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Coronavirus : les trois hypothèses privilégiées pour expliquer l'origine de la pandémie

Le rapport conjoint des experts de l’OMS et chinois évalue la plausibilité de trois hypothèses.

Un scientifique dans le laboratoire de Hengyang en Chine (illustration)
Un scientifique dans le laboratoire de Hengyang en Chine (illustration) Crédit : STR / AFP
Maxime Magnier

Une transmission de l’animal à l’homme par un animal intermédiaire, un incident de laboratoire, une transmission par de la viande surgelée… Le rapport conjoint des experts de l’OMS et chinois, dont l’AFP a obtenu une copie, ce lundi 29 mars, se penche sur trois hypothèses expliquant l’origine du coronavirus. 

La première, celle d’un virus transmis naturellement à l’homme par un animal intermédiaire depuis un animal réservoir, est jugée la plus plausible. Elle est "probable à très probable", estiment les experts. L’animal réservoir serait la chauve-souris, car le SARS-CoV-2 est semblable à 96% au coronavirus identifié chez ce mammifère. L’animal était déjà le réservoir naturel du virus lors de l’épidémie de SRAS en 2003.

Un autre scénario, jugé moins probable, est toutefois "possible", concluent les scientifiques : c’est celui d’une transmission par de la viande surgelée. L’hypothèse, privilégiée par la Chine pour expliquer l’origine du virus, était néanmoins écartée dès février 2020 par la Food and Drug Administration (FDA) et le centre américain pour le contrôle des maladies infectieuses. 

Le scénario d’un incident de laboratoire

Mais Pékin n’en démord pas et tente, depuis plusieurs mois, de faire admettre que le SARS-CoV-2 serait apparu hors de ses frontières, avant de les franchir par le biais de produits surgelés, note Le Monde. "Des anticorps contre le SARS-CoV-2 ont été découverts dans des échantillons de sérum humain prélevés en dehors de Chine avant la détection du foyer de Covid-19. Ce qui suggère que le nouveau coronavirus existait depuis un certain temps avant la description des premiers cas à Wuhan", écrivaient par exemple, en janvier dernier, dans la revue Science, deux chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan.

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Vient enfin le scénario d’un incident de laboratoire. Pour les experts de l’OMS et chinois, il est "extrêmement improbable". C’était pourtant la piste longtemps privilégiée par l’administration Trump, qui accusait l’Institut de virologie de Wuhan, dont les recherches portent notamment sur des pathogènes très dangereux, d’avoir laissé échapper - de manière volontaire ou non - le coronavirus. 

"Toutes les hypothèses sont sur la table"

En mars dernier, franceinfo s’était penché sur cette possibilité, soulignant que Wuhan abrite un laboratoire P4, où sont étudiés des virus comme Ebola, et deux laboratoires P3, où sont étudiés les coronavirus. Pour France Télévisions, Manuel Rosa-Calatrava, le codirecteur du laboratoire P3 de Lyon, indiquait que l’"environnement confiné, complètement étanche" de ce type d’installation ne permettait pas qu’un virus s’en échappe. "De plus, il est en sous-pression, c'est-à-dire que la pression atmosphérique à l'intérieur est inférieure à celle de l'extérieur. En conséquence, par un principe physique, il ne peut pas y avoir de fuite de l'atmosphère de l'intérieur vers l'extérieur", affirmait-il. 

Toutefois, Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS à l'université Aix-Marseille, remettait en cause cette affirmation. "Il faut se rappeler que ce sont des virus respiratoires, et donc qu'ils persistent dans l'air un certain temps", indiquait-il, ajoutant que "dans un laboratoire de type P3, où l'on n'a pas de scaphandre, il y a des possibilités qu'il y ait des contaminations."

Ces trois pistes sont évoquées par le rapport ayant œuvré à l’étude menée conjointement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des experts chinois. Mais le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé, lors d’un point de presse conjoint avec le ministre de la Coopération allemand que "toutes les hypothèses sont sur la table et méritent des études supplémentaires et complètes". Les spécialistes, eux, recommandent par ailleurs, dans leur rapport complet, "de réaliser d’autres enquêtes incluant une plus grande étendue géographique" en Chine et ailleurs dans le monde. 

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