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Fermetures des bars et restaurants : les aides n'éteignent pas la colère

Les mesures d'aide à la trésorerie ont déjà coûté 9 milliards à l'État. Le problème, c'est que l'argent qui est débloqué à grand coup de milliards ne sert qu'à éponger le quotidien, note Martial You.

Un restaurant à Paris pendant la crise du coronavirus (illustration)
Un restaurant à Paris pendant la crise du coronavirus (illustration)
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Fermetures des bars et restaurants : les aides n'éteignent pas la colère
00:06:52
Fermetures des bars et restaurants : les aides n'éteignent pas la colère
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Martial You - édité par Paul Turban

Jean Castex l'a confirmé ce jeudi 24 septembre : devant l'urgence sanitaire, les bars et les restaurants vont bien fermer à Aix-Marseille et en Guadeloupe dès ce samedi. Les bars fermeront à 22 heures dans quasiment toutes les grandes villes à partir de lundi. Mais le Premier ministre a annoncé un coup de pouce pour ces restaurateurs qui doivent fermer


Une réunion de crise a eu lieu ce jeudi à 11h30. Une nouvelle doit se tenir cet après-midi entre Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, Alain Griset, ministre délégué aux PME, et les restaurateurs. 

Alain Griset va rencontrer des restaurateurs marseillais cet après-midi. Ils les connaît bien : au moment de la première vague, il les défendait en tant que président de l'U2P, le syndicat patronal qui représente les commerçants et les indépendants. 

Les patrons de bars sont en voie de 'gilets-jaunisation'

Un représentant du secteur à RTL

La mission du ministre délégué aux PME n'est pas simple en ce moment, car la communication du Premier ministre Jean Castex ce jeudi soir sur les fermetures administratives a été brouillonne

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Or, les restaurateurs ont besoin de règles claires pour adhérer aux décisions qui sont prises. On voit bien que ce n'est pas le cas à Marseille. Ils savent tous que la réalité marseillaise sera celles des autres grandes villes dans quelques villes dans quelques jours pour les restaurateurs. Les patrons de bars sont en voie de "gilets-jaunisation", confiait à RTL un des représentants du secteur. 

La situation n'a pas besoin de s'aggraver pour être grave.

Martial You, journaliste économique sur RTL.

Pourtant, ils obtiennent des aides supplémentaires. 10.000 euros par mois de fonds de solidarité, ce n'est pas rien. Cela va permettre de payer des loyers et les exonérations de salaires vont éviter que les choses ne s'aggravent. Mais la situation n'a pas besoin de s'aggraver pour être grave. 

Les restaurateurs veulent travailler, en réalité. Les gérants qui sont des indépendants - et ça, Alain Griset les connait par cœur parce qu'il était artisan taxi avant de devenir ministre - ne touchent pas l'activité partielle. Ils n'ont plus aucun revenu depuis mars. C'est une profession qui angoisse parce qu'elle n'a pas de perspective sur l'avenir. 

Il y a déjà eu 130.000 suppressions de poste. On en redoute 200.000 de plus avec le reconfinement et la fermeture anticipée. L'un des artisans disait que l'on n'est pas dans la relance mais dans la survie. C'est une profession qui a peur de ne pas passer l'hiver, surtout qu'on attaque une période traditionnellement creuse et surtout quand vous n'avez pas les retraités pour l'arrière-saison, ni les congrès. 

Ça n'est plus une affaire d'argent, c'est une question de confiance.

Martial You, journaliste économique sur RTL.

Le gouvernement a débloqué 18 milliards pour le secteur du tourisme. C'est là qu'il y a une incompréhension entre le gouvernement et les professionnels. Ce qui est terrible dans cette affaire, c'est que ça n'est plus une affaire d'argent, c'est une question de confiance. 

Mais les mesures d'aide à la trésorerie (charges, fonds de solidarité, prêt garanti de l'État) ont déjà coûté 9 milliards à l'État. Les syndicats de restaurateurs ont besoin d'une enveloppe du même ordre si on ferme à nouveau les établissements dans les grandes villes. Le problème, c'est que l'argent qui est débloqué à grand coup de milliards ne sert qu'à éponger le quotidien, payer les charges fixes qui continuent à courir (loyers, électricité, stocks...).

Et là, le gouvernement a un problème qui va se retrouver dans les autres secteurs (on a entendu Jean Castex en parler face au couple de Bridgestone hier soir). Le problème, c'est que le plan de relance de 100 milliards n'est pas fait pour gérer les trous de trésorerie mais pour préparer l'économie française de 2030, pas pour payer les factures d'aujourd'hui. À ce rythme-là, on pourrait perdre sur tous les tableaux.

Le plus : un gros plus à Zhong Shanshan

C'est le chinois le plus riche de Chine selon l'agence Bloomberg. Il vient de détrôner hier le fondateur d'Alibaba (l'Amazon Chinois), Jack MA. Monsieur Shanshan est à la tête d'une fortune estimée à 58,7 milliards de dollars. Il est le roi de l'eau minérale là-bas grâce à la marque Nongfu Spring qu'il a créée dans les années 80.

La note : 5/20 à l'assurance-vie

Elle n'a plus la côte depuis l'épidémie. Les Français ont placé 73 milliards sur les contrats depuis janvier, c'est 25 milliards de moins que l'an dernier à la même époque. Peur de l'avenir, inquiétude de voir le gouvernement piocher dans cette épargne à terme, besoin d'argent liquide : nous avons préféré mettre l'argent sur nos livrets.

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