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Déconfinement : le télétravail va-t-il devenir une norme dans les entreprises ?

ÉDITO - Alors que 4 salariés sur 10 pratiquent le télétravail depuis le début du confinement, les entreprises pourraient totalement se réorganiser durant l'après-crise sanitaire.

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Déconfinement : le télétravail va-t-il devenir une norme dans les entreprises ? Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date :
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François Lenglet édité par Quentin Marchal

C'est un point que le Premier ministre Édouard Philippe n'a pas manqué de souligner lors de son discours à l'Assemblée, ce mardi 28 avril : l'usage du télétravail pourrait persister bien au-delà du 11 mai. La question de savoir s'il peut devenir une norme au niveau national à l'avenir se pose donc, alors qu'il concerne plusieurs millions de salariés en France depuis le début du confinement.

Dans le secteur de l'assurance, 80 à 90% des salariés y ont recours, 75% dans l'informatique et dans la fonction publique la proportion est également importante. Selon une estimation du ministère du Travail, les télétravailleurs représenteraient actuellement 4 salariés sur 10 en France. Un chiffre hallucinant pour un mode qui était jusqu'ici marginal. Alors, on le pratiquait déjà en cas d'empêchement, pendant les grèves de transport en commun par exemple, mais cette fois-ci, il pourrait bien s'installer plus durablement.

C'est tout à fait possible qu'il s'inscrive dans les codes au delà de la durée de la crise sanitaire. D'abord parce que la crise peut être longue et ensuite car les entreprises se sont réorganisées autour de cette contrainte nouvelle, de ne pas se déplacer. On devrait donc voir se développer des formules mixtes dans les prochains mois.

Une pratique qui rencontre des obstacles

Il est possible que le télétravail devienne praticable en permanence. Par exemple, Axa réfléchit à ce type d'organisation, pour demain, avec deux ou trois jours chez soi, et le reste sur site. La productivité et la concentration sont meilleures chez soi, si les enfants sont à l'école. 

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Pour autant, être coupé de ses collègues et de son employeur tout le temps, bon nombre d'entre nous ne seraient pas prêts à le faire. Car le travail, ça n'est pas que le travail, c'est aussi un collectif, avec des collègues et se déplacer pour effectuer un travail permet aussi de séparer plus clairement la vie privée et la vie professionnelle. Il ne faut pas oublier que la mesure du temps de travail, en nombre d'heures, a été une conquête sociale, au début du XXème siècle, justement pour cette raison. En travaillant chez soi, on brouille cette frontière.

L'un des principaux obstacles réside dans le fait que les chefs d'entreprise fassent confiance. Les managers veulent avoir leurs troupes sous la main, et les troupes veulent quant à elles être vues par le manager. L'autre inconvénient du télétravail, c'est qu'on se prive de l'informel, les rencontres impromptues autour de la machine à café, les échanges avec d'autres, qui parfois débouchent sur des idées, des projets.

Une géographie des villes bientôt bouleversée ?

L'autre frein du télétravail est qu'il faut un bureau et un espace agréable pour travailler au quotidien. À terme, cette pratique nouvelle pourrait bouleverser nos logements et la géographie des villes. Les agglomérations vont devenir moins attirantes, si on n'a plus besoin de s'y déplacer tous les jours et à l'inverse, les villes moyennes proches des grands centres, comme Chartres ou Évreux, qui ont été dévorées par la mégalopole parisienne, vont retrouver du potentiel. 

Ces villes proposent, à budget constant, des logements plus grands et plus agréables qu'en banlieue. On pourra donc s'y installer et travailler à Paris. Véolia s'organise actuellement pour que seuls 30% de ses effectifs soient présents en même temps au siège. Pourquoi alors garder autant de mètres carrés ? Les sièges pourraient donc rétrécir. 

C'est toute l'économie des grandes villes qui pourrait se transformer avec, parmi les victimes, les restaurants qui nourrissent les employés près de leur lieu de travail, qui n'auront plus autant de clients. Mais comme en économie, quand il y a des perdants, il y a aussi toujours des gagnants, ce sont les commerces de centre villes qui devraient profiter, parce que les télétravailleurs y feront leurs courses pour déjeuner chez eux. 

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