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Déconfinement : "Non, il n'y a pas de relâchement général", estime Olivier Bost

ÉDITO - Les Français se seraient-ils déconfinés un peu trop vite ? Olivier Bost appelle à "ne pas tomber trop vite dans l'indignation facile".

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Déconfinement : "Un moment de vérité pour l'exécutif", selon Olivier Bost Crédit Image : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Youen Tanguy

Sommes-nous si indisciplinés qu'on le pense et surtout qu'on veut bien le dire ? Ce n'est pas si simple que ça. 

Selon un sondage Odoxa pour le Figaro  moins de quatre personnes sur dix pensent en France que nous avons été collectivement à la hauteur. Et nous avons presque aussi peu confiance en nous qu'en nos gouvernants. Un chiffre étonnant, et surtout largement en dessous de tous les autres européens. Six allemands sur dix trouvent que leurs compatriotes ont été à la hauteur, les trois quart des anglais sont satisfaits.

Ce peu d'estime que les Français ont pour leurs amis, leurs voisins, leurs collègues, ou tous ceux qu'ils voient à la télévision se retrouve dans notre indignation immédiate générale et, pour tout dire, un peu confuse et facile au moindre écart aux règles de distanciation.

De quelle indignation parle-t-on?

Lundi matin, les images de gens collés dans le métro ont provoqué l'indignation. Mais, on le sait, ces voyageurs agglutinés ont attendu 40 minutes leur métro à cause d'une panne. Et à 6 heures du matin. Personne ne peut être soupçonné ou accusé de prendre le métro pour le plaisir. Des gens vont travailler comme ils peuvent et ils n'ont pas le choix. D'ailleurs, contrairement à pas mal d'images véhiculées, n'en déplaise aux pleurnicheurs, les Français ont envie de travailler.

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Là aussi, la réponse à cette question est sans équivoque chez les sondeurs. Une très grosse majorité de Français sont contents de retrouver leur boulot si la sécurité est assurée. Nous ne sommes pas un pays de planqués, de trouillards confinés et heureux de l'être, biberonnés au chômage partiel et qui attendent les préavis de grève préventif de la CGT.

N'en déplaise aux grincheux, ça ne correspond pas à la réalité. Mais comme souvent, nous ne sommes jamais à l'abri de contradictions. Nous admirons ceux qui ont tenus le pays  et sauvé des vies : les soignants, ses services de secours, les éboueurs et nous pensons que les autres ne veulent pas travailler.

Ne pas tomber trop vite dans l'indignation facile

Il ne faut pas pas tomber trop vite dans ce réflexe d'indignation facile. Après deux mois de confinement, est-il bien raisonnable d'accuser des gens de sortir de chez eux ? De se retrouver dehors, dans les grandes villes, là où il y a plus de 10.000 habitants au kilomètre carré comme à Paris. Peut-on reprocher aux habitants de se croiser à moins d'un mètre sur les trottoirs ? Peut-on reprocher à des habitants de ne pas porter de masques dans les rues alors que ce n'est pas obligatoire et qu'aucune campagne de prévention ne nous a encore expliqué comment les porter ?  

Ce que nous avons vu lundi aussi, sur les réseaux sociaux surtout, là où se concentre tous les énervements, ce sont des gens râler sur ceux qui sont allés, rendez-vous compte, dans des magasins  pour acheter des vêtements par exemple. D'autres ont attendu une heure pour déguster un McDo. Comment peut-on juger, encore une fois après deux mois de confinement, de ce qui est prioritaire ou important pour les autres ?

Ces réflexions, au passage, sont empreintes d'un mépris social très désagréable. Nous avons retrouvé la liberté depuis hier. Et le principe de la liberté, c'est bien que chacun peut en faire ce qu'il veut. 

Comment expliquer critiques ?

Nous pouvons soupçonner que parmi ceux qui ont peur du déconfinement, certains voudraient que ça se passe mal, pour valider les raisons de leur peur. Pas besoin d'être hypocondriaque pour penser qu'en voyant quelqu'un sans masque dans un magasin, l'épidémie est en train de repartir. Ce n'est pas forcément vrai et il faudra quelques semaines pour le savoir vraiment. Il n'est donc pas forcément très utile de rajouter de l'inquiétude à l'inquiétude. 

La pression sociale va aussi faire son œuvre. Porter un masque dans les transports en commun et peut-être demain dans les grandes villes, apparaîtra sans doute comme une telle évidence que ça va s'imposer de soi-même. Cela fait partie des espoirs du gouvernement. 

Le Premier ministre n'apparait pas, de prime abord, comme un grand optimiste par nature. Mais il est persuadé que les réouvertures d'école ou le respect des gestes barrières finiront par s'imposer et se passeront bien.

Bien sur, dans cette période, nous allons tous être l'imprudent pour un autre et ainsi de suite jusqu'à vous et moi. Tout n'est pas parfait, mais arrêtons de râler sur nos voisins. Encore une fois, si on pouvait ne pas se gâcher le plaisir du déconfinement, ça serait pas mal. 

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