4 min de lecture Élections municipales à Paris

Affaire Griveaux : ce que l'on sait de cet épisode choc des municipales

ÉCLAIRAGE - Le retrait du candidat de la majorité présidentielle aux municipales de Paris, après la révélation de vidéos intimes qui lui seraient attribuées, a créé une véritable onde de choc dans la classe politique française.

Benjamin Griveaux
Benjamin Griveaux Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Vendredi 14 février 2020, l'élection municipale à Paris vire au cauchemar pour la majorité présidentielle. Ce jour-là, Benjamin Griveaux, proche parmi les proches du président de la République Emmanuel Macron, se voit contraint d'abandonner la course après la diffusion de deux vidéos intimes. Une démission choc qui a obligé La République en Marche (LaREM) à trouver une nouvelle candidate en la personne d'Agnès Buzynhttps://www.rtl.fr/actu/politique/municipales-a-paris-agnes-buzyn-candidate-apres-l-abandon-de-benjamin-griveaux-7800105531, actuelle ministre de la Santé.

L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo sont tous deux en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre de l'enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de Benjamin Griveaux. Deux jours après ce coup de tonnerre, voici ce que l'on sait de cette affaire aux retentissements politiques et judiciaires.

De quoi parle-t-on ?

Vendredi matin, Benjamin Griveaux, 42 ans, a annoncé qu'il se retirait de la course à la mairie de Paris. Le renoncement de l'ex-candidat LaREM, un des piliers de la Macronie, est la conséquence de la diffusion sur internet de vidéos intimes. À l'origine, les vidéos adressées à une femme d'un homme se masturbant - dont on ne voit pas le visage, mais attribuées à Benjamin Griveaux - ont été mises en ligne mercredi soir sur un site créé ad hoc et devenu depuis inaccessible.

Partagées au départ par une poignée de politiques dans des messages privés, elles ont ensuite été relayées sur les réseaux sociaux, notamment par le député ex-LREM Joachim Son-Forget. Samedi après-midi, Benjamin Griveaux a porté plainte contre X et le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Qui est à l'origine de cette diffusion ?

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Dès vendredi matin, un artiste russe contestataire, Piotr Pavlenski, a revendiqué être à l'origine de la publication des vidéos incriminées. Il la justifie en dénonçant "l'hypocrisie" de Benjamin Griveaux. Ce dernier "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles", a affirmé le Russe.

Cet homme, réfugié politique en France depuis mai 2017, a déjà eu affaire à la justice française pour avoir incendié la façade d'une succursale de la Banque de France en octobre de la même année, dans le cadre d'une "performance artistique". Il a été condamné en janvier 2019 à trois ans de prison, dont deux avec sursis.

Il a été placé en garde à vue samedi après-midi, dans le cadre d'une autre enquête ouverte pour des violences commises le soir du 31 décembre 2019 dans un appartement parisien. Celle-ci a été suspendue dimanche pour permettre de l'interroger sur l'affaire Griveaux dans le cadre d'une autre garde à vue. Au total, il ne peut pas rester plus de 48 heures en garde à vue à compter du début de la première, soit jusqu'à lundi après-midi.

Piotr Pavlenski, un personnage sulfureux

Dans son pays, l'artiste de 35 ans, qui s'est fait connaître pour des "performances" choc, comme le fait de se coudre les lèvres en soutien au groupe contestataire Pussy Riot, avait déjà mis le feu à l'une des portes de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes, en mai 2015.

Après sept mois de détention préventive, il avait été condamné à une simple amende dans une décision d'une rare clémence pour la justice russe. L'avocat de Benjamin Griveaux, Maître Richard Malka, a dénoncé samedi soir la justification "grotesque" de Piotr Pavlenki.

"Ce que je vois, c'est qu'un individu, assez trouble manifestement, revendique les faits mais que, manifestement aussi, il ne peut pas être le seul impliqué compte tenu de ce que ça coûte comme opération, de sa maîtrise de la langue française, il ne peut pas être tout seul", a-t-il ajouté sur LCI.

Piotr Pavlenski a-t-il agi seul ?

Depuis samedi soir, sa compagne a également été placée en garde à vue, cette fois spécifiquement dans le cadre de l'enquête qui concerne les vidéos incriminées. Selon une source proche du dossier, c'est elle qui aurait été la destinataire desdites vidéos. Cette femme est en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

L'avocat de Piotr Pavlenski, Maître Juan Branco, a expliqué vendredi avoir été "approché" par l'artiste pour "avoir un avis juridique sur la situation" et "vérifier la fiabilité" de la vidéo avant sa diffusion. Il dément en revanche tout rôle dans la divulgation de la vidéo. Depuis 2016 et l'adoption de la loi "pour une République numérique", la diffusion de "revenge porn" est passible de deux ans d'emprisonnement et 60.000 euros d'amende en France.

Quelles conséquences politiques ?

Le renoncement de Benjamin Griveaux a obligé le parti présidentiel et ses alliés centristes à trouver un autre candidat pour tenter de conquérir la mairie de Paris, à moins d'un mois du scrutin. C'est finalement Agnès Buzyn qui a été nommée dimanche 16 février tête de liste LaREM à Paris.

Des réunions avaient eu lieu ce week-end au siège du parti de la majorité pour parvenir à un consensus sur un successeur, alors que la date limite du dépôt des listes est fixée au 27 février.

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Municipales à Paris : "Il n'est pas question de retirer la liste LaREM", dit Le Gendre Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :

Parmi les noms cités figuraient ceux de l'ex-ministre Mounir Mahjoubi, du porte-parole du groupe LREM au Sénat Julien Bargeton, et celui de son homologue à l'Assemblée Sylvain Maillard.

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