2 min de lecture Justice

Affaire Fillon : la procureure générale n'a reçu "aucune instruction du pouvoir exécutif"

La procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, est auditionnée ce jeudi 2 juillet par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice. Elle a réagi aux propos d'Éliane Houlette, qui a dénoncé des "pressions" de sa hiérarchie dans l'affaire Fillon.

Catherine Champrenault, en 2015
Catherine Champrenault, en 2015 Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

La procureure générale de Paris a assuré, ce jeudi 2 juillet, n'avoir reçu "aucune instruction du pouvoir exécutif" pour influer sur l'affaire Fillon, après des propos de l'ex-cheffe du parquet national financier, Éliane Houlette, qui ont suscité des accusations d'"instrumentalisation" de la justice.

"Je n'ai reçu dans l'affaire Fillon comme dans tous les autres dossiers relevant de mon contrôle hiérarchique aucune instruction de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), aucune instruction du pouvoir exécutif et (...) je n'ai jamais relayé une demande du garde des Sceaux ou du pouvoir exécutif pour influer sur une procédure", a déclaré Catherine Champrenault devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'indépendance de la justice.

En ce qui concerne le degré de suivi et de contrôle de l'affaire Fillon par le parquet général, Catherine Champrenault a tenu à rappeler le déroulé de l'affaire avec les articles du Canard Enchaîné au début de l'année 2017, qui en sont à l'origine. "Car ces révélations sont de nature à ternir l'image d'un candidat d'un candidat particulièrement bien placé dans la course à l'Elysée", a-t-elle rappelé.

Éliane Houlette a eu "une pression psychologique"

En ce qui concerne les révélations d'Éliane Houlette qui a assuré avoir subi des "des pressions" pour ouvrir une information judiciaire, Catherine Champrenault pense que "dans l'esprit de Madame Houlette, il y a eu une confusion avec une pression psychologique, ce qui est normal car c'était une enquête lourde de conséquence."

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Elle reconnaît qu'au début de l'affaire en février 2017, "n'importe qui, même un procureur aguerri, aurait ressenti une pression", car "c'était un coup de tonnerre sur le plan des échéances électorales". "Mais il ne faut pas confondre la pression psychologique et des pressions illégitimes", a toutefois estimé la procureure générale de Paris.

"Il ne faudrait pas céder à la facilité d'une réécriture de l'histoire", a lancé Catherine Champrenault. "Le suivi de l'action publique par le procureur général, loin d'être une pression, constitue le mode de fonctionnement normal, institutionnel, légal et même déontologique pour l'ensemble des magistrats du ministère public", a-t-elle expliqué.

"Je sais qu'on voudrait me faire dire qu'on a ouvert une information pour faire démissionner M. Fillon", a-t-elle poursuivi en ajoutant que "sa défense demandait une ouverture d'information judiciaire", dès "le 9 février" et non le 24 février comme ce fut le cas. Donné favori à la présidentielle, le chantre de la droite conservatrice avait été éliminé au premier tour après une campagne minée par cette affaire. 

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