement. S'il n'y a pas d'investissement, il n'y a pas d'économie. Cette partie, je juge de mon devoir de la défendre. Elle relève du simple pragmatisme", ajoute-t-il. 

"Elle sera évaluée en 2020. Si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons. C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés", précise-t-il. 

ENA

Emmanuel Macron a confirmé son intention de "supprimer, entre autres, l'ENA", l'École nationale d'administration, en déclinant devant la presse ses mesures pour répondre au grand débat et à la crise des "gilets jaunes". Lors de son discours, le président de la République est resté vague sur la suppression ou non de l'école des hauts fonctionnaires. C'est lors des questions-réponses avec les journalistes que le chef de l'État a levé le doute. 

"(Non) pas pour se donner le plaisir de supprimer" l'ENA, mais "pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux", a justifié Emmanuel Macron. "Sur ce sujet, je ne crois pas du tout au rafistolage : si vous gardez les mêmes structures, les habitudes sont trop fortes, les habitudes sont là", a-t-il dit. 

"Nous devons gérer très différemment les carrières de nos hauts fonctionnaires, avoir davantage de passerelles tout au long de la vie professionnelle, pour permettre, avec des règles de déontologie extrêmement strictes, à des gens qui viennent du privé, du monde associatif, d'intégrer la haute fonction publique à différents moments", avait auparavant développé le chef de l'État. 

"On doit aussi mettre à l'épreuve les jeunes hauts fonctionnaires. Ils ne peuvent pas tout de suite accéder aux postes suprêmes et être garantis de ne jamais les quitter. Je souhaite que nous mettions fin aux grands corps", avait encore souligné M. Macron, pour qui "nous n'avons plus besoin de protections à vie, et elles ne correspondent plus à la capacité à attirer les talents, ou même à les garder". 

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Que faut-il retenir de l'allocution d'Emmanuel Macron ? Crédit Image : ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : M6info | Date :
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2019-04-26 06:11:00
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