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Guerre en Ukraine : un drapeau ukrainien flotte dans le ciel (illustration)
Crédit : AFP
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Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump s'efforce de mettre un terme au conflit entre la Russie et l'Ukraine pour cultiver son image de "faiseur de paix", mais la tâche se révèle plus ardue que prévu.
Après des négociations secrètes avec la Russie, les États-Unis ont proposé un plan de paix en 28 points qu'ils ont soumis à l'Ukraine le 20 novembre, avec une date butoir, celle de Thanksgiving. Lors des négociations à Genève, Volodymyr Zelensky a proposé des alternatives au plan américain initial, jugé trop favorable à la Russie par Kiev et ses alliés.
En milieu de semaine, Washington s'est réjoui des "immenses progrès", dans ses discussions avec l'Ukraine, tout en précisant que "des détails sensibles" restaient à régler avec la Russie. L'émissaire américain Steve Witkoff, critiqué pour sa proximité avec les conseillers du Kremlin, doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine la semaine prochaine à Moscou pour trouver une issue.
Le maître du Kremlin a déjà prévenu qu'il cesserait les hostilités, seulement si les forces ukrainiennes se retirent des territoires dont la Russie revendique l'annexion. "Si elles ne partent pas, nous les chasserons par la force militaire", a-t-il précisé. La question de ces territoires est un point de crispation entre les deux pays qui a plus d'une fois mis un terme aux négociations de paix.
Dès les premiers jours de l'invasion russe en Ukraine, des initiatives ont été prises pour mettre fin au conflit. C'est le Bélarus qui a d'abord joué un rôle de médiateur. Proche de Vladimir Poutine, le président Alexandre Loukachenko, s'entretient à l'époque avec Volodymyr Zelensky pour organiser des négociations dans son pays.
Favorable à une rencontre avec son homologue russe, le président ukrainien refuse cependant que les pourparlers aient lieu au Bélarus, base arrière de la Russie. Finalement, l'Ukraine et la Russie envoient leurs délégations à Gomel, mais les discussions ne mènent nulle part. Vladimir Poutine est catégorique, il souhaite la reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée, ainsi que "la démilitarisation et la dénazification de l'État ukrainien et la garantie de son statut neutre", c'est-à-dire son renoncement à adhérer à l'OTAN.
Le 3 mars 2022, la Russie et l'Ukraine organisent une deuxième session de pourparlers et établissent simplement des couloirs humanitaires pour permettre aux Ukrainiens habitant dans les zones touchées par le conflit de fuir la guerre.
Face à l'impuissance du Bélarus pour jouer les intermédiaires, Israël propose son aide pour mettre fin au conflit en raison de sa proximité avec les deux pays. Après s'être concerté avec la France, les États-Unis et l'Allemagne, le Premier ministre israélien de l'époque, Naftali Bennett, rencontre Vladimir Poutine à Moscou pendant trois heures, le 5 mars 2022.
Il s’entretient ensuite au téléphone avec Volodymyr Zelensky avant de se rendre à Berlin pour rencontrer le chancelier Olaf Scholz. Ces discussions n'aboutiront à aucune action concrète.
La tentative de médiation d'Israël est largement freinée en mai 2022 lorsque le ministre russe des Affaires étrangères, tient des propos jugés "scandaleux" par Israël. En réponse à Zelensky, qui soulignait ses origines juives pour réfuter toute accusation de nazisme, Sergueï Lavrov a déclaré : "Je peux me tromper, mais il paraît qu'Hitler avait également des origines juives."
À Istanbul, sous la médiation de la Turquie, les délégations se réunissent du 28 au 30 mars pour discuter d'un "communiqué d'Istanbul", présenté par l'Ukraine. Ce document proposait un cessez-le-feu, la neutralité permanente de l'Ukraine et des garanties de sécurité internationales, tout en suggérant de clarifier le statut de la Crimée sur une période de quinze ans.
L'Ukraine était également disposée à exclure la Crimée et les régions occupées du Donbass des garanties de sécurité. Le communiqué incluait des concessions significatives de la part de Kiev. Bien que le texte n'évoquait pas le retrait des forces russes derrière la ligne de contact du 23 février 2022, il a été approuvé par les parties et aurait pu servir de base à un accord négocié.
Un jour seulement après la réunion d'Istanbul, le Kremlin a fermement refusé d'aborder la question de la Crimée. Lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre italien Mario Draghi, Vladimir Poutine a affirmé que le moment n'était pas propice pour un cessez-le-feu ou une rencontre avec Volodymyr Zelensky. Malgré cela, les discussions sur la proposition ukrainienne se sont poursuivies durant la première moitié du mois d'avril.
