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Mort de Quentin Deranque : Dominique de Villepin dénonce la "diabolisation" de LFI, la France a son "moment Charlie Kirk"

Après la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste tué à Lyon, l'ex-ministre craint que la "diabolisation" de La France insoumise "légitime une prise de pouvoir identitaire" jusqu'à créer "un corridor de respectabilité pour le RN".

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin

Crédit : Umit Donmez / ANADOLU / Anadolu via AFP

AFP - édité par Juliette Vignaud

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La France traverse "un moment Charlie Kirk", selon Dominique de Villepin qui refuse "la symétrie des violences entre gauche et droite" et dénonce une "diabolisation" de LFI qui "prépare la prise de pouvoir par l'extrême droite". 

"C'est pour la France le 'moment Charlie Kirk' (...) C'est un moment qui vise à la délégitimation d'une partie du spectre politique et à la victimisation de l'extrême droite triomphante", écrit Dominique de Villepin dans un long post sur X, publié jeudi 19 février, en assurant ne pas parler au nom d'un camp mais "d'une certaine idée de la République". 

Suite à l'assassinat du militant d'extrême droite Charlie Kirk par un homme se revendiquant de l'antifascisme, Donald Trump et ses partisans avaient tenté d'en rendre responsable l'opposition démocrate pour la disqualifier. "L'enjeu, c'est celui d'une prise de pouvoir sur les esprits (...). Nous approchons d'un point de non-retour. Quelque chose commence à nous échapper", alerte l'ancien Premier ministre, probable candidat à la présidentielle. 

Certes, Dominique de Villepin appelle LFI "à récuser toute complaisance pour la violence", critique la "radicalité" de sa "rhétorique" qui "finit par devenir une mécanique qui échappe à ceux qui prétendent la conduire" et "fait le jeu du RN". 

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Mais, selon lui, "la faute politique majeure" du centre-gauche comme de la droite est "de renvoyer dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger" alors que "les groupuscules violents d'extrême droite sont beaucoup plus nombreux" et que le RN est donné large favori pour 2027.  

"Légitimer une prise de pouvoir identitaire"

Il rejette "la fausse idée" de "la symétrie des violences", n'hésitant pas à faire moult comparaisons historiques. "Les communistes des années 30 n'étaient pas des enfants de chœur, mais les renvoyer dos à dos avec les nervis fascistes, avec près d'un siècle de recul, nous semblerait fautif", souligne-t-il. 

"La diabolisation de LFI, par des amalgames qu'elle a rendus elle-même possibles (...), n'a qu'un sens : légitimer une prise de pouvoir identitaire et justifier les ralliements de plus en plus nombreux", écrit-il. 

"À force de concentrer les coups sur LFI, par tactique, par confort, par calcul, on crée un corridor de respectabilité pour le RN (...), le privilège d'être la réponse au désordre qu'il prospère à entretenir", insiste-t-il. Or, selon lui la normalisation de l'extrême droite est une autre "fausse idée".  

"Les choses n'ont pas tant changé. Au lendemain d'une manifestation d'hommage à Quentin Deranque à Paris, les manifestants ont laissé sur les murs une traînée de croix gammées(...). Ne nous laissons pas égarer par des façades repeintes", juge-t-il. 

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