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Mort de Samuel Paty : une suspecte a eu 1.166 contacts avec la mère d'un kamikaze du Bataclan

Info RTL INFO RTL - La jeune femme radicalisée, mise en examen en juin dernier pour avoir notamment "incité à la haine" l’assassin de Samuel Paty, était en contact très intense avec la mère d’un terroriste du 13 novembre.

Samuel Paty a été victime d'une attaque terroriste islamiste, le 16 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.
Samuel Paty a été victime d'une attaque terroriste islamiste, le 16 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.
Crédit : Thomas COEX / AFP
Thomas Prouteau & Cassandre Jeannin

Quand deux des dossiers terroristes les plus marquants de ces dernières années se rejoignent par les liens avérés entre leurs acteurs. La dernière suspecte mise en cause dans l’enquête sur la mort de Samuel Paty, Priscilla M., une femme de 33 ans radicalisée interpellée à Nîmes en juin et placée sous contrôle judiciaire, était en contact téléphonique avec la famille du kamizake du Bataclan Fouad Mohamed-Aggad, comme l’ont rapporté le Nouvel Obs et le Parisien cette semaine. 

Mais ces échanges étaient d’une particulière intensité d’après les informations de RTL : entre avril 2020 et juin 2021 Priscilla M. a contacté à "1.166 reprises" la mère du terroriste du 13 novembre d’après un procès-verbal d’enquête que RTL a pu consulter. Elle a également eu 160 contacts avec la sœur de Fouad Mohamed-Aggad. 

Ces nombreux échanges n’ont pas de caractère délictuel connu mais ils mettent en lumière les interactions dans la galaxie des individus radicalisés poursuivis par la justice ou leurs proches. 

Si ces femmes sont entrées en contact c’est d’ailleurs parce que la dernière suspecte du dossier Paty est mariée religieusement à un homme qui purge une peine de 14 ans pour un projet d’action violente à Marseille, pendant la campagne présidentielle de 2017. Or, cet homme a fréquenté un temps en détention le frère du terroriste du Bataclan, Karim Mohamed Aggad, lui-même condamné pour être parti au jihad en Syrie. 

Des réactions sur les réseaux sociaux à "Charlie hebdo"

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Dans l’enquête sur la mort de Samuel Paty, la Nîmoise mère de deux enfants est poursuivie pour son activité sur les réseaux sociaux dans les semaines qui ont précédé l’attentat. En particulier sur Twitter avec les comptes "cicatrice sucrée" et "cicat_s" dont elle a reconnu la paternité en garde à vue. Cicatrice "c’est la douleur de la prison" où se trouve son mari, explique-t-elle aux enquêteurs. Et "sucrée" la "douceur" de leur lien. 

Début septembre 2020, Priscilla M. retweete l’information sur la volonté de Charlie de publier de nouveau les caricatures de Mahomet en ajoutant le commentaire "apparemment Charlie Hebo en redemande". 

Des réactions également à Samuel Paty

Puis lorsque le père d’un élève du collège de Samuel Paty poste une vidéo mensongère qui stigmatise le professeur d’histoire-géo accusé d’avoir discriminé sa fille musulmane, elle retweete sa vidéo. Or, dans ses contacts figure Abdullak Anzorov, dont elle affirme qu’elle "ne savait rien du tout". Le futur terroriste contacte 'cicatrice_sucrée' sur messagerie privée et pendant plusieurs jours, Priscilla M. va l’informer de la situation au collège, présentant notamment la "situation d’impunité du professeur comme l’illustration de la non sanction du blasphème". 

Priscilla M. mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle

En garde à vue, selon ses déclarations consultées par RTL, la suspecte a affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’avait jamais "pensé faire du professeur une cible", mais qu’elle avait été "touchée par la discrimination" dénoncée par la famille de la collégienne de Conflans. Des propos qui n’ont pas convaincus les magistrats anti-terroristes qui ont mis en examen Priscilla M. pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, d’autant qu’elle a supprimé ses comptes juste après l’annonce de la mort de Samuel Paty.


D’après le procès-verbal d’enquête que RTL a pu consulter, Priscilla M. était en outre en lien téléphonique étroit avec deux autres épouses de condamnés pour des faits en lien avec le terrorisme.

Contactée par RTL, l'avocate de Priscilla M., Morgane Le Hir, n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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