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Déconfinement : des grands patrons en jet privé malgré les restrictions

Malgré l'interdiction de se déplacer à plus de 100km du domicile pendant le déconfinement, certains grands patrons, comme Bouygues ou Pinault ont voyagé en jet privé bien au-delà.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Déconfinement : des grands patrons en jet privé malgré les restrictions Crédit Image : MIGUEL MEDINA / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Isabelle Choquet édité par Coline Daclin

Le confinement n'a pas eu la même saveur pour tout le monde. Cela se confirme avec une enquête du Monde, qui nous emmène d'abord à l'aérogare de Saint-Malo Dinard. Nous sommes le 16 mai, la France se déconfine doucement, mais les déplacements restent limités à 100 km autour de chez soi. Soudain, on voit atterrir la Rolls des hélicoptères : un AgustaWestland 139 noir brillant

Ceux qui en descendent foulent la piste en habitués : il s'agit de Martin Bouygues et de son épouse. Dans leur bolide aérien, ils viennent de faire Paris Saint-Malo en une petite heure seulement, au lieu de quatre heures et demie par la route.

Cet hélicoptère de star, ils le partagent avec une autre dynastie du CAC40 : les Pinault, à la tête du groupe de luxe Kering. Les deux clans ont chacun une villa dans ce coin de Bretagne. Que faisait Martin Bouygues en Bretagne ce 16 mai ? "Déplacement professionnel", dit-il, sans plus de précisions. 

On travaille beaucoup visiblement dans les hautes sphères. Pendant le confinement, presque tous les vols commerciaux étaient annulés. Mais dès le 15 avril, les jets privés effectuaient un quart de leurs vols habituels, et la moitié à la mi-mai, deux semaines avant la levée des restrictions. Calcul du Monde qui a eu accès aux données de vol de quelque 800 appareils.

Un contrôle a minima

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C'était pourtant facile de les contrôler, ces voyageurs en jet. Ils étaient seuls au monde, débarrassés des flots de voyageurs des low cost. Le contrôle était assuré par la gendarmerie des transports aériens, avec la PAF et les douanes. Mais c'était un contrôle a minima : on vérifie juste que l’attestation de déplacement a bien été remplie et que les passagers ont un justificatif de leur employeur ou un certificat médical. 

Les agents de terrain le reconnaissent : "On n’avait aucun moyen de vérifier que le déplacement était vraiment nécessaire, surtout s’il s’agit de patrons qui font faire des attestations par leur propre entreprise. Ceux qui ont été refoulés, disent-ils, c’était des gens qui n’avaient fait aucun effort" pour cacher qu'il voyageait pour le plaisir. 

Comme ces hommes d'affaires débarqués à Marseille début avril avec trois jeunes femmes très charmantes. Ils ont parlé d'abord d'un voyage d'affaires, puis d'un voyage en famille, avec nounou et cuisinière. Bref, des businessmen en goguette avec leurs escorts-girls. Ils ont été renvoyés à Londres. 

Certains ont eu plus de chance. Comme ce cadre de LVMH, confiné dans sa résidence secondaire du Sud-Ouest et qui a effectué deux-allers retours Paris Biarritz en mars-avril à bord du jet du groupe de luxe. "Raisons professionnelles impérieuses", affirme LVMH. Et contrôles très légers, dit une source anonyme au Bourget.

Tous les moyens sont bons pour brouiller les pistes

D'autres ont trouvé une bonne astuce pour éviter les contrôles : apparaître comme un membre d’équipage de son jet, et pas comme passager. C'est ce qu'a fait l'industriel Jean-Pierre Barjon sur un Paris Cannes, le 20 mai. Sur le papier, il est pilote, et son jet voyage officiellement à vide. Au retour, trois jours plus tard, seule sa mère apparaît comme passagère. 

"Dans ce cas, dit un agent, on considère ça comme des vols techniques, ou des vols taxis, qui vont chercher quelqu'un. Donc on ne les contrôle pas en priorité". Il reviendra le 29 mai. "Cette fois, c’était une vraie petite colonie de vacances, raconte l’agent, une demi-douzaine de passagers... Mais à quoi bon s’attirer des problèmes à quelques jours de la fin des restrictions ?"

Tous les moyens sont bons pour s'affranchir de la règle : faire parvenir tardivement les plans de vol, ou en envoyer de multiples, vers diverses destinations pour brouiller les pistes... Comme ce chef d'entreprise parisien qui déclare aller à Perpignan, pour le travail, et qui fait repartir son avion une heure plus tard : destination : Ibiza. Officiellement, il est vide.

L'enquête complète à retrouver dans Le Monde d'aujourd'hui, et sur lemonde.fr.

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