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Les contrôles des investissements étrangers se multiplient : François Lenglet explique pourquoi Bercy "ne plaisante plus"

Le ministère de l'Économie a multiplié ces derniers jours les mesures de contrôle des investissements étrangers pour les entreprises françaises. Selon l'économiste, les conflits en cours rendent nécessaire la préservation de notre souveraineté.

Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy à Paris le 6 septembre 2025.

Crédit : Mathilde Kaczkowski / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Roland Lescure ou la défense de la souveraineté nationale

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Roland Lescure ou la défense de la souveraineté nationale

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Nous avons observé une véritable rafale de mesures coercitives ces derniers jours. Le ministère de l'Économie a bloqué la vente à des intérêts suédois d’infrastructures appartenant à Eutelsat. Bercy a également imposé une prise de participation de l’État au capital du fabricant de médicaments Biogaran, via la Banque publique d'investissement (BPI). Le capital a ensuite été cédé à un fonds britannique. 

Et si le ministère a accepté la cession de LMB Aerospace, un sous-traitant de l’aéronautique de défense, il a quand même pris une participation symbolique au capital, histoire de conserver un droit de regard.

Depuis la publication du décret Montebourg en 2014, les contrôles des investissements étrangers se multiplient. Ce décret avait créé la procédure, dont le champ a été ensuite élargi, à juste titre, par Bruno Le Maire. Plus de 400 dossiers ont été soumis à Bercy l’année dernière, contre seulement 100 à 150 par an auparavant.

Face aux conflits actuels, préserver la souveraineté

Si Bercy devient de plus en plus sévère, c'est parce que le monde a changé. Il y a 10 ou 15 ans, nous étions face à une mondialisation pas forcément paisible, mais sans conflits graves. 

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On imaginait que la propriété d’une entreprise n’avait guère d’importance. Pas plus que sa localisation, car il était toujours possible de se fournir en quoi que ce soit sans difficulté. Tout cela avec un coût relativement faible, puisque les transports internationaux sillonnaient la planète.

Désormais, ce n’est plus du tout le cas. Si les matériels ne sont plus fabriqués sur notre sol ou celui d’un pays ami, nous ne sommes plus sûrs d’être livrés. Il faut donc veiller à préserver notre souveraineté, notamment en matière de défense et de pharmacie. 

La course aux masques durant le Covid était une première alerte

La première rupture a eu lieu durant le Covid, quand les différents pays se sont battus pour se faire livrer masques, respirateurs et oxygène. Ils ont alors réalisé à quel point la nationalité d’un fournisseur ou d’une usine était importante. 

La guerre en Ukraine a cloisonné davantage le monde. Ajoutez à cela l’hostilité croissante de la Chine et celle des États-Unis aujourd'hui, qui se retournent contre leurs alliés. Protéger nos intérêts devient indispensable. 

Ce dispositif de contrôle permet-il de préverser les intérêts nationaux, et donc de bloquer la vente ? Dans un premier temps, oui. C’est une très bonne chose. D’autres pays ont cela depuis longtemps. Par exemple, les États-Unis ont pu bloquer la Chine à plusieurs reprises grâce au Comité pour l'investissement étranger aux USA (CFIUS). 

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Le problème, c’est la seconde étape. Il faudrait, en bonne logique, du capital français privé pour prendre le relai de l’État, dont ce n'est pas la vocation. Sur cela, la France est déficiente. Le capital français préfère le livret A. 

C’est aussi pour cela qu’il nous faut des fonds de pension français qui nous permettent de faire d’une pierre deux coups : améliorer nos retraites et stabiliser le capital des entreprises tricolores.

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