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Opération Barkhane : pour quelles raisons la France se désengage-t-elle du Mali ?

ÉCLAIRAGE - "Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies" pour maintenir une présence militaire au Mali, selon Paris et ses partenaires.

Un hélicoptère Tigre en opération au Mali, ici le 2 février 2013
Un hélicoptère Tigre en opération au Mali, ici le 2 février 2013
Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
Thomas Pierre

L'intervention française au Mali a-t-elle été un échec ? À l'heure où Paris décide de retirer ses troupes du pays après neuf ans de lutte antijihadiste, Emmanuel Macron "récuse complètement" l'idée. "Que se serait-il passé en 2013 si la France n'avait pas fait le choix d'intervenir? Vous auriez à coup sûr un effondrement de l'Etat malien", a-t-il fait valoir. 

"Ensuite nos militaires ont obtenu de nombreux succès", dont l'élimination de l'émir d'Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) en juin 2020. En neuf ans, la France a en effet obtenu d'importantes victoires au cours de l'opération Barkhane, comme la libération du nord Mali, la mort de plusieurs chefs djihadistes importants, ainsi que la formation des Forces armées maliennes passées de 7.000 à 40.000 hommes. 

Alors pourquoi se désengager du Mali aujourd'hui ? En vérité, ce "retrait coordonné" du Mali n'est pas une surprise et couvait depuis plusieurs mois, depuis que le contexte dans le pays a changé. "Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies" reconnait le communiqué diffusé jeudi 17 février. Jadis, la France était vue comme l'ami venu secourir les Maliens, et aujourd'hui la force Barkhane a une mauvaise image dans la population qui l'accuse d'être une force d'occupation. 

Ensuite, les coups bas s'accumulent entre Paris et Bamako, depuis la prise du pouvoir par la junte en 2020. "Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés", a insisté le président français. "C’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui au Mali". Il y a d'abord eu les deux coups d'État successifs puis l'arrivée des mercenaires russes de Wagner sur le terrain. Une instabilité qui profite aux groupes terroristes.

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La Force Wagner justement, ce groupe de mercenaires russes réputé proche de Vladimir Poutine, est arrivé dans le pays pour "essentiellement sécuriser leurs intérêts économiques et la junte" au pouvoir à Bamako, a accusé jeudi le président français, alors que les autorités maliennes continuent de nier leur présence sur leur territoire. 

Emmanuel Macron a pourtant estimé à environ 800 le nombre de mercenaires actuellement déployés dans le pays. "Ils arrivent au Mali avec des finalités prédatrices (...) parce que la junte, qui est au pouvoir après deux coups d'État, considère que ce sont les meilleurs partenaires qu'ils peuvent trouver pour protéger leur propre pouvoir, pas pour lutter contre le terrorisme", a-t-il martelé. 

Invité de RTL ce jeudi 17 février, l'ambassadeur de Russie en France Alexeï Mechkov a de son côté assuré que "l'État russe n'a rien à voir avec les activités de cette société militaire privée". "Après les autorités maliennes ont le droit de choisir les moyens, les structures pour assurer leur sécurité, les structures avec qui elles veulent travailler, coopérer".

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