4 min de lecture Élections américaines

États-Unis : Biden pointe la "présence toxique" de Trump à la Maison Blanche

Le candidat démocrate a également accusé son rival républicain d'attiser "les braises" des violences actuelles sur fond de racisme et de bavures de la police.

Les deux candidats à l'élection présidentielle américaine 2020 : Donald Trump pour le Parti républicain face à Joe Biden pour le Parti démocrate.
Les deux candidats à l'élection présidentielle américaine 2020 : Donald Trump pour le Parti républicain face à Joe Biden pour le Parti démocrate. Crédit : SAUL LOEB, Ronda Churchill / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

À deux mois de l'élection présidentielle aux États-Unis, la bataille médiatiques fait rage entre Donald Trump, président républicain candidat à sa propre succession, et Joe Biden opposant démocrate. Ces derniers jours, c'est sur fond de manifestations contre le racisme et les violences policières que les deux hommes s'affrontent par presse interposée. 

Lundi 31 août, Joe Biden a dénoncé les débordements violents en marge des manifestations tout en accusant son rival Donald Trump d'attiser "les braises" de l'agitation, lors d'un déplacement dans le bastion ouvrier de Pittsburgh qui marque la reprise de sa campagne de terrain après plusieurs semaines de mise en parenthése. 

Entre les deux hommes politiques, c'est à qui parviendra à rejeter la responsabilité de l'embrasement sur l'autre à 9 semaines du scrutin du 3 novembre.

Une "présence toxique" à la Maison Blanche

L'opposition entre Trump et Biden est aussi une guerre d'images. Les vidéos du mouvements historique contre le racisme sont spectaculaires, tournent en boucle aux États-Unis, et nourrissent les antagonismes, notamment lorsqu'elles tournent parfois en émeutes. Il en va de même pour les images d'un adolescent armé, partisan du président, accusé d'avoir tué deux personnes la semaine dernière dans le Wisconsin, ou celles d'un convoi de militants pro-Trump défilant samedi dans le bastion progressiste de Portland, où l'un d'eux a été tué par balle.

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Un cocktail explosif dans un pays profondément divisé politiquement, où le droit de porter des armes est inscrit dans la Constitution. Donald Trump "pense peut-être que déblatérer les mots 'loi' et 'ordre' le rend fort, mais son échec à appeler ses propres partisans à arrêter d'agir comme une milice armée dans ce pays montre à quel point il est faible", a déclaré Joe Biden à Pittsburgh, dans l'État-clé de la Pennsylvanie.

L'ancien vice-président de Barack Obama, qui a choisi Kamala Harris pour former le ticket démocrate pour la présidentielle, en a rajouté une couche en pointant un Donald Trump qui "attise les braises". L'actuel président des États-Unis aurait selon une "présence toxique" à la Maison Blanche, et est pointé pour avoir "empoisonné les valeurs" de l'Amérique. "Il ne peut pas arrêter la violence car pendant des années il l'a fomentée", a-t-il asséné.

Une position ferme face aux pillages

Après le brusque arrêt en mars de sa campagne de terrain à cause du coronavirus, Joe Biden passe, avec ce premier voyage en avion, à la vitesse supérieure, en reprenant les visites dans les États pivots ("Swing States") qui font et défont les élections américaines. Il a toutefois choisi de s'aventurer sur le terrain de prédilection de Donald Trump, qui se pose en président de "la loi et l'ordre" et accuse depuis des semaines son adversaire, ainsi que les élus locaux démocrates, de laxisme.

Joe Biden a donc pris soin de condamner, une nouvelle fois, les débordements. "Piller, ce n'est pas manifester. Mettre le feu, ce n'est pas manifester", a-t-il dit. "C'est de l'anarchie, un point c'est tout."

Il a réaffirmé que le président républicain n'était "pas parvenu à protéger l'Amérique", qui fait face à la pandémie de Covid-19 avec plus de 180.000 morts, à la crise économique qui en découle, et à cette profonde vague antiraciste. "Alors maintenant, il tente d'effrayer l'Amérique", a dit Joe Biden, qui devance Donald Trump dans les sondages.

Trump assimile Biden aux "émeutiers violents"

Vétéran de la politique âgé de 77 ans, le candidat modéré a également répondu au président qui le décrit comme une "marionnette" aux mains de l'extrême gauche. "Vous connaissez mon histoire, l'histoire de ma famille. Alors demandez-vous: est-ce que j'ai l'air d'un socialiste radical avec un penchant pour les pilleurs ? Sérieusement !", s'est-il indigné.

Ce qui n'a pas empêché Donald Trump, 74 ans, de réagir en accusant son adversaire démocrate d'avoir "le même programme" que "les émeutiers violents" et "d'utiliser les arguments de la mafia : la meute vous laissera tranquille si vous lui donnez ce qu'elle veut".

En déplacement mardi à Kenosha, Trump devrait encore s'en tenir à son angle d'attaque.
Dans cette ville du Wisconsin où un Afro-Américain, Jacob Blake, a été grièvement blessé le 23 août par des tirs d'un policier, déclenchant la nouvelle vague de protestation. Deux manifestants antiracistes ont été tués par un militant pro-Trump lors d'affrontements, toujours à Kenosha.

Pas de rencontre avec les parents de Jacob Blake

La visite du président ne devrait pas ramener le calme dans les esprits, car il y prévoit de rendre hommage aux forces de l'ordre. "Nous devons redonner à nos policiers leur dignité, du respect", a-t-il plaidé. "Parfois il y a de mauvais policiers", "mais d'autres fois ils prennent seulement de mauvaises décisions", "ils craquent", a-t-il ajouté, en semblant relativiser, sinon excuser, les bavures.

En revanche, Donald Trump a confirmé qu'il ne rencontrerait pas la famille de Jacob Blake, expliquant qu'il avait refusé d'avoir affaire à leurs avocats. "J'ai parlé avec le pasteur de la famille", "un homme magnifique", s'est-il borné à dire.

Et à ceux qui redoutent que sa visite mette de l'huile sur le feu, il a répondu : "Cela peut aussi apporter de l'enthousiasme", "de l'amour et du respect pour notre pays".

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