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Roman Polanski : 3 questions pour comprendre la polémique autour du réalisateur

ÉCLAIRAGE - Roman Polanski, réalisateur de "J'accuse" en salles mercredi 13 novembre, est accusé de viols et agressions sexuelles.

Roman Polanski à Paris, en 2019
Roman Polanski à Paris, en 2019 Crédit : Jan Graczynski/SipaPress
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

"Polanski violeur, cinémas coupables." C'est en scandant ce slogan, que quelques dizaines de militantes féministes ont empêché mardi 12 novembre l'avant-première du film J'accuse réalisé par Roman Polanski. Ce dernier, déjà condamné pour des faits de viols sur mineure par la justice américaine, fait l'objet depuis quelques jours d'une nouvelle accusation pour des faits similaires : celle de Valentine Monnier, une photographe française.

Malgré ces nouvelles allégations, Roman Polanski continue de nier les faits qui lui sont reprochés et poursuit son travail de cinéaste. Oeuvre récompensée à la Mostra de Venise, J'accuse retrace ainsi l'histoire de l'affaire Dreyfus. Jean Dujardin y incarne le colonel Picquart, officier qui découvre la manière dont Alfred Dreyfus a été faussement incriminé pour trahison, à la fin du XIXème siècle sur fond d'antisémitisme. À la suite de la publication du témoignage de Valentine Monnier, l'acteur a annulé plusieurs apparitions médiatiques

La promotion du film, elle, a continué, non sans consignes strictes : Mediapart révèle ainsi que les attachés de presse du long-métrage ont interdit à certains journalistes de poser toute question portant de près ou de loin sur les accusations de Valentine Monnier.

Qui est Valentine Monnier ?

Valentine Monnier est une photographe française. Dans un témoignage confié au Parisien et publié vendredi 8 novembre, elle livre un récit glaçant dans lequel elle accuse Roman Polanski de l'avoir frappée et violée en 1975 à Gstaad en Suisse. "Je venais d'avoir 18 ans", écrit-elle.

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Les faits sont aujourd'hui prescrits, mais c'est la sortie du film J'accuse et l'allusion aux démêlés du réalisateur avec la justice, qui l'ont décidée à parler. "Est-ce tenable, sous prétexte d'un film, sous couvert de l'Histoire, d'entendre dire 'J'accuse' par celui qui vous a marquée au fer, alors qu'il vous est interdit, à vous, victime, de l'accuser ?", interroge-t-elle dans les pages du quotidien.

Depuis la publication de son témoignage, Valentine Monnier a informé qu'elle ne s'exprimerait plus publiquement. Elle a également remercié toutes celles et ceux qui lui ont apporté son soutien, dont l'actrice Adèle Haenel qui, quelques jours auparavant s'était elle aussi confiée sur les attouchements dont elle accuse le réalisateur français Christophe Ruggia.

Combien de femmes accusent Roman Polanski ?

Depuis la condamnation du réalisateur en 1977 pour le viol d'une mineure de 13 ans, Samantha Geimer, les témoignages à son encontre se multiplient. Valentine Monnier est la douzième femme à accuser Roman Polanski de viols ou d'agressions sexuelles. 

Parmi les femmes ayant témoigné, six restent anonymes dont une se surnomme "Robin M.". D'autres, comme Samantha Geimer, ont accusé Roman Polanski publiquement : les actrices Renate LangerCharlotte Lewis et Mallory Millet, ainsi que l'artiste Marianne Barnard. Ces derniers témoignages, la plupart recueillis en plein mouvement #MeToo, ont valu à Roman Polanski d'être exclu de l'académie des Oscars en 2017.

Ces témoignages ont un triste point commun : chacune des femmes qui accusent le réalisateur, excepté Mallory Millet, affirment avoir été mineures au moment des faits (leur âge allant de 9 à16 ans). Par ailleurs, Valentine Monnier n'est pas la seule femme à décrire des faits qui se sont déroulés à Gstaad : c'est aussi le lieu où trois ans plus tôt, Renate Langer affirme que le cinéaste l'a violée alors qu'elle avait 15 ans.

Pourquoi certains défendent-ils le cinéaste ?

Malgré l'addition de tous ces témoignages mettant en cause Roman Polanski, le réalisateur polonais continue de faire l'unanimité de la critique cinématographique. Récompensé de trois oscars et d'une Palme d'Or pour son film Le Pianiste en 2002 et de multiples autres trophées, il a également été pensé un temps pour présider la cérémonie des Césars en 2017 avant d'abandonner face aux contestations.

Sur BFM-TV, mercredi 13 novembre, Nadine Trintignant disait ainsi de lui qu'il était un "immense metteur en scène", reprenant ainsi le tropisme répandu selon lequel "il faut séparer l'homme de l'artiste". La veille, à l'avant-première de J'accuse, Mickaël Youn disait lui "Je ne suis pas juge", rappelant la présomption d'innocence et le délai de prescription qui empêchent Roman Polanski d'être considéré comme coupable.

À ce sujet, Valentine Monnier répond dans Le Parisien : "Les personnes publiques font figure d'exemples. En sacralisant des coupables, on empêche d'autres de mesurer la gravité de leurs actes."

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Cinéma Roman polanski Agression sexuelle
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