2 min de lecture Éducation nationale

Baccalauréat : pourquoi certains enseignants veulent boycotter les épreuves

ÉCLAIRAGE - Plusieurs syndicats de professeurs du second degré appellent au boycott des épreuves communes de contrôle continu qui doivent se tenir à partir du lundi 20 janvier.

Des élèves de lycée (illustration)
Des élèves de lycée (illustration) Crédit : FRANK PERRY / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Les "E3C". C'est le nom des épreuves de contrôle continu instaurées par la réforme du baccalauréat. Celles-ci sont censées se tenir à partir du lundi 20 janvier, mais plusieurs syndicats d'enseignants demandent leur report face au manque d'information et d'organisation.

Les E3C, pour "épreuves communes de contrôle continu", sont divisées en trois sessions : deux en première et une en terminale. Pour la toute première session - celle que les enseignants menacent de boycotter - il s'agit de deux heures d'épreuve d'histoire-géographie, une heure par langue vivante et des mathématiques pour les classes technologiques. Chacune de ces quatre épreuves comptera pour 1,7% dans la note finale du baccalauréat - 30% à l'issue des trois sessions.


En théorie, tout est prévu, chaque lycée de France doit s'assurer du bon déroulé de ses propres E3C. Mais en pratique, "rien n'est prêt" dénonçaient douze syndicats de professeurs dans une lettre adressée au ministre de l'Éducation nationale vendredi 10 janvier.

Flou autour des sujets

La réforme du baccalauréat et l'instauration des E3C donnent lieu à des disparités et des situations d'improvisation, dénonçait Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré, sur RTL jeudi 16 janvier. 

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À commencer par les sujets : ce sont les équipes éducatives de chaque lycée qui doivent les choisir dans une "banque" mise à disposition par le Ministère de l'Éducation nationale. Celle-ci a été publiée le 9 décembre dernier : trop tard pour permettre de garantir le bon déroulé de ces toutes nouvelles épreuves, dénoncent les professeurs. 

"Cela veut dire que l’on a fait trois mois complets de cours sans avoir aucune idée des différents types de sujets que l’on allait avoir au mois de janvier", s'indigne une enseignante syndiquée au Snes-FSU, auprès de France Info.

Manque de réglementations

Par ailleurs, les enseignants dénoncent le manque de sécurité et de confidentialité autour des sujetsFrance Info raconte ainsi que, sans règles claires énoncées, une proviseure d'un lycée de l'académie d'Orléans-Tours a dévoilé aux élèves les chapitres à réviser pour l'épreuve d'histoire géographie. "Une rupture d'égalité manifeste entre élèves", dénonce Claire Gueville, secrétaire nationale du syndicat.

À cela s'ajoute l'incertitude autour des modalités de correction. "Aucun texte réglementaire n’a pour l’instant été diffusé par l’administration", dénonçait le Snes-FSU dans un communiqué le 4 janvier dernier. Pour toutes ces raisons, le syndicat appelle "à empêcher la mise en oeuvre des E3C, à refuser collectivement de choisir les sujets, de surveiller et de corriger les épreuves".

Le ministre ne tient jamais compte des signaux qui lui sont donnés

Frédérique Rolet, Snes-FSU
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Face à l'opposition des enseignants du second degré, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a dénoncé un "brouhaha". "Dans la grande majorité des établissements les choses se présentent très bien au bénéfice des élèves", a-t-il assuré sur RTL jeudi 16 janvier. "Le ministre ne tient jamais compte des signaux qui lui sont donnés, a regretté le même jour Frédérique Rollet du Snes-FSU. Et quand on est en plein dans la crise il commence à expliquer que c'est la faute des personnels". 

Le conflit autour des E3C vient s'ajouter à d'autres controverses : la politique de Jean-Michel Blanquer est régulièrement dénoncée par les enseignants, notamment au sujet du pouvoir d'achat et du mal-être au travail symbolisé par le suicide en décembre dernier de la directrice d'école Christine Renon.

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