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Assomption 2020 : comment l’Église reconnaît une apparition de la Vierge

ÉCLAIRAGE - Lourdes, Pontmain, La Salette... Les catholiques français se rassemblement chaque 15 août dans les sanctuaires où la Vierge serait apparue.

Statue à l'emplacement où la Vierge Marie serait apparue à des enfants à Beauraing, en Belgique, en 1932, au pied d'une aubépine.
Statue à l'emplacement où la Vierge Marie serait apparue à des enfants à Beauraing, en Belgique, en 1932, au pied d'une aubépine. Crédit : ANTHONY DEHEZ / BELGA / AFP
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Paul Turban Journaliste

Lorsque que vient le 15 août, fête de l'Assomption, et les traditionnelles manifestations de dévotion mariale catholique, beaucoup de regards croyants ou curieux se tournent vers Lourdes. C'est là qu'en 1858, "une Belle Dame vêtue de blanc" serait apparue à 18 reprises à une jeune fille pauvre, Bernadette Soubirous. Mais il existe de nombreux autres sanctuaires où la Vierge Marie, mère de Jésus, serait apparue. 

Mais toutes ne sont pas reconnues, et toutes ne sont pas authentifiées au même niveau au sein de l'Église catholique. Dans des sanctuaires mariaux anciens, il existe souvent des légendes plus ou moins crédibles d'apparition. Mais ces récits sont souvent apparus après l'élévation d'un lieu de culte dédié à Marie, comme c'est le cas par exemple à Sion (Meurthe-et-Moselle) ou encore au Puy-en-Velay (Haute-Loire). 

Pourtant, au XIXe siècle, de nombreuses apparitions mariales supposées ont été rapportées, et l'époque se voulant plus rationaliste, des procédures de reconnaissance ont été édictées. En France, les apparitions reconnues officiellement, si l'on en croit le site croire.com, sont Le Laus (Hautes-Alpes, 1664), La Salette (Isère, 1846), Lourdes (Hautes-Pyrénées, 1858) et Pontmain (Mayenne, 1871), et en Belgique, Beauraing (1932) et Banneux (1933). 

Les critères préliminaires édictées par l'Église

En 1978, la Congrégation pour la Doctrine de la foi, "ministère" du Vatican chargé des questions de dogmes, a édicté un document avec les Normes procédurales pour le discernement des apparitions ou révélations présumées.Il édicte des critères positifs, qui vont dans le sens d'une reconnaissance, et des critères négatifs, qui mettent en doute l'apparition

Une apparition peut être reconnue par l'Église s'il existe une "certitude morale" ou "une grande probabilité" que l'apparition ait eu lieu "au terme d'une enquête sérieuse." Les témoins de l'apparition doivent avoir des "qualités personnelles" comme un "équilibre psychique", une "honnêteté et rectitude de la vie morale" ou encore une "sincérité et docilité habituelles envers l’Autorité ecclésiastique." 

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Enfin, la révélation doit être "exempte d'erreur" vis-à-vis de l'enseignement théologique et spirituel de l'Église et produire une "saine dévotion et [des] fruits spirituels abondants et constants (par ex. esprit d’oraison, conversions, témoignages de charité, etc.)".

Au contraire, l'apparition ne peut être reconnue s'il y a des "erreurs doctrinales", une "évidente recherche" de profits financiers, des "actes gravement immoraux" durant l'apparition, des "maladies psychiques ou des tendances psychopathiques" du voyant ou des "psychose, hystérie collective et chose du même genre". 

Des reconnaissances tacites

L'ensemble de cette enquête donne lieu à ce qu'on appelle un "procès canonique", comme il peut en avoir pour canoniser (reconnaître le titre de saint) un défunt. Il revient donc à "l'ordinaire du lieu", c'est-à-dire à l'évêque, de reconnaître une apparition. La décision est donc prise en France, peu ou prou, au niveau départemental. 

Néanmoins, une intervention de la Conférence des évêques du pays, voire du Vatican est possible, soit que l'évêque le demande, soit que ces instances jugent nécessaires d'intervenir du fait de l'ampleur prise par l'affaire. Cela explique qu'il n'y a que 4 apparitions au niveau de la France, et 17 apparitions dans le monde, qui soient officiellement reconnues. 

Cela ne discrédite pas pour autant, aux yeux de l'Église, d'autres apparitions. Des apparitions peuvent être officieusement reconnues par la visite de personnes éminentes, comme du Pape lui-même. Ainsi, en France, sont officieusement reconnues les apparitions de la Rue du Bac à Paris (1830 - Le pape Jean-Paul II y a prié), Pellevoisin (Indre, 1876 - Les papes Léon XIII et Benoît XV ont témoigné en faveur du sanctuaire) ou encore l'Île-Bouchard (Indre-et-Loire, 1947 - Les pèlerinages y ont été autorisés par l'archevêque de Bourges). 

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