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Fin de vie : un débat empêché qui finira par s’imposer

ÉDITO - Le 8 avril 2021,une proposition de loi sur la fin de vie sera débattue à l’Assemblée Nationale.

Un produit administré dans le cadre d'une euthanasie (illustration)
Un produit administré dans le cadre d'une euthanasie (illustration)
Crédit : BULENT KILIC / AFP
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Olivier Bost - édité par Capucine Trollion

Jeudi 8 avril, c'est la première fois que la question de l’euthanasie sera abordée à l’Assemblée nationale aussi directement. Il y a dans ce sujet, une dimension sociétale et une dimension politique. La dimension sociétale est évidente. Toutes les familles sont confrontées à un moment ou à un autre à la maladie et de la fin de vie. Les Français dans les enquêtes d’opinions sont favorables à une évolution de la législation.

Demain à l’Assemblée, des députés pour y répondre proposent un droit à une mort rapide et sans douleur par une assistance médicalisée, pour ceux qui sont atteints d’une maladie incurable leur infligeant des douleurs insupportables.

Ce sont des médecins qui l’évalueront, sauf s’ils font valoir leur clause de conscience.
Vous pourriez aussi déléguer, par avance, ce droit de mourir à un proche, si vous n’êtes plus en capacité de vous exprimer. Voilà un aperçu des questions éthiques que le débat de demain pose et ce ne sont pas des petites questions.

Des questions politiques

D’abord, quelques élus Les Républicains, ils sont 5 et vont empêcher la loi d’être adoptée. Ils ont déposé près de 2.500 amendements. En retour, 270 parlementaires de tous bords, ont dénoncé leur attitude dans une tribune dans le JDD. Ce qui montre qu’il y a un nombre inédit de députés prêt à se mobiliser sur la fin de vie.

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Leurs motivations doivent quand même être décryptées, car elles sont multiples. Il y a ceux qui sont militants, engagés pour la légalisation de l’euthanasie, ils dénoncent une hypocrisie française alors que ça se pratique dans plusieurs pays européens. Il y a les opportunistes, ceux qui veulent pouvoir mettre un coup de tampon moderne et réformateur qui fait défaut à ce quinquennat. 

Ces députés de la majorité n’ont pas autant d’audace que l’on aurait pu en attendre sur les champs économiques sociaux ou même institutionnels. Ils se rattrapent sur le sociétal. L’euthanasie, le rallongement des délais pour l’IVG et la PMA toujours pas adoptée... L’avantage des mesures sociétales, c’est qu’elles sont poussées par une part de la société.

Une nouvelle loi "fin de vie" sera-t-elle adoptée un jour ?

Probablement parce qu’au-delà de la pression de la société. Ce sujet se nourrit de nos ratés et de nos lâchetés. Les soins palliatifs, pour accompagner la maladie n’ont pas été développés comme le promettait la loi Claeys-Leonetti. Plus d’une vingtaine de départements n’en disposent pas, leurs déploiements avaient même été stoppés en 2019,  avant que ne resurgisse le débat sur la fin de vie. 

Les directives anticipées ne sont aussi pas suffisamment utilisées. Et puis, le débat sur l’euthanasie n’a pas été porté par Emmanuel Macron, il n’était pas dans ses engagements de campagne. Le revoilà donc dans une niche parlementaire. L’euthanasie ne sera pas votée demain à l’Assemblée, mais le sujet ne pourra plus être évacué.

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