2 min de lecture Peine de mort

Peine de mort : Trump rompt la tradition et poursuit les exécutions

L'administration Trump a rompu avec une tradition, vieille de 131 ans, qui consiste à ce que les présidents sortants non-réélus suspendent les exécutions. Deux nouvelles exécutions sont prévues les 10 et 31 décembre prochains.

Donald Trump, le 4 novembre 2020
Donald Trump, le 4 novembre 2020 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Marie Gingault
Marie Gingault et AFP

Jeudi 19 novembre un condamné a été exécuté dans une prison de l'Indiana aux États-Unis. Avec cet acte, l'administration Trump a rompu avec une tradition observée depuis 131 ans, qui veut que les présidents sortants non réélus sursoient aux exécutions en attendant que leur successeur prête serment. Ainsi, Orlando Hall, un Afro-Américain de 49 ans a été exécuté par injection de pentobarbital. 

Ce dernier avait été condamné à la peine de mort en 1995, pour avoir participé à l'enlèvement, au viol et au meurtre de Lisa Rene, une adolescente de 16 ans. L'homme l'avait battue puis enterrée vivante avec des complices, dans le cadre d'un règlement de comptes.

Son exécution est intervenue après que la Cour suprême ait rejeté un ultime recours. Cette décision a été la première de la nouvelle juge Amy Coney Barnett. Celle-ci s'est prononcée, à l'instar des cinq autres juges conservateurs, de cette instance de neuf magistrats. "Aujourd'hui, Orlando Cordia Hall a été exécuté au pénitencier américain de Terre Haute conformément à la peine capitale recommandée à l'unanimité par un jury fédéral", a indiqué le Département de la justice sur son site internet.

Bien que l'accusé n'a pas nié le rôle qu'il a joué dans la mort de la jeune Lisa Rene, ses avocats Marcia Widder et Robert Owen ont dénoncé des "préjugés racistes" lors de son procès devant un jury entièrement constitué de personnes blanches. D'après eux, le dossier d'Orlando Hall "reflète les disparités raciales troublantes en matière de peine capitale aux Etats-Unis", où 45% des condamnés à mort sont Afro-américains, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population globale.

8 exécutions depuis janvier contre 3 en 45 ans

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La mort d'Orlando Hall représente la huitième exécution fédérale depuis que cette pratique, mise en sommeil pendant 17 ans, a repris cet été. Le nouveau président Joe Biden, qui doit prêter serment le 20 janvier, a déjà fait savoir qu'il était opposé à ce procédé.

Tandis que la majorité des États américains ont renoncé à appliquer la peine capitale depuis le début de la pandémie de coronavirus, le gouvernement Trump a à l'inverse procédé à un nombre d'exécutions inégalé. Depuis le mois de juillet, huit personnes y ont été confrontées, contre trois au cours des 45 dernières années.

Et le département de la Justice ne compte pas s'arrêter là, puisqu'il a prévu deux autres exécutions d'ici le serment de Joe Biden en janvier. Ainsi, le 31 décembre, Lisa Montgomery sera la première femme exécutée par le gouvernement fédéral en 70 ans. L'exécution de Brandon Bernard est quant à elle prévue pour le 10 décembre. 

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