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Police technique et scientifique : que deviennent les stupéfiants saisis ?

REPORTAGE - À l'occasion des 110 ans de la police technique et scientifique, découvrez les coulisses de la section "stups".

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Police technique et scientifique : que deviennent les stupéfiants saisis ? Crédit Image : Police scientifique | Crédit Média : Alice Moreno/RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Alice Moreno
édité par Paul Turban

À l'occasion des 110 ans de la police technique et scientifique française, la plus ancienne au monde, RTL a pu visiter les coulisses des laboratoires de l'unité sur les hauteurs de Lyon, à Écully précisément. La section "stupéfiants" de la PTS traite quelque 1.200 dossiers chaque année. Dans le labyrinthe immaculé du laboratoire, une salle est gardée par des caméras et fermée par une porte blindée. Céline, cheffe de la section "stupéfiants" depuis vingt ans, ouvre la porte de la salle des scellés. Sur des étagères métalliques se trouvent des enveloppes, des cartons, des sacs entreposés du sol au plafond. 

Une forte odeur de cannabis se dégage. "Il y a beaucoup de cannabis, confirme Céline, sous forme d'herbe, de résine. Il y a aussi des poudres, cocaïne et héroïne, des comprimés de MDMA, des végétaux, des champignons. Parfois, lors de perquisitions, il n'y a plus de stupéfiants, mais il y a des balances, des couteaux, des emballages, des billets de banque..."

Ces objets aussi doivent être analysés, dans le laboratoire de préparation où quelques grammes de chaque produit sont prélevés et portés à très haute température pour être analysés. Sur des billets de banque, les experts cherchent d'infimes traces de cocaïne. "On prend une pince à usage unique, une petite compresse qu'on imbibe d'éthanol. Ensuite, on frotte la surface du billet", explique Céline. 

Le travail des experts ne se limite pas au laboratoire. Ils vont parfois sur le terrain, dans le logement du suspect par exemple, pour encadrer des prélèvements. 

Des drogues de plus en plus dangereuses

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Les résultats des analyses sont remis aux policiers ou gendarmes en charge des enquêtes en cours et les experts les consignent dans un fichier baptisé "stups". Il regorge de données accumulées depuis plus de trente ans. "Sur cet échantillon de cannabis, on a la composition, 17 kilos, un échantillon destiné à l'Allemagne qui venait de l'Espagne, détaille par exemple Céline. Nous, on peut présumer que c'était un 'go fast'."

Ces fiches permettent de faire des rapprochements entre diverses affaires. "Le technicien, l'analyste, va chercher dans la base si nous n'avons pas déjà eu ce produit, explique Fabrice Besacier, chef de la division "chimie" de la police scientifique. Éventuellement, il va voir que dans cette base, nous avons d'autres saisies faites par d'autres services avec le même produit. Les services peuvent alors se mettre en contact pour échanger des informations."

Évaluer l'évolution des produits depuis les années 1980, leur composition, sont autant d'études possibles grâce à ce fichier. Le cannabis est de plus en plus chargé en substances psychoactives, la cocaïne de plus en plus pure au fil des ans. Cela révèle que la concurrence est de plus en plus rude entre les trafiquants, qui doivent proposer le produit de meilleure qualité. "Le marketing est extrêmement important", constate aussi Fabrice Besacier. Des logos sont apposés sur les produits, avec des noms de footballers, de consoles de jeu, etc. Les comprimés ont aussi des formes comme des crânes. 

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