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Dépression, anxiété... A partir de quand faut-il s'inquiéter ?

ÉCLAIRAGE - Face à la crise sanitaire, la détresse psychologique augmente. Certains signes doivent alerter, et pousser à voir un professionnel de la santé mentale.

Dépression, anxiété... A partir de quand faut-il s'inquiéter ? (illustration)
Dépression, anxiété... A partir de quand faut-il s'inquiéter ? (illustration) Crédit : Thinkstock
Coline Daclin Journaliste

Les confinements successifs et l'incertitude de la crise sanitaire peuvent avoir des impacts importants sur notre santé mentale. Chez les salariés par exemple, un baromètre OpinionWay de mars 2021 estimait que le taux de dépression, et en particulier celles considérées comme sévères, avait doublé par rapport au mois de décembre 2020. 

Pour les étudiants aussi le constat est alarmant : une étude menée à Rennes par l’École des hautes études en santé publique révélait en février dernier qu'un étudiant sur cinq présentait des symptômes de dépression. En tout, 60% d'entre eux seraient en détresse psychologique.

Certains symptômes doivent vous pousser à aller voir un psychiatre directement. "Quand on commence à éviter ses amis, à ne plus avoir envie de rien, à se disputer avec tout le monde... Bref, quand on n'arrive plus fonctionner professionnellement, scolairement, familialement et socialement, c'est qu'on est dans le pathologique, et qu'il faut voir un psychiatre", indique à RTL.fr la psychiatre Christine Barois.

Une perte ou un gain de poids significatif, des insomnies ou une proportion à trop dormir, une incapacité à se concentrer, ou encore des pensées de mort récurrentes sont autant de symptômes qui peuvent indiquer une dépression s'ils se déclarent au quotidien et pendant plus de deux semaines consécutives. 

Détecter les symptômes, aussi chez les autres

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De la même manière, si la tristesse et l'abattement sont tels que vous n'arrivez vraiment plus à travailler, c'est un psychiatre qu'il faut aller voir pour obtenir un arrêt de travail.

On peut aussi être attentifs à d'éventuels symptômes chez les autres. "L’anxiété est l’anticipation négative de quelque chose qui ne va probablement pas arriver, c’est-à-dire que la personne imagine le pire scénario pour tout. Pour la dépression, vu de l’extérieur, c’est l’envie de rien qui se voit le plus", explique Christine Barois.

Il est aussi important de détecter la détresse psychologique chez les enfants. "Un adolescent reclus, qui n'a plus envie de rien, ou un enfant qui ne rie plus doivent alerter", poursuit la psychiatre.

Christine Barois tient à rassurer : il est normal selon elle de ressentir une détresse face à la situation, et il n'y a pas honte à voir un psychiatre ou à prendre des médicaments si cela est nécessaire. "Souvent, les patients ont peur qu'un traitement leur fasse perdre le contrôle d'eux-mêmes, alors qu'à l'inverse, c'est ce qui leur permet de retrouver le contrôle", assure Christine Barois. Elle rappelle que même si un syndrome de sevrage peut s'exprimer quand on arrête un traitement psychiatrique, on ne parle pas dans ces cas-là de dépendance à proprement parler. 

Voir un psychologue pour un accompagnement

Si on ne se reconnaît pas dans les symptômes évoqués plus haut mais qu'on se sent triste, en détresse, et qu'on a besoin d'un accompagnement, il est aussi possible de se rendre chez un psychologue. Il proposera une psychothérapie : une aide basée sur la parole, et différents exercices. 

Pour les étudiants, il est possible de bénéficier de séances gratuites avec le dispositif Santé Psy Etudiants, à conditions d'avoir une ordonnance d'un médecin au préalable. Les fédérations de mutuelles, assurances santé et institutions de prévoyance ont également qu'elles prendraient en charge plusieurs consultations de psychologues par an, sur prescription médicale et "dans la limite de 60 euros par séance". 

Il est aussi possible de voir d'autres accompagnants si on en ressent le besoin, comme un psychothérapeute, un psychanalyste ou un coach de vie, mais il faut d'abord bien vous renseigner sur leur pratique, car elle est différente de celle des psychologues et des psychiatres, et leurs services ne sont pas remboursés.

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