3 min de lecture Vincent Lambert

Vincent Lambert est décédé ce jeudi, annonce sa famille

Le patient tétraplégique, devenu symbole du débat sur la fin de vie, est décédé ce jeudi 11 juillet au CHU de Reims. Il était dans un état végétatif depuis son accident de moto en 2008.

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Vincent Lambert est décédé ce jeudi, annonce sa famille Crédit Image : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Thomas Pierre
Thomas Pierre et Cassandre Jeannin

L'attente insoutenable pour la famille est désormais terminée. Vincent Lambert est décédé ce jeudi matin au CHU de Reims. La mort du patient tétraplégique de 42 ans, en état végétatif depuis presque 11 ans, fait suite à la décision des médecins d'arrêter le traitement qu'ils lui prodiguaient depuis 2008, date à laquelle il a eu son accident de moto. Il était depuis dans un état végétatif, hydraté et nourri artificiellement par des sondes. 

"Vincent est décédé à 8H24 ce matin" au CHU de Reims, a précisé son neveu François, en exprimant "son soulagement après des années de souffrance pour tout le monde". "Nous étions préparés à le laisser partir", a ajouté François Lambert, qui a obtenu l'information du médecin traitant.

Depuis le 2 juillet, Vincent Lambert ne bénéficiait plus d'aucun soin. Le docteur Vincent Sanchez, chef de service de soins palliatifs du CHU de Reims, avait engagé un nouvel arrêt des traitements, effectif depuis le mercredi 3 au soir. 

Une "sédation profonde et continue"

Outre l'arrêt de l'hydratation et de l'alimentation par sonde, le protocole médical prévoyait notamment une "sédation profonde et continue". Ses organes ont dès lors progressivement cessé de fonctionner, ne provoquant aucune souffrance chez le patient. 

Tout au long de ce processus, il est resté sous surveillance, accompagné jusqu'à la dernière minute par l'équipe médicale. La décision de stopper les soins, entraînant la mort de Vincent Lambert, a été encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas "d'obstination déraisonnable". 

"Je crois que ce moment appartient à la famille. (...) Oublions toutes les polémiques qui ont déchiré cette famille depuis de nombreux mois et de nombreuses années", a réagi Alain Claey, le co-auteur du texte sur RTL.

Une déchirure familiale

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Sa mort met un terme à un long feuilleton judiciaire et médiatique qui a vu la famille de Vincent Lambert se déchirer. D'un côté, ses parents, Viviane et Pierre, fervents catholiques s'opposaient fermement à un arrêt des traitements, soutenus par leurs avocats et plusieurs associations, dont le comité "Je soutiens Vincent". 


De l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et sœurs qui dénonçaient un "acharnement thérapeutique". Selon eux, Vincent leur avait confié oralement préférer mourir que de vivre "comme un légume", bien qu'il n'ait jamais rédigé de directive anticipée.
L'épouse de Vincent Lambert est aujourd'hui, selon son avocate, "abattue" par des "années de procédure", "d'acharnement thérapeutique" et de "lutte" pour faire entendre "les volontés de son époux". 
Ce décès a immédiatement relancé les débats autour de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. "C'est un immense gâchis", a ainsi réagi auprès de l'AFP Me Claire Le Bret-Desaché, avocate des parents au Conseil d'Etat. Selon elle, cette affaire "a montré les limites de la loi Claeys-Leonetti", dont l'application pourrait à terme "accorder aux médecins un droit de vie ou de mort sur des personnes lourdement handicapées". 
Au contraire, selon l'avocat de François Lambert, Me Gérard Chemla, "il faut tirer des conséquences au plan juridique" et "être plus courageux dans la façon dont on aborde la fin de vie". L'ancien député Alain Claeys a lui rappelé l'importance d'écrire "des directives anticipées" pour éviter "ce triste parcours".

C'est la mort dans l'âme que nous vous annonçons le rappel à Dieu de notre cher Vincent

David Philippon, demi-frère de Vincent Lambert
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Une veillée de prière était organisée mercredi soir devant l'église Saint-Sulpice à Paris. Plus de 300 catholiques, opposés à l'arrêt des traitements, étaient réunis. "C'est la mort dans l'âme que nous vous annonçons le rappel à Dieu de notre cher Vincent", a déclaré à l'AFP David Philippon, demi-frère de Vincent Lambert et opposé, comme ses parents, à l'arrêt des traitements.
"Le rationnel a repris le dessus", a commenté son neveu lors d'un point presse place de la République, quelques minutes après l'annonce du décès de son oncle. "J'espère qu'il repose en paix", a-t-il ajouté, espérant "la fin de l'affaire Vincent Lambert".
Les parents de Vincent Lambert, qui avaient déjà porté plainte pour tentative de meurtre, ont dénoncé "un crime d'État". Le Vatican, lui, a dit sa "douleur" à l'annonce de la mort, qualifiée de "défaite pour notre humanité" par l'Académie pontificale pour la défense de la vie.

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