3 min de lecture Sommeil

Qu'est-ce que "l'orthosomnie", ce trouble contemporain ?

Relativement peu connue, l'orthosomnie est un trouble étroitement associé aux objets connectés, et qui touche de plus en plus de Français. Il s'agit de l'obsession de bien dormir.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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"L'orthosomnie", un trouble contemporain Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Valentin Deleforterie

Vous connaissez certainement les insomniaques, mais avez-vous déjà entendu parler des orthosomniaques ? Ce sont en quelque sorte les maniaques du bon sommeil. Sonia témoigne dans le magazine Marie-Claire :  "Dormir, c’est le minimum syndical ! Moi j’ai plus d’ambition : je veux que mon sommeil soit réparateur et qu’il tienne d’une traite sur 7 h 40, sans micro-réveils". 

Sonia a 37 ans. Depuis deux ans, cette conservatrice de musée prend ses nuits très au sérieux : "Mon sommeil, c’est ma carte maîtresse pour avoir des idées innovantes, pour avoir l’esprit de répartie en réunion, pour ne pas développer de maladies graves et profiter de mes soirées sans être comateuse de fatigue".

Pour tenir ses objectifs, Sonia a investi dans du matériel. "J’ai un oreiller connecté, dont la température varie selon mes cycles de sommeil. Je fais des cures de valériane en complément alimentaire, j’ai changé de matelas et au coucher, j’active mon bracelet connecté qui analyse ma nuit", explique-t-elle.

"Ce matin, il m’a averti que j’avais mal dormi : je suis notée 9/20 en sommeil lent profond. Traduction : non récupérateur. En plus, j’ai mis 41 minutes à m’endormir, notées 1/5. Ça fait deux fois cette semaine. Je vais me recadrer avec 1 mg de mélatonine, sinon je vais psychoter", poursuit Sonia.

Une course à la performance

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Le bracelet connecté, des applications pour bien dormir ... Voila ce qui amène les orthosomniaques chez les spécialistes du sommeil. "Ils sont ultra-pointus, ils ont tout lu et ils viennent consulter en ayant déjà posé leur propre diagnostic", raconte le Docteur Maxime Elbaz, spécialiste au Centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu à Paris. 

L'expert développe : "Un jour une patiente m’a dit : «Je ne rêve jamais! Je vous assure, regardez, mon appli me le dit : je n’ai quasiment pas de sommeil paradoxal (ndlr : celui des rêves) et une quantité insuffisante de sommeil lent profond. Je vais avoir la maladie d’Alzheimer». Elle avait lu des études sur le sujet, elle voulait corriger ses cycles. Résultat : elle dormait de plus en plus mal. Alors qu’à la base, les orthosomniaques sont de bons dormeurs, mais ils basculent dans une course effrénée à la performance au point de saboter leur sommeil et de devenir insomniaques"

L'orthosomnie est utopique

Joumana, 41 ans, en est l'illustration parfaite : "Ma montre connectée m’envoie des notifications pour que je me couche à 23 h, après une séance de relaxation. Au beau milieu de la soirée, donc ! Mais je m’y plie, parce que c’est ce que je dois faire pour dormir au top du top. Le hic ? Souvent, je me réveille à 3 h 30 du matin, pile au plus fort de la sécrétion de mélatonine. Ça casse tous mes efforts. Même avec la lumière orangée du simulateur de crépuscule, je peine à me rendormir et mon sommeil est agité. C’est un peu l’impasse".
 
Il n'y pas d'issue car en réalité, l’orthosomniaque veut maîtriser l’incontrôlable. "Ce rêve de perfection de l’orthosomnie flirte avec le rêve d’immortalité", explique un psychiatre. "C’est une manière de rester maître de son destin et de tenir à distance l’angoisse de mort. Mais cette quête du sommeil idéal est impossible, alors on s’y perd, on s’épuise pour rien", poursuit-il. 

Il ne faut pas abuser des objets connectés

Pour se rassurer, on s'équipe en objets connectés mais l'on ne fait qu'alimenter l'obsession, l'addiction aux statistiques. Le Docteur Elbaz est formel: "Les objets connectés, c'est ponctuellement, un mois maximum".

Et si les orthosomniaques faisaient tout simplement fausse route ? "Ce qui compte dans le bien-dormir, ce n’est pas le sommeil, mais l'éveil", estime le psychiatre : "Basez-vous sur une journée où vous avez été dynamique, joyeux, créatif, où vous avez travaillé sans coups de pompe ni difficultés de concentration, sans lourdeurs digestives".

Dans ces conditions, notez l’heure de votre coucher de la veille, et celle de votre réveil. Cela correspond à vos “normes” personnelles. Il y a fort à parier que vos nuits seront sereines, récupératrices, enfin idéales. Des nuits aussi belles que vos jours ...

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