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Coronavirus : quel impact du climat sur les contaminations ?

ÉCLAIRAGE - Le climat aurait un triple impact sur les contaminations : un impact sur la survie du virus, sur nos comportements, et sur nos défenses immunitaires.

Un homme se protège du froid (illustration)
Un homme se protège du froid (illustration) Crédit : JURE MAKOVEC / AFP
Coline Daclin Journaliste

Malgré le déconfinement, l'épidémie de Covid-19 menace toujours. Peut-être même d'autant plus à mesure que l'hiver approche. En effet, selon de nombreux experts, le climat aurait une influence sur la propagation du coronavirus. Cela pourrait expliquer pourquoi le virus circule particulièrement dans les régions les plus froides de France, comme dans le Nord, l'Auvergne-Rhône-Alpes et l’Est de la France.

On "entre dans une phase où [le virus] va se trouver plutôt à l'aise", a ainsi assuré mercredi 16 décembre 2020 le professeur Jean-François Delfraissy sur RTL. "Ce virus a une interaction avec le climat, c'est clair [...] De très bonnes études de Météo-France suggèrent qu'il y a une corrélation avec ça".

Les études dont parle le président du Conseil scientifique, ce sont celles de la société Predict Services, filiale de Météo France basée à Montpellier et spécialisée dans le risque hydrométéorologique. Comme l'indique le journal La Tribune, elle a croisé les données de Météo France avec celles de Santé publique France sur les contaminations et a trouvé que les périodes où les températures sont basses et le niveau d'humidité important correspondent à des moments de propagation forte du virus. Une explication possible est que les gouttelettes contenant du virus resteraient plus facilement en suspension lorsqu'il fait froid et humide.

Plus souvent à l'intérieur, et moins d'aération

Les affirmations de Predict Services sont surtout renforcées par les observations des épidémiologistes. "Nos données montrent un impact saisonnier sur la Covid-19", confirme à RTL.fr Pascal Crépey, chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique à Rennes. "Il y a un faisceau d'éléments qui nous fait dire que le froid et l'humidité augmentent le nombre de contaminations", poursuit-il. "C'est ce qui explique que la deuxième vague ait eu lieu cet été en Australie, pendant l'hiver austral".

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Selon Pascal Crépey, le climat a trois types d'impacts sur la propagation du coronavirus : "il semble qu'il ait un impact sur la survie du virus, mais aussi sur nos comportements, et sur nos défenses immunitaires, donc la capacité de notre corps à se défendre".

En pratique, le froid nous pousse à rester plus à l'intérieur, et à rencontrer des gens plutôt dans des espaces clos que dehors. Or, la dernière étude de l'Institut Pasteur confirme que les contaminations se font surtout au sein du foyer et de l'entourage, en particulier lors des repas. Par ailleurs, quand il fait froid, "on aère moins", soutient Pascal Crépey. Pourtant, le fait d'aérer les pièces fait désormais partie des gestes barrières

Un virus qui aime le froid et l'humidité

Le climat hivernal est aussi plus agréable pour le coronavirus. "Des études ont montré que le virus résiste mieux sur les surfaces quand les températures sont plus faibles et qu'il y a plus d'humidité", indique à RTL.fr Olivier Schwartz, directeur scientifique de l’Institut Pasteur. "Le virus résiste très bien au froid, d'ailleurs, c'est pour cela qu'on peut le conserver congelé à -80°C", poursuit-il. 

Quant aux défenses immunitaires, elles peuvent être mises à mal en hiver par le manque de soleil et donc, le manque de vitamine D. D'où le rôle potentiellement important de cette vitamine dans la lutte contre le virus. Rappelons toutefois que la vitamine D n'est "ni un traitement préventif", ni un traitement "curatif", selon l'Académie de médecine. 

Face à cet impact du froid sur les contaminations, une seule solution se profile pour le moment : ne pas adopter de comportements à risques, et respecter les gestes barrières. "La facteur climatique rend plus compliquée cette nouvelle période post-confinement par rapport à la première, au printemps", soutient Pascal Crépey. "Si on ne fait pas attention à nos comportements, il est probable qu'il soit encore plus compliqué de contrôler l'épidémie qu'entre les deux confinements", alerte-t-il. Avec une menace en vue, celle d'une troisième vague de contaminations.

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