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Coronavirus : les patients guéris ont-ils des séquelles ?

ÉCLAIRAGE - Plusieurs études montrent que des symptômes peuvent persister après une contamination à la Covid-19, et ils peuvent être plus ou moins graves.

Un hôpital à Moscou, pendant la crise du coronavirus (illustration)
Un hôpital à Moscou, pendant la crise du coronavirus (illustration) Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
Coline Daclin et AFP

Qu'on soit une personne fragile ou pas, attraper la Covid-19 n'est pas une partie de plaisir. Fièvre, courbatures, perte de l’odorat, du goût mais aussi difficultés à respirer et douleurs au niveau de la poitrine... Les symptômes peuvent être nombreux, et se révéler suffisamment graves pour nécessiter une hospitalisation. Mais même pour ceux qui sont guéris, les symptômes peuvent persister.

Selon une étude menée sur 143 patients italiens sortis de l'hôpital, 87% souffraient encore d'au moins un symptôme 60 jours après le début de la maladie. Pour la plupart, il s'agissait de fatigue et de difficultés respiratoires. Une autre étude publiée par l'agence de santé publique des États-Unis montrait que sur 350 personnes interrogées deux à trois semaines après avoir été testées positives, environ 60% des patients hospitalisés et un tiers des malades à domicile n'étaient pas guéris.

Le 15 juillet, l'Académie de médecine a donc publié un communiqué dans lequel elle détaille les séquelles observées. Selon elle, "les séquelles sont une menace réelle dont l’importance reste mal évaluée".

Des symptômes pas toujours bien compris

Pour les malades les plus graves, la persistance des symptômes peut s'expliquer par des atteintes de certains organes. Les poumons peuvent notamment être atteints, avec des cas de fibrose pulmonaire. Dans ces cas-là, le patient peut présenter des difficultés respiratoires. L'Académie de médecine pointe aussi la possibilité d'atteintes rénales et du cœur.

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Une étude allemande publiée la semaine dernière s'est d'ailleurs penchée sur les conséquences de la Covid-19 au niveau cardiaque. Les médecins de l'hôpital de Francfort ont ainsi découvert chez 78 % des patients guéris des problèmes cardiaques comme une inflammation du muscle cardiaque ou des troubles du rythme. Là où c'est étonnant, c'est que ces patients n'avaient pas nécessairement eu une forme grave de coronavirus.

D'autres symptômes apparaissent aussi. De la fatigue, des douleurs musculaires, des pertes de mémoire... Même si, comme l'indique l'Académie de médecine, ces troubles "sont le plus souvent épisodiques", ils mettent les patients à rude épreuve. Au Royaume-Uni, le professeur Tim Spector, à l'origine d'un projet de surveillance des symptômes de la Covid-19, juge cette maladie "encore plus bizarre" que certaines maladies auto-immunes rares. 

"Certains personnes ont juste des problèmes de peau, d'autres ont de la diarrhée et des douleurs dans la poitrine, c'est vraiment très inhabituel", a-t-il expliqué à l'AFP. Les médecins sont ainsi souvent démunis face à ces séquelles, contre lesquelles ils ne peuvent pas grand chose. 

Séquelles neurologiques et psychologiques

À cause de ces symptômes encore méconnus des médecins, ou d'une hospitalisation difficile, certains patients présentent aussi des séquelles psychologiques après une contamination à la Covid-19. Une étude de l'hôpital San Raffaele de Milan, menée sur 402 anciens malades, a ainsi trouvé que 42% des personnes montraient des troubles anxieux, 31% des signes de dépression et 28% des troubles de stress post-traumatique. De nombreux malades présentaient aussi des insomnies, et 20% avaient développé des troubles obsessionnels compulsifs

Si ces conséquences psychologiques peuvent être liées au stress causé par la situation sanitaire et le confinement, les scientifiques se demandent aussi s'ils ne pourraient pas être directement liés au virus. En effet, ils observent des dommages sur le système nerveux central chez certains patients Covid. Dans un article de la revue Clinical Microbiology and Infection, des médecins ont notamment décrit des cas de dysautonomie : des patients dont le cerveau ne parvient plus à gérer certaines fonctions vitales correctement. "Notre hypothèse est que les petits vaisseaux sanguins ont en fait été endommagés par le virus et ne remplissent plus correctement leur rôle d’irrigation du système nerveux", explique au Figaro Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

L'Académie de médecine recommande ainsi un suivi de long-terme des patients, afin d'évaluer les éventuelles séquelles. Au niveau individuel, elle recommande aux personnes qui ont été malade de reprendre une activité physique et d'être vigilant sur leurs symptômes. Pour l'heure, en raison du manque de recul de la recherche scientifique, il reste difficile d'évaluer les conséquences de l'épidémie. Un indice peut-être, une étude de 2009 portant sur 233 malades du Sras, un autre coronavirus, montrait que quatre ans après, 40% des patients déclaraient souffrir de dépression ou de fatigue chronique. 

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