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Injures, crachats, menaces... Un quotidien difficile au dépôt du tribunal de Bobigny

REPORTAGE - Le dépôt de Bobigny est l'antichambre d'un des tribunaux les plus importants de France, où transitent les détenus avant leurs procès. Les agents dénoncent des conditions de travail très compliquées.

Le tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis (illustration).
Le tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis (illustration).
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Injures, crachats, menaces... Un quotidien difficile au dépôt du tribunal de Bobigny
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Alice Moreno - édité par Guillaume Dosda

Le dépôt de Bobigny est un dédale dans lequel la lumière du jour n'entre pas. D'abord, il faut passer de lourdes grilles pour accéder au sas de rétention. Des dizaines de cellules sont fermées par d'épaisses portes métalliques, et derrière, des détenus qui perdent patience. 

Sans arrêt, ils tambourinent aux portes, interpellent les policiers et leur demandent à quelle heure ils seront enfin présentés au juge. Ce matin, ils sont trois policiers pour gérer 35 détenus. Parmi les agents en poste, Christelle, déléguée syndicale SGP FO, "on fait face à des injures, des crachats et des menaces. On a des blessures en service". 

Sur les murs des cellules, on retrouve des petits carreaux, dont certains sont arrachés. Ils sont coupants, et peuvent être utilisés comme armes contre les fonctionnaires de police. Et les problèmes de sécurité découlent directement du manque d'effectifs selon Christelle. "On ne peut pas ouvrir un box tout seul, c'est ce qui se passe actuellement. On ouvre des cellules à un fonctionnaire. C'est inconcevable", s'insurge-t-elle.

Une quarantaine d'agents en arrêt maladie

Insécurité, nuisances sonores, et par vagues, une odeur désagréable d'excréments s'invite dans les couloirs. En effet, dans les cellules collectives, des toilettes à la turque débordent régulièrement. Et les policiers du dépôt de Bobigny sont à bout. Sur 135 agents, une quarantaine sont en arrêt maladie et ne sont pas remplacés.

Le président du tribunal de Bobigny, Peimane Ghaleh Marzban, déplore un ralentissement de la justice. "C'est important d'avoir des effectifs efficients sinon nous subissons nous-même des retards à l'audience', explique-t-il.

Le procureur de la République, Éric Mathais rappelle que c'est aussi au dépôt que les magistrats rencontrent les détenus. "Les fonctionnaires de police sont là pour assurer la sécurité de ces entretiens. Mais on a aussi des boxes de consultation puisque les avocats viennent rencontrer leurs clients au dépôt. C'est la sécurité qui est assurée par les policiers", détaille-t-il.

Des travaux en perspective

Ce matin, sur les six boxes d'entretien disponibles au dépôt, seuls deux sont utilisés, faute de moyens policiers pour encadrer les rencontres. Ainsi, des procédures entières peuvent être mises à mal. Une garde à vue peut être levée, le détenu remis en liberté s'il ne voit pas régulièrement un magistrat.

Des travaux d'envergure du tribunal, et du dépôt en particulier, doivent être livrés en 2026. Les locaux seront plus vastes, plus aérés et plus vivables. Mais les policiers préviennent, il faudra recruter massivement, car la charge de travail ne baissera pas.

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