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Élections municipales 2020 : elles "ne passionnent pas mais sont pleines de surprises", dit Bost

ÉDITO - Ces municipales 2020 ne passionnent pas les électeurs alors que ce scrutin verra dans beaucoup de villes naître une alternance. Cette élection est pleine de rebondissements.

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Municipales 2020 : elles "ne passionnent pas mais sont pleines de surprises", dit Bost Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Sarah Ugolini

Dans cinq jours, c’est le second tour des élections municipales. Des élections qui ne passionnent pas et qui sont pourtant pleines de surprises. Ces élections sont même un peu dingues, d’abord parce que la campagne n’aura jamais été aussi longue. Et un peu dingue aussi parce que pleines de rebondissements et de surprises. Pourtant, ces municipales ne passionnent pas les électeurs.

Au premier tour, c’était à cause de la situation sanitaire. En pleine épidémie, nous avions d’autres soucis que de choisir un maire. 15 semaines de campagne plus tard, pour le second tour, le rendez-vous, pourtant très apprécié des Français avec l’élection présidentielle, ne semble pas emballer non plus les foules. La participation s'annonce faible. C’est dommage, parce que ce scrutin, dans beaucoup de villes, verra une alternance.

La droite, qui avait gagné beaucoup de villes en 2014, il y a 6 ans, a fait un très bon premier tour et elle sera toujours localement en position de force. Nous savons d'ores et déjà qu’elle dirigera une majorité de villes de plus de 9.000 habitants. Ces municipales ne sont pas mauvaises, loin de là, pour les Républicains. Mais ce bon score sera probablement atténué dimanche soir par les grandes villes, qui écrasent souvent le reste.

À Lyon, c’est la chute de la maison Collomb

Lyon, Marseille, Toulouse, toutes ces villes pourraient basculer vers des maires écolos ou des alliances verte/rose/rouge. C'est la fin d’une époque et à Lyon, c’est la chute de la maison Collomb. Son alliance avec Laurent Wauquiez, pour éviter une vague verte, ne semble pas prendre et ses amis l’ont tous abandonné.

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À Marseille, c’est la succession ratée de Jean-Claude Gaudin, avec des Républicains soupçonnés de fraudes aux procurations. Il faudra aussi surveiller le Rassemblement national qui pourrait, contre toute attente, perdre son secteur. Rien de tout ça n’était imaginable il y a encore six mois.

Il y a aussi du suspens pour Louis Aliot à Perpignan. Le cadre du Rassemblement national a pourtant reçu le soutien de candidats En Marche. Quand je vous dis que tout cela est assez surprenant.

La candidature de trop pour Martine Aubry

Mais alors comment ça s’explique ? Certains barons semblent avoir été tentés par la candidature de trop. C’est la situation de Martine Aubry à Lille par exemple. Elle est au coude à coude avec les écolos, avec qui elle n’a pas fait alliance. Il y a eu aussi les coups de théâtre. 

À Strasbourg, les écolos, puissants, pensaient pouvoir l’emporter dans une quadrangulaire avec quatre listes. Pas de chance pour eux, La République en Marche et les Républicains se sont mis d’accord. Ce n’est plus qu’une triangulaire.

Les Républicains se sont aussi mis d’accord avec En Marche à Bordeaux. Les écolos se sont alliés avec les socialistes. Ce qui semblait inimaginable dans la ville d’Alain Juppé où il n’y a jamais de second tour. Son successeur ne l’emportera pas haut la main.

La gauche de retour ?

Ce qui ressortira dimanche soir, c’est une poussée écolo, très probablement une poussée contrastée puisque dans de nombreuses villes, c’est leur alliance avec les socialistes, mais aussi avec la France insoumise qui leur permettra de gagner. Ces alliances montrent une dynamique à gauche et ses limites. Une dynamique, car ces alliances sont portées par les soucis du moment : l’écologie et le social.

Et des limites car les écolos, s’ils se rêvent au centre d’une nouvelle alliance à gauche, sont surtout très différents d’une ville à l’autre. Les verts virent plus moins au rouge. Ce qui se passe à ces municipales ne préfigure donc pas ce qui se passera par la suite à gauche. Mélenchon et Jadot ne feront jamais alliance, mais ça peut laisser planer l’idée que la gauche est de retour.
 
Du côté d'En Marche, je vous ai déjà dit que ces élections seraient une catastrophe pour le parti présidentiel. Une catastrophe qu’Emmanuel Macron va tenter de faire oublier, dès le lendemain, dès lundi prochain. Décision sur l’écologie, interview, grand discours, remaniement… L’Élysée prépare un festival pour faire oublier les municipales.

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