2 min de lecture Littérature

Euthanasie : en votant ce texte, la France perdrait "tout droit au respect", selon Houellebecq

VU DANS LA PRESSE - Dans une longue tribune publiée dans "Le Figaro", l'écrivain s'en prend aux promoteurs de ce texte et démonte leurs arguments.

Michel Houellebecq, le 9 mars 2017
Michel Houellebecq, le 9 mars 2017 Crédit : EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / AFP
louis
Louis Chahuneau et AFP

Alors que la pandémie causée par le coronavirus continue de ravager le monde et que la France s'approche de la barre des 100.000 morts, l'Assemblée nationale doit examiner jeudi 8 avril dans un climat polémique un texte afin de créer un droit à l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une pathologie incurable. 

Une proposition de loi qui irrite bon nombre de députés Les Républicains, mais aussi l'écrivain Michel Houellebecq. Dans une longue tribune publiée sur le site du Figaro, l'auteur de Sérotonine ou encore Soumission répond point par point aux arguments des pro-euthanasie, avec une pointe d'humour : "Un élément de baratin habituel consiste à affirmer que la France est 'en retard' sur les autres pays. [...] cherchant les pays par rapport auxquels la France serait 'en retard', ils ne trouvent que la Belgique, la Hollande et le Luxembourg ; je ne suis pas franchement impressionné", écrit-il ainsi.

Alors que la fin de vie reste un sujet épineux en France, notamment depuis les révélations ces dernières années sur les souffrances des personnes âgées en Ephad, Michel Houellebecq accuse les promoteurs du texte de vouloir faire des économies : "C’est bien Jacques Attali qui a insisté lourdement, dans un ouvrage déjà ancien, sur le prix que coûte à la collectivité le maintien en vie des très vieilles personnes", avance-t-il.

L'agonie, "un moment particulièrement important"

La proposition du député Olivier Falorni (groupe Libertés et Territoires) prévoit que "toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, provoquant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable", peut demander une "assistance médicalisée" pour mourir "par une aide active". Actuellement, seule une sédation profonde, pouvant entraînée la mort, est autorisée par la loi.

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Face à cet argument, là-encore, l'écrivain répond que "l’agonie est un moment particulièrement important de la vie d’un homme car elle lui offre une dernière chance [...] de se libérer du samsara, du cycle des incarnations". Michel Houellebecq conclut de manière grave en estimant que "lorsqu’un pays - une société, une civilisation - en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect".

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