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Marché de l'énergie : les raisons de la crise mondiale du gaz et de l'électricité

ÉDITO - C’est le délire complet sur les marchés de l’énergie, celui du gaz en particulier. À l’ouverture des marchés , le cours du gaz a pris presque 40% en quelques instants, pour arriver à un niveau 8 fois supérieur à celui du début 2021.

Le prix du gaz va de nouveau augmenter au mois d'octobre (illustration)
Le prix du gaz va de nouveau augmenter au mois d'octobre (illustration)
Crédit : Eric PIERMONT / AFP
La folie des marchés de l'énergie
04:03
La folie des marchés de l'énergie
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François Lenglet

C’est le délire complet sur les marchés de l’énergie, celui du gaz en particulier. À l’ouverture des marchés le 6 octobre, le cours du gaz a pris presque 40% en quelques instants, pour arriver à un niveau 8 fois supérieur à celui du début 2021, 700% d’augmentation. 

La folie est telle que les navires chargés de gaz naturel liquéfié voient leur cargaison parfois changer plusieurs fois de propriétaires lors d’un même trajet, à cause des enchères permanentes sur les prix. Le cours de la tonne de charbon dépasse les 300 dollars, un niveau qui enfonce le précédent record de 2008. Car, tous les marchés sont interconnectés.

Les clients, industriels ou d’électricité, se reportent en effet du gaz au charbon ou au pétrole en fonction des disponibilités, parce que tout le monde tire en même temps sur les ressources.

Est-ce une crise mondiale ?

En effet. En Chine, les pénuries d’énergie sont telles que de nombreuses usines sont à l’arrêt, la croissance pourrait passer cette année en dessous de 4%, c’est peu pour la Chine. Au point que le vice premier ministre a donné ordre de sécuriser l’approvisionnement sur les marchés mondiaux quel que soit le prix payé. La crise est d’autant plus forte que le prix de l’électricité est bloqué en Chine, du coup la demande ne faiblit pas malgré les tensions. 

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En Inde, au début de la semaine, il restait seulement 4 jours de stock de charbon pour faire fonctionner les quelque 130 centrales thermiques, qui produisent les deux tiers de l’électricité du pays. Aux États-Unis, l’administration évoquait hier l’utilisation des stocks stratégiques de pétrole, pour faire baisser le prix de l’essence, ainsi que l’interdiction possible des exportations de pétrole

Il n’y a guère que la Russie qui soit épargnée, étant elle-même le premier producteur mondial de gaz. Le 6 octobre dernier, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie était prête à stabiliser les prix du gaz en augmentant sa production, quelques mots qui ont permis aux prix de se détendre, et au tsar russe de se poser comme le recours face à la crise, en Europe au moins.

Et l’Europe justement, que fait- elle ?

Comme sur tous les sujets, l'Europe est divisée. La Hongrie met en cause la transition énergétique vers les renouvelables et les taxes sur le carbone. Le Green deal (le Pacte Vert pour l'Europe), le grand programme européen pour décarboner l’économie, est accusé par d’autres d’avoir fait grimper les prix en organisant la pénurie d’énergies fossiles, alors que les renouvelables ne suffisent pas. La France, l’Espagne et quelques autres plaident pour une réforme du marché de l’énergie, afin de déconnecter les prix intérieurs des prix mondiaux. L’Allemagne et les pays du Nord freinent, en arguant qu’il s’agit d’une crise passagère. 

La bonne solution, ce serait bien sûr d’augmenter les capacités de stockage en Europe, mais cela ne vaut que pour le futur. Quant au Royaume-Uni, il n’est pas mieux loti. Il n’a pas de stock, les foyers se chauffent au gaz. Si l’hiver est rude, il y aura des rationnements, préviennent les experts.

Et pour nous alors, quelles vont être les conséquences ?

Des factures plus élevées, on le voit déjà. Mais aussi des prix plus élevés pour bon nombre de biens et de services. Le Financial Times nous apprend par exemple que Saint-Gobain, un industriel français des matériaux, a révisé sa facture d’énergie pour l’année en la faisant passer d’1,1 milliard à 1milliard et demi. Ce surcoût de presque 40% sera évidemment facturé au client, sous la forme de hausse des prix. La crise de l’énergie est un facteur de plus qui va contribuer au redémarrage de l’inflation.

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