3 min de lecture Peine de mort

États-Unis : première exécution fédérale d'une femme depuis 1953

Lisa Montgomery a été exécutée ce mercredi 13 janvier par injection létale, dans l'État de l'Indiana. Il s'agit de la première exécution fédérale d'une femme depuis près de 70 ans.

Lisa Montgomery a été exécutée le XX aux États-Unis.
Lisa Montgomery a été exécutée le XX aux États-Unis. Crédit : Wyandotte County Sheriff's Department / AFP
Marie Gingault
Marie Gingault et AFP

C'est une première en près de 70 ans : une femme a été exécutée ce mercredi 13 janvier dans l'État de l'Indiana aux États-Unis. Aucune exécution fédérale n'avait eu lieu sur une femme depuis 1953. 

"Lisa Montgomery, 52 ans, a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute", a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué. Sa mort, causée par une injection létale, a été constatée à 01h31 (06H31 GMT). La Cour suprême avait donné son feu vert à l'exécution plus tôt dans la nuit, rejetant les ultimes recours des avocats de la condamnée, malgré le désaccord de trois magistrats progressistes.

Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de reporter son exécution, le temps d'évaluer son état mental. "Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait alors estimé le juge Patrick Hanlon. Toutefois, la Cour suprême, largement remaniée par Donald Trump, a validé l'exécution, une première en 68 ans.

En effet, en 1953, Bonnie Brown Heady et Ethel Rosenberg étaient les dernières femmes à avoir été exécutées fédéralement. La première pour enlèvement et meurtre et la seconde pour espionnage, rappellent les médias américains.

Des troubles mentaux sévères émanant d'une enfance cauchemardesque

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Concernant Lisa Montgomery, elle avait tué une femme enceinte de huit mois en 2004, afin de lui voler son bébé. Incapable d'avoir un nouvel enfant, l'Américaine alors âgée de 36 ans, avait pris contact avec sa victime sur internet. Bobbie Jo Stinnett était éleveuse de chiens dans le Missouri, alors Montgomery s'est présentée à son domicile sous prétexte de lui acheter un terrier. 

En réalité, une fois sur place Lisa Montgomery avait étranglé sa victime avant de lui ouvrir l'utérus et de lui voler son enfant. La meurtrière sera condamnée à la peine de mort en 2007 dans le Missouri. Ses avocats avaient insisté sur les troubles mentaux sévères dont souffrait Lisa Montgomery. En effet, cette dernière avait été violée en réunion durant toute son enfance ainsi que prostituée par sa mère. 

Une demande de clémence avait par ailleurs été formulée par les soutiens de Lisa Montgomery, en vain. Donald Trump, fervent partisan de la peine capitale avait ignoré cette requête. Dans un communiqué, l'avocate de la condamnée, Kelley Henry, a qualifié cette nouvelle exécution de "vicieuse", évoquant "la soif de sang d'une administration en faillite".

Un maximum d'exécutions avant de quitter le pouvoir

En effet, après 17 ans de pause, les exécutions fédérales ont repris en juillet 2020, et s'enchaînent depuis à un rythme jamais vu aux États-Unis. Depuis l'été, dix Américains ont reçu des injections létales à Terre-Haute. En outre, l'administration Trump prévoit d'exécuter deux hommes noirs cette semaine : Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décrété de reporter leur exécution de plusieurs semaines du fait que les deux hommes sont atteints du coronavirus. D'anciens gardiens pénitentiaire ont pour leur part demandé au ministère de la Justice de sursoir ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné", en raison du nombre important de personnes mobilisées lors d'une exécution. 

Si en raison de l'épidémie, les États américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis maintenant plusieurs mois, l'administration Trump évolue à contre-courant et affiche sa détermination à exécuter un maximum de condamnés avant de quitter le pouvoir. Une décision insensée pour le sénateur démocrate Dick Durbin. 

Joe Biden souhaite interdire la peine capitale au niveau fédéral

"Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a-t-il dénoncé sur NPR. Le sénateur a par ailleurs annoncé l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales. Une loi qui pourrait bien être adoptée lorsque Joe Biden aura pris ses fonctions.

En effet, les démocrates ont repris le contrôle du Sénat, et le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est totalement opposé à la peine de mort. Joe Biden a d'ores et déjà promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.

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