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Coronavirus : le docteur Li Wenliang, héros chinois malgré lui

Le médecin chinois de 34 ans qui avait lancé l'alerte au moment de l'apparition du virus a succombé vendredi 7 février à l'épidémie. Au début de la crise, Li Wenliang avait été accusé par la police chinoise de propager des rumeurs.

Le médecin chinois qui avait lancé l'alerte du virus a succombé vendredi 7 février 2020 à l'épidémie.
Le médecin chinois qui avait lancé l'alerte du virus a succombé vendredi 7 février 2020 à l'épidémie. Crédit : STR / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Sa mort est symptomatique de la crise dans laquelle est plongé Pékin. Le docteur Li Wenliang avait été le premier à tirer la sonnette d'alarme à l'apparition du nouveau coronavirus. Pour avoir joué les lanceurs d'alerte, ce médecin de 34 ans avait été accusé, avec sept autres personnes, de propager des rumeurs par la police chinoise. 

Cet ophtalmologue, qui avait contracté la maladie en soignant un patient, est décédé vendredi 7 février à l'Hôpital central de Wuhan, berceau de l'épidémie qui a fait 630 morts dans le pays. Le docteur Li fait désormais figure de héros national face à des responsables locaux accusés d'avoir caché les débuts de la propagation du virus. 

Un vent de colère populaire a soufflé dans le pays à l'annonce de son décès. "C'est un héros qui a donné l'alerte au prix de sa vie", écrit un de ses confrères wuhanais sur le réseau en ligne Weibo. "Que tous ces fonctionnaires qui s'engraissent avec l'argent public périssent sous la neige", s'emportait encore un internaute, dans un commentaire promptement effacé par la censure.

Accusé d'avoir "perturbé l'ordre social"

Le 30 décembre, il avait adressé un message à des collègues en leur conseillant de se protéger avec masques et combinaisons. Li Wenliang avait par la suite raconté qu'on lui avait ordonné de signer une lettre reconnaissant qu'il avait fait "des commentaires erronés" et avait "fortement perturbé l'ordre social". 

Alors que les tout premiers cas d'une mystérieuse pneumonie ont fait leur apparition à partir du 8 décembre à Wuhan, les habitants n'ont commencé à porter des masques de protection qu'aux alentours du 20 janvier, juste avant la mise de facto en quarantaine de la ville.

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La Cour suprême chinoise avait par la suite considéré que les lanceurs d'alerte avait été traités de manière "inappropriée". Un signal qui semble pourtant insuffisant. La crise sanitaire a pris un tour politique pour les autorités chinoises. 

Pékin ouvre une enquête

Son décès semble en effet avoir pris le pouvoir par surprise. Des médias publics comme la télévision nationale CCTV et le quotidien Global Times avaient dans un premier temps annoncé son décès dès jeudi soir, avant de retirer cette information des réseaux sociaux. L'information a généré 12 millions de clics sur Weibo.

Réagissant à la colère populaire, le pouvoir central a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur "les circonstances entourant le docteur Li Wenliang, telles qu'elles ont été rapportées par les masses" et l'envoi sur place d'une équipe d'enquêteurs anti-corruption. 

Le décès du jeune médecin illustre la situation chaotique des hôpitaux de Wuhan, débordés par l'afflux de malades. Un haut responsable provincial a admis jeudi que le personnel médical était dépassé et manquait d'équipements de protection pour se prémunir du virus. Avec la mort de Li Wenliang, Pékin apparaît une nouvelle fois affaibli par la crise. 

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