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Opération Résilience : comment l'armée va lutter contre le coronavirus

ECLAIRAGE - À la demande du gouvernement, les militaires viendront en aide aux populations sur les plans sanitaire et logistique, notamment dans les territoires d'Outre-mer.

Un soldat français devant l'hôpital militaire de Mulhouse, le 22 mars 2020.
Un soldat français devant l'hôpital militaire de Mulhouse, le 22 mars 2020. Crédit : Sébastien BOZON / AFP
Charles Deluermoz et AFP

La mobilisation s'intensifie en France. Dans la "guerre" contre le coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé mercredi à Mulhouse le lancement de l'opération Résilience. Elle mobilisera les forces armées pour aider la population face à la pandémie qui a fait plus de 1.300 morts dans le pays, un bilan multiplié par cinq en une semaine.

Distincte du dispositif Sentinelle qui rassemble quotidiennement jusqu'à 7.000 militaires contre le risque terroriste, cette nouvelle opération "sera entièrement consacrée à l'aide et au soutien aux populations, ainsi qu'à l'appui aux services publics pour faire face à l'épidémie, en métropole et en Outre-mer", a affirmé le chef de l'État.

Sur RTL, la ministre des Armées Florence Parly a indiqué ce jeudi 26 mars que les militaires étaient d'ores et déjà engagés sur le terrain, avec des missions "logistiques", "sanitaires" et "de protection". "La résilience, c'est la capacité à surmonter les chocs et les dépasser", a-t-elle expliqué en référence au nom de l'opération.

"Le maintien de l'ordre ne fait pas partie des missions"

Elle a également tenu a rappeler que "les armées n'ont pas vocation à dresser des contraventions en cas de non-respect du confinement (...) Le maintien de l'ordre ne fait pas partie des missions des militaires. Le maintien de l'ordre, c'est le cœur de métier des policiers et des gendarmes, donc il n'est pas question de changer ces règles".

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"En fonction des sollicitations des préfets, les armées répondront en fonction des moyens disponibles", a de son côté expliqué à l'AFP le porte-parole de l'état-major, le colonel Frédéric Barbry, en refusant de s'exprimer sur le nombre de militaires potentiellement mobilisés. "On raisonne en effet à obtenir, pas en effectifs", a-t-il souligné, en insistant sur l'aspect "local" de l'opération, "au plus proche des besoins". Concrètement, sur le plan logistique, l'armée pourrait par exemple être sollicitée pour transporter des masques vers une région française donnée.

La "protection", elle, pourrait par exemple concerner des sites d'"opérateurs d'intérêt vital", ou OIV, comme les centrales nucléaires. Ce renfort des militaires permettra, comme pendant l'Euro 2016, de "relever les forces de sécurité intérieures" pour qu'elles puissent consacrer plus de moyens au maintien de l'ordre, une mission dont elles détiennent l'exclusivité et que les armées ne peuvent en aucun cas assurer.

Aide aux territoires d'Outre-mer

L'opération Résilience viendra également en aide aux territoires les plus éloignés. Insularité, éloignement, isolement, faible capacité d'accueil des malades.... Les Outre-mer, bien que moins touchés pour l'instant par le coronavirus (quelque 365 cas recensés mercredi sur l'ensemble des territoires et deux décès, en Martinique et en Guadeloupe), s'inquiètent d'une possible catastrophe sanitaire sur leur sol. Plusieurs professionnels de santé et des parlementaires ont alerté ces derniers jours sur le fait que les patients de ces territoires ne pourraient être transférés dans d'autres départements en cas de saturation de leurs services de réanimation.

Aussi, pour venir en aide aux populations, deux porte-hélicoptères amphibie (PHA), le Mistral et le Dixmude, seront déployés respectivement dans le sud de l'océan Indien, vers l'île de la Réunion, et dans la zone Antilles/Guyane. Comme le porte-hélicoptères Tonnerre, envoyé à la rescousse en Corse le week-end dernier pour évacuer 12 malades atteints du Covid-19 vers des hôpitaux marseillais, le Mistral et le Dixmude disposent à bord de véritables "hôpitaux embarqués", chacun avec deux blocs opératoires et 69 lits médicalisés.

Sur le volet sanitaire, les armées sont d'ores et déjà actives. Depuis le début de la crise, les militaires français et leur service de santé (SSA) ont effectué trois rotations aériennes pour évacuer des patients du Grand Est vers des régions moins saturées de malades, ont monté un hôpital sous tentes à Mulhouse disposant de 30 lits de réanimation, et ont transféré par voie maritime une douzaine de cas graves de la Corse vers le continent. L'opération Résilience reste bien distincte de Sentinelle. Cette opération antiterroriste sur le territoire national "perdure parce que la menace demeure" mais "ses règles d'engagement ne changent pas", souligne l'état-major.

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