Au mois d'avril, la situation évolue sur le champ de bataille : Moscou concentre ses forces sur le Donbass et le sud de l'Ukraine, Kiev parvient à libérer certains de ces territoires, elle reçoit ses premières livraisons d'armes et surtout, elle découvre les violences perpétrées par les forces russes, notamment à Boutcha et Irpin. Des corps de civils sont retrouvés jonchant dans les rues, abattus d'une balle dans la nuque.
Face à ce massacre, la communauté internationale dénonce des "crimes de guerre". En conséquence, l'Assemblée générale des Nations-Unies suspend le 7 avril la Russie de son siège au Conseil des droits de l'homme. Cette dernière assure ne pas être impliquée dans ce massacre, mais des témoignages prouvent le contraire. Face à l'horreur, l'opinion publique ukrainienne refuse de faire des concessions avec Moscou.
Au milieu du mois d'avril, Zelensky émet une condition à la reprise des négociations de cessez-le-feu : Poutine doit en finir avec les tueries des civils et des prisonniers ukrainiens. Une condition qui sera transgressée dès le 16 mai, lorsque les forces russes prennent le contrôle de l'aciérie d'Azov, dernier bastion ukrainien de Marioupol.
Le 17 mai, l'Ukraine et la Russie ont officiellement mis fin aux négociations de cessez-le-feu. Les deux pays continuent de se rejeter mutuellement la responsabilité de l'échec de ces premiers pourparlers de paix.
Une rencontre diplomatique de haut niveau a lieu à Riyad le 18 février entre les États-Unis et la Russie, incarnée par Marco Rubio, le secrétaire d’État américain et Sergueï Lavrov le ministre russe des Affaires étrangères. Une première depuis le début de la guerre. L’objectif affiché était de “poser les bases” d’un retour au dialogue, de rétablir les missions diplomatiques des deux pays, et d’engager un “processus de consultation” visant à négocier un règlement du conflit ukrainien.
Le déplacement à Riyad est alors décrit comme un “premier pas important” par les autorités américaines : selon elles, le rétablissement de relations diplomatiques normales constitue une condition nécessaire à tout processus de paix durable. Cette session qui ne réunissait ni représentants ukrainiens ni européens, a suscité immédiatement des critiques, notamment de la part de Volodymyr Zelensky, qui a déclaré qu’aucun accord sur l’Ukraine ne pouvait être légitime sans la participation de Kiev.
Dix jours plus tard, Zelensky se rend à Washington pour rencontrer Donald Trump pour discuter d'un accord bilatéral américano-ukrainien, principalement autour d'un futur accord sur les ressources minières ukrainiennes, mais rapidement la réunion dégénère.
Durant l'entretien dans le bureau ovale, Donald Trump et J.D. Vance accuse le président de "jouer avec la troisième guerre mondiale" et d'être "irrespectueux". Volodymyr Zelensky quitte la Maison-Blanche en précipitation, la conférence de presse est annulée et Trump annonce la fin du soutien militaire américain à l'Ukraine.
Volodymyr Zelensky et Donald Trump, à la Maison Blanche, le 28 février 2025.
Crédit : Andrew Harnik / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Inquiets pour la sécurité de leur territoire après l'échec de la rencontre entre Trump et Zelensky, les Européens organisent le 2 mars un sommet pour la paix en Ukraine. Dix-huit dirigeants ou représentants de pays européens se réunissent avec Volodymyr Zelensky pour bâtir une large "coalition des volontaires" capable de soutenir l’Ukraine, militairement, politiquement et diplomatiquement.
L’objectif était double : garantir la sécurité et la souveraineté ukrainienne face à la pression russe, et préparer un cadre diplomatique solide à soumettre ensuite aux États-Unis en vue d’un cessez-le-feu et d’un accord de paix global. À l’issue du sommet, les participants ont réaffirmé leur soutien militaire à l’Ukraine, envisagé des garanties de sécurité, et posé les premières bases d’une coalition internationale, connue sous le nom de "coalition des volontaires", prête à intervenir pour maintenir la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie.
Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky le 24 juin à la Haye, Pays-bas.
Crédit : AFP
Le 11 mars 2025, l’Ukraine annonce qu’elle accepte un cessez-le-feu provisoire de 30 jours proposé par les États-Unis comme base pour ouvrir des négociations de paix. Dans le même temps, Donald Trump restaure l'aide militaire et le partage de renseignements en faveur de l’Ukraine, qu’il avait temporairement suspendus. Le but est d’arrêter les attaques sur toute la ligne de front, de créer un “espace de confiance”, et de lancer des pourparlers pour un accord global, potentiellement prolongeable “par consentement mutuel”.
