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Emmanuel Macron décore son dernier carré de fidèles et reconnaît son "immense dette envers eux"

Emmanuel Macron a réuni ses plus proches collaborateurs à l'Élysée pour une cérémonie de remise de la Légion d'honneur, marquant une décennie de parcours politique. Le président a exprimé sa gratitude envers ceux qui ont façonné son ascension, tout en évoquant les défis marquants de ses mandats

Emmanuel Macron, le 3 octobre 2025.

Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP

Pauline Théveniaud - édité par Eléonore Aparicio

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Ce lundi soir, c’était soirée nostalgie à l’Élysée. Emmanuel Macron a décoré un carré de fidèles de la légion d’honneur, dont les anciens ministres Olivier Dussopt, Stanislas Guerini, l’un des co-fondateurs d’En Marche, Jean-Marc Borello… Et c’est une grosse dizaine d’année qui a défilé devant ses yeux. Le président a loué les souvenirs des débuts, beaucoup remercié, faisant part de son "immense dette" envers ses fidèles, mais survolé, tout en ellipses, les affres de ces quinquennats.

"C’est difficile pour moi, devant une telle audience de ne pas me lancer dans un meeting politique", entame-t-il. Un clin d’œil au parterre installé devant lui. Pour cette soirée, parmi les quelque deux cents invités réunis dans la salle des fêtes, étaient revenus à l’Élysée, les membres du petit commando avec lesquels il a conquis le pouvoir : Alexis Kohler, Julien Denormandie, Sibeth NdiayeBenjamin Griveaux, Ismaël Emelien, Stéphane Séjourné... 

Présents également les anciens Premiers ministres Jean Castex, Elisabeth Borne et Gabriel Attal, des ministre comme Gérald Darmanin, Maud Bregeon ou Amélie de Montchalin - dont la nomination à la tête de la Cour des comptes est intervenue au cours de la cérémonie.

Le temps où il s’égosillait : "C’est notre projet."

Emmanuel Macron s’est remémoré le temps où Stanislas Guerini, "l’un des artisans inoubliables de la campagne 2016-2017", s’improvisait chauffeur de salle, où le parti présidentiel tenait dans un appartement de la rue des Plantes. Le temps où il s’égosillait : "C’est notre projet." 

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Il s’est souvenu de sa rencontre avec Olivier Dussopt : alors député socialiste, Dussopt lui avait passé une soufflante pour avoir traité d’"illettrées" les femmes qui travaillaient à l’abattoir Gad. Ce fut l’une de ses premières "petites phrases". "Des mots maladroits", s’excuse-t-il aujourd’hui, pour lesquels l’ex-socialiste l’avait "traité de tous les noms".

Retour sur l'épreuve de la réforme des retraites

Surtout, il s’est attardé sur l’épreuve de la réforme des retraites, qu’il inscrit tout en haut de la pile des "combats violents" de son second quinquennat. L’occasion d’un plaidoyer pour cette réforme, "un engagement pris haut et clair", "qui assurait la pérennité du système". "Je dirais qu’à l’enseigne des reformes difficiles vous avez cotisé", lance le chef de l’Etat à son ancien ministre, dénonçant "les attaques" subies par ce dernier.

Mais Emmanuel Macron n’a pas dit le moindre mot de la récente suspension de cette réforme, condition sine qua none pour faire passer le Budget de la Sécu, à laquelle Olivier Dusspot était farouchement opposé. Emmanuel Macron n’opère pas non plus le moindre mea culpa sur la dissolution. "Et puis, il y a eu la défaite", se contente-t-il d’esquisser, volontairement sibyllin, en s’adressant à Stanislas Guerini.  

Une soirée pour Emmanuel Macron

Mais, signe que cela sent décidément la fin de mandat, cette soirée était surtout pour Emmanuel Macron, l’occasion de lancer des remerciements en série.  Il a exprimé sa reconnaissance "à tous ceux qui ont constamment mené cette aventure, qui ont pris des fonctions dans le mouvement" fondé en 2016, citant au passage Gabriel Attal, avec qui les relations sont notoirement tendues. "C’est le grand pardon", pouffe un invité.

"Laissez-moi vous dire ma reconnaissance, ma gratitude et mon affection. On n'a pas tous les jours l'occasion de le dire, et mes responsabilités (...) donnent le sentiment parfois d'être loin, mais je suis toujours là, dans ce compagnonnage", a enfin conclu le chef de l'Etat en reconnaissant "l'immense dette" qu'il a envers ses fidèles.

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