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Patrick Pouyanné (TotalEnergies) dévoile son salaire : tout savoir sur la rémunération des grands patrons

En pleine crise du pouvoir d'achat et au lendemain d'une journée de grève nationale pour une revalorisation des salaires, la question de la rémunération des grands dirigeants se pose.

Patrick Pouyanné, PDG de Total, le 5 octobre 2017
Patrick Pouyanné, PDG de Total, le 5 octobre 2017
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
Salaires des grands patrons : tout savoir sur leur mode de rémunération
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Martial You - édité par Jeanne Le Borgne

Via un tweet, le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a dévoilé son salaire. "Fatigué", dit-il, d'être accusé de s'être augmenté de 50 %, alors qu'il s'agit d'un "rattrapage" après l'année 2020 marquée par le Covid et lors de laquelle il avait volontairement amputé sa rémunération. Le Patron de TotalEnergies émarge en moyenne à six millions d'euros par an depuis 2017, sauf, donc, en 2020 où il descend juste en dessous des quatre millions d'euros. Mais alors comment est décidé le salaire des grands patrons ?

Le salaire des présidents directeurs généraux (PDG) est décidé par un comité de rémunération, qui est une émanation du conseil d'administration. Celui-ci décide, sur proposition du PDG, mais en son absence, du salaire de ce dernier. Le montant du salaire est ensuite validé lors d'une assemblée générale par un vote des actionnaires. Ce qui est intéressant à noter, c'est que depuis quelques années, ce qui était une formalité jusqu'ici est devenue une source de crispation et les actionnaires ont régulièrement refusé les hausses de salaire des PDG. C'est arrivé au patron de Stellantis, Carlos Tavares, mais aussi à celui de Thalès. Et pour l'instant, en France, le conseil d'administration et le conseil de rémunération ne peut pas passer outre ce vote, en raison de la règle du "say on pay". 

En moyenne, un patron du CAC 40 gagne 7 à 8 millions par an. Ce qui fait que Patrick Pouyanné est plutôt dans la fourchette basse. Mais la difficulté quand on parle de ces rémunérations, c'est qu'il y a une part variable, liée notamment aux actions et bonus, qui est énorme. Cela peut représenter beaucoup plus de 50 % de leur rémunération. Par exemple, la rémunération fixe de Patrick Pouyanné se situe entre 1,5 million et 2 millions. Et le reste, c'est du "bonus". Carlos Tavares a, lui, environ 2 millions d'euros de salaire fixe et jusqu'à 60 millions de bonus par an ! 

Un delta de 60 entre le salarié de base et le PDG de TotalEnergies

Mais alors, peut-on envisager de baisser ce salaire fixe ? Rien n'est moins sûr, car, comme dans le football, il y a un marché du transfert et une valorisation liée aux dirigeants, qui rassurent les marchés financiers. Un peu comme les joueurs de foot donc, les mieux payés sont censés être les meilleurs, ceux qui sont capables d'incarner une stratégie, qui ont fait leur preuve par le passé. Par exemple, lorsque le patron d'Air-France KLM, Jean-Marc Janaillac a démissionné, il gagnait 450.000 euros par an, en raison d'un plafond de rémunération fixé par François Hollande dans les entreprises où l'État est actionnaire. Quand Air-France KLM a voulu recruter son remplaçant, ils ont dû doubler son salaire (800.000 euros) pour avoir une personne de stature internationale, Benjamin Smith

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Mais le cœur du problème, ce qui est choquant aujourd'hui, ce n'est pas tant la rémunération des grands patrons, mais l'évolution des salaires et du delta entre le salaire moyen et celui du PDG. Ce delta a explosé ces dernières années. Patrick Pouyanné est payé soixante fois plus que le salarié de base de chez TotalEnergies

Autre élément choquant : certaines demandes de hausse de rémunération sont refusées par les directions alors même que, lorsque l'on regarde l'évolution des salaires des patrons du CAC 40, celle-ci était en hausse de 7 % l'année dernière et de 20 % sur deux ans. C'est là que leur rémunération devient choquante. Les Français ne comprennent pas pourquoi on refuse 10 % aux salariés lambdas, alors que le grand patron s'autorise des hausses beaucoup plus importantes. 

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