La Russie, tout en se disant "ouverte" à l’idée, exige avant tout que la question de l'occupation ukrainienne dans l'oblast de Koursk soit discutée, tout comme les livraisons d'armes à l'Ukraine. Finalement, le 18 mars, après une discussion téléphonique avec Trump, Vladimir Poutine accepte de mettre un terme pendant 30 jours aux frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Le 19 avril 2025, Vladimir Poutine décrète un nouveau cessez-le-feu à l'occasion des fêtes de Pâques, interdisant toute action militaire pendant 30 heures, mais dès le lendemain, Zelensky lui reproche d'avoir violé cette trêve à plusieurs reprises.
Après trois ans sans dialogue de paix entre l'Ukraine et la Russie. Les deux pays reprennent contact sous la pression de l'administration Trump. Les délégations des deux pays se rencontrent le 16 mai 2025 à Istanbul. Kiev et Moscou s'accordent pour échanger chacun 1.000 prisonniers de guerre. L'Ukraine propose un cessez-le-feu de 30 jours, refusé par la Russie qui demande une fois de plus la démilitarisation du pays et revendique le contrôle d'environ un cinquième du territoire ukrainien.
À partir de la mi-juillet 2025, l’initiative diplomatique repasse fortement entre les mains des États-Unis. Le 14 juillet, Donald Trump fixe un ultimatum à la Russie, menaçant de sanctions économiques massives si un accord de paix n’est pas obtenu dans un délai de cinquante jours, puis réduit cette échéance à une dizaine de jours à la fin du mois.
Ce durcissement de ton s’accompagne d’une tentative d’engager à nouveau le dialogue : le 6 août, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff se rend à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Malgré l’importance symbolique de cette rencontre, aucune percée diplomatique concrète n’en ressort, la Russie maintenant ses exigences et l’Ukraine refusant les concessions territoriales évoquées par certains intermédiaires.
Deux jours plus tard, le 8 août, un sommet bilatéral Trump-Poutine est annoncé pour le 15 août en Alaska, constituant la première rencontre en face-à-face de ce niveau depuis le début de la guerre en février 2022. L’objectif affiché est de rouvrir un canal direct entre les deux puissances pour explorer les contours possibles d’un accord de paix.
L’évocation publique par Trump de scénarios d’échanges territoriaux provoque cependant un rejet immédiat du côté ukrainien, Volodymyr Zelensky affirmant qu’aucune solution durable ne pouvait passer par une cession de territoires. La rencontre d’Anchorage finit par se tenir le 15 août, mais se conclut sans accord ni déclaration commune, confirmant que malgré une succession de signaux diplomatiques, l’été 2025 débouche davantage sur un blocage que sur un compromis.
Donald Trump et Vladimir Poutine posent sur un podium sur le tarmac après leur arrivée à la base militaire Elmendorf-Richardson à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025.
Crédit : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Un plan de paix de 28 points, soutenu par les États-Unis et présenté comme destiné à mettre fin à la guerre en Ukraine, fuite dans les médias américains mercredi 19 novembre. Ce plan, conçu en coulisses par l’émissaire américain Steve Witkoff avec des interlocuteurs russes, reposait en grande partie sur un document antérieur transmis par la Russie à Washington.
Plusieurs de ses clauses reprenaient des exigences longtemps émises par Moscou. Parmi les dispositions les plus controversées : la reconnaissance de facto du contrôle russe sur des territoires disputés (comme la Crimée, Donetsk, Louhansk), le gel de la participation future de l’Ukraine à l’OTAN, un plafonnement de la taille de ses forces armées, ainsi que des concessions territoriales en échange de garanties de sécurité et d’un vaste plan de reconstruction.
Cette fuite d’un texte si sensible, avant même qu’il ait été discuté avec Kiev provoque un choc diplomatique en Ukraine, en Europe, le projet est perçu comme un plan de “capitulation déguisée” pour l’Ukraine.
Steve Witkoff est-il naïf ou roule t-il pour la Russie ?
00:02:22
Face à la levée de boucliers, le plan est très rapidement renégocié. Lors de pourparlers à Genève entre délégués ukrainiens et américains, un "cadre de paix retravaillé" est adopté, réduisant la portée du texte initial. Mardi 25 novembre, le président ukrainien Zelensky a informé ses alliés de sa volonté de progresser avec le plan de paix américain pour mettre fin au conflit avec la Russie. Cependant, il a souligné que le plan comportait encore des "points sensibles" qu'il souhaitait aborder avec le président américain Donald Trump.
Les "points sensibles" comportent sans nul doute la question des territoires qui doit également être au cœur des discussions entre Steve Witkoff et Vladimir Poutine, la semaine prochaine.
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