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César 2017 : pourquoi Roman Polanski renonce-t-il à présider la cérémonie ?

Le cinéaste franco-polonais a renoncé à présider la 42e cérémonie des César. Sa désignation avait suscité colère et incompréhension, ainsi qu'un appel au boycott.

Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski reçoit le César du Meilleur réalisateur pour "La Vénus et la fourrure" en 2014
Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski reçoit le César du Meilleur réalisateur pour "La Vénus et la fourrure" en 2014
Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
Sylvain Zimmermann & Cécile De Sèze

Sa désignation à la présidence de la 42e cérémonie des César avait suscité une énorme polémique. Le réalisateur Roman Polanski a finalement renoncé à présider le grand rendez-vous du cinéma français qui doit se tenir le 24 février, à la Salle Pleyel, à Paris. Sa décision "de ne pas donner suite" à l'invitation de l'académie des César a été rapportée mardi 24 janvier par son avocat.

Le cinéaste franco-polonais considère néanmoins que la polémique le visant est "injustifiée". La controverse a "profondément attristé Roman Polanski", précise le communiqué. Ce que confirme Thierry Frémaux invité ce matin dans Laissez-vous tenter sur RTL :"Il est très meurtri". Le délégué général du Festival de Cannes poursuit : "Je l'ai eu au téléphone hier soir et je pense qu'il ne fallait pas ajouter de problème au problème". Le départ de Roman Polanski intervient la veille de l'annonce des nominations pour les César 2017. Comment expliquer ce volte-face ? Explications.

60.000 signatures contre sa désignation

Mercredi 18 janvier, l'académie annonce que Roman Polanski a donc été choisi pour présider cette 42e édition de la grand-messe du cinéma français. Presque immédiatement, les réseaux sociaux se sont enflammés. Pas seulement les féministes comme Raphaëlle Rémy-Leleu d'Osez le Féminisme, mais aussi des internautes choqués que l'on puisse faire cet honneur à un homme accusé de viol. Une pétition a été mise en ligne le jour-même. Elle a récolté, une semaine plus tard, plus de 60.000 signatures. Un hashtag #BoycottCesar appelant à boycotter la cérémonie a également été lancé. Les associations féministes avaient aussi préparé un rassemblement protestataire devant la salle Pleyel le jour J. 

Si les contestataires n'ont jamais remis en doute le talent de cinéaste de Roman Polanski, c'est son passé avec la justice américaine qui dérange. Cela fait 40 ans que Roman Polanski est poursuivi pour viol aux États-Unis. Plus exactement, il y a 40 ans, 6 chefs d'accusation pesaient contre lui ("fourniture de substance réglementée à une mineure, actes obscènes sur un enfant de moins de 14 ans, relations sexuelles illégales, viol par usage de drogue, perversion et sodomie"), il a plaidé coupable pour le moins lourd, "relation sexuelle illicite" avec une mineur, et s'est enfui avant le verdict lors de sa remise en liberté sous caution. Depuis, il est exilé en Europe et ne s'est jamais présenté à la justice américaine et n'a donc jamais été puni pour ses actes. 

Les hommes de pouvoir ont-ils l'immunité de l'opinion ?

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Sa nomination aux César a donc choqué un certain nombre de personnes pour qui, par ce choix, l'académie met à l'honneur un criminel. Mais plus encore, c'est la sensation d'immunité des hommes de pouvoir, artistes ou politiques, qui transparaît dans cette décision. "S'il avait été en fuite pour braquage à main armée, il n'aurait pas été choisi", critiquait la porte-parole d'Osez le Féminisme. Et il n'est pas le seul à jouir d'une aura qui le protège des critiques, au moins dans le milieu du cinéma. 

Woody Allen ne semble pas être inquiété de la situation alors qu'il est lui aussi mouillé dans de sombres histoires sexuelles avec sa fille adoptive. Lors du festival de Cannes, l'an dernier, Laurent Lafitte n'avait pas eu peur de faire référence aux passés douteux des deux cinéastes en s'adressant à Woody Allen avec cette phrase : "Ces dernières années vous avez beaucoup tourné en Europe alors que vous n'êtes même pas poursuivi pour viol aux États-Unis". Une petite phrase qui a fait beaucoup de bruit, mais qui met surtout en lumière la clémence dont semblent bénéficier les artistes masculins. Eux, mais aussi Eminem, Chris Rock, Jean-Luc Lahaye, Bertrand Cantat, Serge Gainsbourg, John Lennon, Charlie Sheen, Charlie Chaplin... Et même en politique. Pour Osez le Féminisme, "c'est tous les milieux qui sont touchés". Et la porte-parole de rappeler que Denis Baupin "est toujours député", tout comme Jean-Michel Baylet "reste ministre"

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