3 min de lecture
Amélie de Montchalin à l'Elysée, le 19 janvier 2026.
Crédit : Eric Beracassat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
L’Élysée a fait son choix. Selon nos informations confirmant Le Figaro, Emmanuel Macron va nommer Amélie De Montchalin, l'actuelle ministre de l’Action et des Comptes publics de France, à la tête de la Cour des comptes. Sa nomination aura lieu ce mercredi 11 février au matin lors d'un Conseil des ministres, d'après une source au sein de l’exécutif, mais ne sera effective qu'au moment du remaniement.
L'actuelle ministre âgée de 40 ans, qui sort tout juste d'un long marathon parlementaire dédié à l'adoption du budget pour 2026, va succéder à l'ancien ministre socialiste, Pierre Moscovici, aux commandes de cette institution, devenant la première femme à la présider. "C’est une nomination comme [Emmanuel Macron] aime en faire. Il casse les codes : ce poste a toujours été envisagé pour des messieurs de plus de 60 ans. C’est une femme, c’est l’un des derniers bastions qui tombent", fait savoir un macroniste.
Remarquée pour sa fine connaissance des dossiers budgétaires et financiers, elle va donc quitter le gouvernement, alors qu'un remaniement limité est attendu dans les prochains jours avant les élections municipales. Cet "ajustement" sera donc finalement un peu plus conséquent qu'attendu, avec ce poste-clé à pourvoir dans l'équipe de Sébastien Lecornu.
Amélie de Montchalin, qui ignorait que l'information allait sortir (elle l'a appris une pleine cérémonie de remises de plusieurs décorations à l'Élysée), récupèrera les rênes de cette institution plus que bicentenaire à un moment crucial, alors que la France peine à redresser la barre après plusieurs années de dérapage budgétaire, dans un contexte politique extrêmement instable qui ne facilite pas l'adoption du budget du pays. Le déficit public doit être ramené à 5% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, un objectif que de nombreux observateurs et parlementaires jugent très ambitieux compte tenu du contenu du projet de loi de finances actuellement revu par le Conseil constitutionnel.
Amélie de Montchalin elle-même avait rappelé ces derniers jours l'importance de revenir au plus vite sous les 3% pour rentrer dans les règles de l'Union européenne. "Ca doit être au plus tard en 2029", a-t-elle estimé ces derniers jours.
Sa nomination en tant que Première présidente de la Cour des comptes est uniquement du ressort du chef de l'État et ne nécessitera pas d'approbation par les commissions des Finances du Parlement, comme c'est le cas pour d'autres nominations. Son mandat sera irrévocable, seulement borné par une limite d'âge théorique fixée à 68 ans.
Sa prestation des derniers mois à l'Assemblée nationale et au Sénat l'avait en tout cas propulsée en première ligne au sein de l'équipe gouvernementale. Ses compétences techniques, sa répartie et son ton didactique au fil de dizaines d'heures de débat avaient notamment été appréciés par de nombreux parlementaires. "Le président a laissé prospérer le nom de Rémy Rioux [un temps évoqué pour le poste] pour la protéger car sinon ça aurait été le tir au pigeon. L’épreuve du Budget, ça lui a permis de voir si elle avait les reins solides", raconte à RTL une source au sein de l’exécutif.
"Derrière, ce que le président souhaite, c’est que sous son impulsion la Cour des comptes sort des simples constats pour devenir une force de proposition sur les économies. Le président souhaite avoir une Cour qui puisse proposer des améliorations", poursuit-elle.
Sébastien Lecornu a lui-même évoqué un "duo" avec cette économiste, pur produit du macronisme de 2017, qui avait accumulé les portefeuilles des Affaires européennes (2019-2020), de la Fonction publique (2020-2022) et, pour quelques semaines, de la Transition écologique (2022), avant sa défaite aux législatives dans l'Essonne, terre de ses grands-parents agriculteurs, face au socialiste Jérôme Guedj.
Diplômée de HEC et de Harvard, passée par le secteur bancaire (BNP Paribas) et l'assurance (Axa), Amélie de Montchalin avait été représentante permanente de la France auprès de l'OCDE avant d'être rappelée à la surprise générale fin décembre 2024 par l'ex-Premier ministre François Bayrou, soucieux de constituer un "gouvernement de poids lourds". Sébastien Lecornu l'avait ensuite confirmée à son poste au début de l'automne.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte