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Vaccin AstraZeneca : ce que l'on sait du vaccin censé accélérer la lutte contre le coronavirus

L'Agence européenne des médicaments doit donner son feu vert au vaccin développé par AstraZeneca vendredi. Peu cher et facile à stocker, il est très attendu pour accélérer la campagne de vaccination. Mais son efficacité chez les seniors et son calendrier posent question.

Une personne en train de se faire vacciner (illustration).
Une personne en train de se faire vacciner (illustration).
Crédit : MARTIN BUREAU / POOL / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

L'Agence européenne du médicament doit rendre vendredi 29 janvier son avis sur le vaccin développé par le laboratoire AstraZeneca et l'université d'Oxford. Déjà autorisé au Royaume-Uni, où il est utilisé depuis le 4 janvier, il pourrait devenir le troisième vaccin distribué sur le marché européen, après ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

Peu coûteux et plus facile à conserver que les autres vaccins, le sérum du groupe pharmaceutique anglo-suédois est attendu de pied ferme en Europe, malgré une efficacité qui reste à démontrer chez les personnes âgées. De nombreux pays comptent sur lui pour insuffler une nouvelle dynamique à leur campagne de vaccination face à la menace grandissante de nouveaux variants plus dangereux du virus.

Mais les livraisons pourraient prendre un peu plus de temps que prévu. Le laboratoire a annoncé en fin de semaine dernière une baisse de rendement sur l'un de ses sites de production. Bruxelles s'attend à recevoir 60% de doses en moins au premier semestre 2021, soit seulement 31 millions d'unités sur les 80 millions espérées par les 27. Des sanctions sont déjà envisagées.

La France, qui misait sur la réception de 9 millions de doses d'ici fin mars, maintient pour l'instant son calendrier vaccinal. Plus faciles à stocker et à transporter, les doses du vaccin AstraZeneca sont censées venir en renfort des autres vaccins disponibles pour permettre aux pharmaciens et aux médecins libéraux de prendre part à la campagne.

Un vaccin plus classique

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Mis au point en partenariat avec l'université d'Oxford, le vaccin d'AstraZeneca fonctionne différemment des vaccins à ARN messager de Pfizer et Moderna. Comme eux, il délivre une partie du matériel génétique du coronavirus SARS-Cov-2 dans les cellules de l'organisme. Mais il ne repose pas sur la même technique d'injection pour cela. 

Il utilise ce qu'on appelle un vecteur viral. Il prend appui sur un autre virus, un adénovirus de chimpanzé totalement inoffensif pour l'être humain, qui a été génétiquement modifié afin de ressembler au coronavirus. 

Les scientifiques lui ont ajouté le matériel génétique de la protéine Spike qui permet au coronavirus de s'accrocher aux cellules humaines. Une fois dans l'organisme, la molécule transportée par le vaccin va provoquer une réaction immunitaire protectrice du corps humain qui croit reconnaître la protéine.

Une logistique plus facile

Le vaccin AstraZeneca est porteur d'espoir pour la lutte contre la pandémie à différents titres. D'abord car il est moins cher à produire que les autres vaccins. Son coût à la dose ne dépasse pas 3 euros quand celui de Pfizer est supérieur à 15 euros et celui de Moderna encore un peu plus cher. A moyen terme, cela va faciliter la vaccination dans des pays à plus faibles revenus, comme l'Inde ou le Brésil où le vaccin est déjà autorisé.

Autre avantage : le vaccin AstraZeneca nécessite une logistique beaucoup moins lourde que ses concurrents. Il peut être stocké pendant six mois à une température de réfrigérateur, entre 2 et 8 degrés Celsius. Cela lui permet d'être distribué bien plus facilement, par des médecins généralistes ou des infirmiers à domicile par exemple, que le vaccin de Pfizer et BioNTech, qui doit être conservé à -80°, et même de Moderna, qui doit être gardé à -20°.

Une efficacité moindre mais importante

Plus facile à utiliser et plus compétitif que ses concurrents déjà commercialisés, le vaccin AstraZeneca présente en revanche une efficacité moins importante. Fin novembre, il était annoncé comme efficace à 90%, mais il avait ensuite été annoncé que ce taux était le fruit d'une erreur de dosage : seule une demi-dose de vaccin avait été injectée pour obtenir ses résultats. L'injection de deux doses complètes, comme il est normalement requis, entraînait une efficacité de 62% seulement.

Ces erreurs auraient été largement corrigées depuis, à en croire AstraZeneca. "Nous pensons que nous avons trouvé la formule gagnante et comment arriver à une efficacité qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres", assurait son directeur général, Pascal Soriot, dans un entretien au Sunday Times fin décembre. 

Selon une étude parue en décembre dans The Lancet, il présente en moyenne une efficacité de l'ordre de 70%. Un résultat qui reste remarquable comparé à l'efficacité des vaccins contre la grippe. Pour rappel, les autorités sanitaires mondiales étaient prêtes à valider un vaccin conférant une protection à au moins 50% des personnes qui le reçoivent.

Une inconnue : son efficacité chez les seniors

La principale inconnue du vaccin AstraZeneca réside finalement dans son efficacité chez les seniors car les essais cliniques ont été principalement menés sur des personnes de moins de 55 ans. Les autorités européennes et nationales se demandent s'il ne faudrait pas réserver ce vaccin à des patients plus jeunes, quitte à revoir les priorités des stratégies vaccinales. 

A l'heure actuelle, les Britanniques utilisent le vaccin AstraZeneca sans considération d'âge, au même titre que les doses Pfizer et Moderna. Mais l'Italie envisage fortement de le réserver aux moins de 55 ans. La France attend l'avis du régulateur européen pour se prononcer. "Il est possible que l'agence européenne nous dise que ce vaccin là ne sera pas pour les personnes âgées", affirmait le ministre de la Santé Olivier Véran le 19 janvier. 

En cas de feu vert européen, la Haute Autorité de Santé (HAS) devra se prononcer au plus tard le 7 février sur la façon dont ce nouveau vaccin doit être utilisé dans la stratégie vaccinale française. Avec la possibilité de créer un double parcours de vaccination au cas où il serait recommandé pour les moins de 65 ans.

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