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Coronavirus : le nouveau ministre de la Santé souligne l'efficacité de la censure chinoise

Le successeur d'Agnès Buzyn, Olivier Véran, a estimé que l'emprise de la Chine sur les réseaux sociaux a permis aux autorités de mettre en place des mesures de confinement rapides pour maîtriser l'épidémie de coronavirus.

Olivier Véran a remplacé Agnès Buzyn au ministère de la Santé le 16 février 2020
Olivier Véran a remplacé Agnès Buzyn au ministère de la Santé le 16 février 2020 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Olivier Véran a signé une entrée en matière remarquée pour sa première interview politique matinale dans ses nouveaux habits de ministre des Solidarités et de la Santé. Le successeur au pied levé d'Agnès Buzyn après l'intronisation de cette dernière comme tête de liste LaREM à Paris, après l'abandon de Benjamin Griveaux, a loué au micro de France Inter la "réactivité" de la Chine dans la crise liée au coronavirus, estimant que la mainmise du pouvoir sur les réseaux sociaux avait favorisé la gestion sanitaire de l'épidémie.

"La Chine a pris ses responsabilités en mettant en place des mesures de confinement et d'isolement très rapidement", a assuré l'ancien neurologue et député LaREM de 39 ans ce mardi 18 février, avant de nuancer son constat de l'efficacité chinoise : "Je ne suis pas sûr que ce serait possible de réaliser tout cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts".

En dressant ainsi un parallèle entre le muselage des réseaux sociaux et l'efficacité sanitaire, à l'heure où de nombreux élus et personnalités publiques appellent en France à réguler Internet, le nouveau locataire de l'avenue de Ségur embrasse une lecture des événements qui tend à justifier la censure et la limitation des libertés et fait l'impasse sur de nombreux aspects de la réalité de la gestion de l'épidémie par Pékin. 

La surveillance renforcée en Chine

Après une brève période de tolérance, les autorités chinoises ont effectivement renforcé leur censure sur les réseaux sociaux début février. Les géants de l'Internet chinois ont été placés sous une supervision spéciale du régime et les médias contraints de passer sous silence la propagation du virus malgré "l'urgence sanitaire" déclarée par l'OMS. 

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La Chine a aussi accentué la surveillance de la population à l'aide de capteurs et scanners corporels qui sont venus s'ajouter au vaste réseau de caméras à reconnaissance faciale déployé à travers le pays. 

Mais le décès, le 7 février, du médecin lanceur d'alerte Li Wenliang, que le pouvoir avait tenté de bâillonner pour cacher l'ampleur de la crise à ses débuts, a profondément marqué l'opinion publique chinoise et fissuré ce dispositif. L'annonce de sa mort a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux où le régime chinois de Xi Jinping est de plus en plus ouvertement critiqué. 

Contacté par RTL.fr, le cabinet du ministère des Solidarités et de la Santé fait valoir qu’"en aucun cas cela signifie que le ministre souhaite ou envisage de telles mesures en France, ni s’agissant des réseaux sociaux, ni s’agissant de mesures drastiques de mise en quarantaine de la population. Le ministre a par ailleurs rappelé que le bon échange d’informations entre la Chine et les autres États constituait une condition fondamentale de la gestion du Covid-2019".

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