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Les employeurs pourront imposer 8 jours de congé : "Une demande pas scandaleuse", pour Lenglet

ÉDITO - L'objectif de cette mesure est de "dégonfler" le stock de jours de congés payés accumulés par les millions de salariés qui sont ou sont passés au chômage partiel.

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Les employeurs pourront imposer 8 jours de congés : "Une demande pas scandaleuse", pour Lenglet Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Florise Vaubien

L’employeur va désormais pouvoir imposer la prise de huit jours de congés à ceux qui sont au chômage partiel. L'objectif est bien sûr de "dégonfler" le stock de jours de congés payés accumulés par les millions de salariés qui sont ou sont passés au chômage partiel. 

Pour rappel, le chômage partiel, c’est de l’inactivité subie pour raison de Covid. Celle-ci est indemnisée par l’état à hauteur de 84% du salaire net, 100% pour les rémunérations les plus faibles. Certains secteurs, l’hôtellerie et la restauration par exemple, sont fermés depuis des mois, à cause des confinements. Ils redoutent donc que la reprise d’activité, probablement cet été, ne soit freinée par la disparition massive de leurs salariés, à cause des prises de congés. 

Conséquence : les professionnels ont demandé au gouvernement de pouvoir imposer huit jours, d’ici au 31 octobre prochain, au moment qui contrarie le moins les nécessités de l’activité. Une demande qui n’est pas scandaleuse, compte tenu du fait que les salariés ont été au repos, forcé certes, pendant plusieurs mois.

Un accord avec l'entreprise nécessaire

Comment ça va marcher ? C’est une dérogation au code du travail, qui ne permet pas cela d’habitude. Habituellement, l’employeur ne peut que refuser les dates proposées par le salarié, mais pas les imposer. Avec la dérogation, il faudra toutefois obtenir un accord d’entreprise ou de branche, c’est-à-dire mener des négociations avec les représentants du personnel. 

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Ce qui hypothèque d’ailleurs assez largement la mesure, puisque ces négociations demandent du temps, et qu’elles sont paradoxalement plus complexes à mettre en œuvre dans les petites entreprises, qui fonctionnent souvent sans les institutions du dialogue social. Cette mesure va donc surtout profiter aux grandes entreprises, qui, elles, ont l’habitude de négocier.

Un amoncellement de congés était redouté par les entreprises de certains secteurs car les salariés au chômage partiel accumulent exactement les mêmes droits que s’ils travaillaient. Cela représente, selon les organismes professionnels de la restauration, 3% de la masse salariale, qui s’ajoutent évidemment au coût de la crise sanitaire, même s’il a été en partie amorti par les aides de l’état. 

Des absences d’autant plus problématiques à gérer que, là encore, selon les professionnels de la restauration, quelque 100.000 salariés et saisonniers, auraient quitté le secteur pendant le confinement, se reconvertissant ailleurs, faute d’activité.

Une demande forte mais une offre fragilisée

Malgré tout, il n’y aura probablement pas de problème du côté de la demande dans l’hôtel-restauration en raison de l’appétit des clients, leur puissant désir de sortir à nouveau et de voyager, et leur pouvoir d’achat soutenu par une épargne importante. 

En revanche, du côté de l’offre, on pourrait avoir des goulots d’étranglement. Entre le manque de bras et les limitations de l’espace disponible à cause des restrictions sanitaires qui vont se maintenir partiellement, il est possible que le secteur ne parvienne pas à satisfaire la demande

L’épidémie a causé de nombreuses pénuries de biens industriels, pour avoir désorganisé la production et les chaines d’approvisionnement, et pourrait empêcher les services – la restauration bien sûr, mais aussi le tourisme et la culture - de redémarrer à bon rythme

Un véritable paradoxe. Après avoir regretté de ne plus avoir de clients, les restaurants pourraient souffrir d’en avoir trop ! il est possible de voir de longues files d’attente, non seulement devant les magasins comme aujourd’hui, mais aussi devant les restaurants. 

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