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Coronavirus : la crainte d’une génération Covid

ÉDITO - Selon Olivier Bost, le gouvernement craint une mobilisation de la jeunesse qui est la première concernée par la crise sanitaire et ses conséquences.

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Coronavirus : la crainte d'une génération Covid Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Quentin Marchal

La jeunesse fait partie des très grandes préoccupations de l’exécutif lors de cette crise sanitaire du coronavirus. Ce mercredi 24 juin, les partenaires sociaux l’ont évoquée à l’Élysée pour proposer leurs solutions et éviter "une génération Covid". Ce terme sonne comme une condamnation, une tache indélébile sur un CV et le spectre d'une génération sacrifiée ou sinistrée est bien la crainte qui s’exprime dans les ministères et même jusqu’au plus haut sommet de l’État.

Un ministre résume ses angoisses en affirmant que "les jeunes vont nous reprocher d’avoir détruit leur futur pour sauver les vieux" et craint qu'"avec cette crise, il y a un vrai risque de se retrouver avec un conflit de génération". La prise de conscience au plus haut de l’État a été la mobilisation sur les violences policières où "les  jeunes retrouvent leurs difficultés et leurs incertitudes sur l’avenir" selon le secrétaire d’État à la jeunesse, Gabriel Attal.

Pour Emmanuel Macron, c’est en effet pour les jeunes que le confinement a été le plus difficile. Ils ont ressassé leurs angoisses pour leur avenir, sur la poursuite de leurs études, sur leurs diplômes, sur leur boulot d’été qu’ils ne trouveront pas et puis sur leur entrée dans le monde du travail. La crise économique et la crise écologique, ce sont en effet eux que ça concerne en première ligne.

Quelles solutions pour les jeunes ?

Comme c'est le cas lors de chaque crise, quel que soit le niveau de diplôme, les jeunes âgés de moins de 25 ans sont majoritairement en CDD et en intérim. Or, à la rentrée en septembre, ils seront 700 000 à arriver sur le marché du travail. Quand vous avez une génération qui rate cette première marche dans la vie, l’entrée dans la vie active, le coût social pour tout le monde devient colossal.

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Dans les réponses qui se préparent, il y a des pistes originales comme par exemple une année supplémentaire de qualification, après le BTS ou après un master, pour s’orienter vers des filières qui ont besoin d’embaucher. Le gouvernement cherche aussi des solutions pour les décrocheurs, ceux qui n’ont aucun diplôme.

Il y a aussi, dans les idées qui circulent, de vieilles recettes comme une prime pour toute entreprise qui prend un jeune en apprentissage ou un allègement de charges. Une prime, cela évite également l’effet CPE, le Contrat Première Embauche. À l’époque, en 2006, il était apparu comme un sous-contrat et avait vraiment mobilisé et unifié la jeunesse.

Le gouvernement craint une mobilisation de la jeunesse

Une mobilisation de la jeunesse, c’est exactement ce que craint par-dessus tout le pouvoir. C’est d’autant plus périlleux que lorsqu’un mouvement de jeunesse démarre, on ne sait pas très bien ce qui l’arrête. Il est par ailleurs très difficile pour l'exécutif de ne pas avoir un discours de vieux quand on s’adresse aux jeunes car il y a toujours le risque d’une forme de paternalisme.

Pour le secrétaire d’État Gabriel Attal, "on parle aux jeunes en leur parlant de ce qu’ils vivent, de leur situation". Comme pour tout ce qu’il va annoncer dans les jours qui viennent, Emmanuel Macron va revenir à un macronisme des débuts, qui a fait son succès en 2017, en injectant notamment un peu d’optimisme.

Ses proches lui conseillent de ne pas seulement chercher à atténuer la dureté de la crise pour les jeunes mais à leur redonner un espoir dans l’avenir. À chacun de ses interlocuteurs, Emmanuel Macron leur répète : "Le 11 mai, j’ai déconfiné pour les jeunes".

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