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Coronavirus : le Covid-19 semble aussi affecter le cerveau

Le Covid-19 serait à l'origine de symptômes neurologiques comme une grande confusion, une perte de repère ou une agitation, ont constaté plusieurs médecins et chercheurs. Ils ignorent pour le moment si les dommages sont durables chez les patients touchés.

Un patient atteint du Covid-19, est évacué par une équipe médicale (illustration)
Un patient atteint du Covid-19, est évacué par une équipe médicale (illustration)
Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
Quentin Marchal & AFP

Et si le Covid-19 avait également un impact sur le cerveau des cas positifs ? La question se pose alors que des médecins de New York traitant des patients atteints du nouveau coronavirus observent de plus en plus qu'avec la fièvre, la toux et l'essoufflement, un autre symptôme fait son apparition. En effet, certains éprouvent de la confusion, au point de ne pas savoir où ils sont, ni quelle est l'année actuelle.

Cette perte de repères est parfois liée au manque d'oxygène dans le sang, mais chez certains malades le niveau de confusion semble être hors de proportion par rapport au niveau d'affection de leurs poumons. Selon Jennifer Frontera, neurologue à l'hôpital universitaire Langone à Brooklyn, la question de l'impact du nouveau coronavirus sur le cerveau et le système nerveux doit se poser.

Des études commencent à décrire ce phénomène. Dans la revue de l'Association de médecine américaine (Jama), la semaine dernière, des médecins ont rapporté que 36% de 214 patients chinois avaient des symptômes neurologiques, allant de la perte d'odorat à des douleurs nerveuses, et jusqu'à des crises convulsives et des accidents vasculaire cérébraux (AVC).

Dans le New England Journal of Medicine, la revue médicale américaine la plus cotée, des médecins français à Strasbourg ont décrit que plus de la moitié de 58 patients en réanimation étaient confus ou agités. Des scanners des cerveaux ont même révélé de possibles inflammations.

De nombreux virus affectent le cerveau

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Les virologues ne sont pas totalement surpris que le nouveau coronavirus, SARS-CoV-2, puisse affecter le cerveau et le système nerveux, car ce lien a été observé avec d'autres virus, notamment le virus du sida, le VIH. Les virus peuvent affecter le cerveau de deux façons principales, explique Michel Toledano, neurologue à la Mayo Clinic dans le Minnesota.

La première est par le déclenchement d'une réponse immunitaire anormale appelé "orage de cytokine", qui provoque une inflammation du cerveau, cela s'appelle une encéphalite auto-immune. La seconde est par une infection directe du cerveau, connue sous le nom d'encéphalite virale. Le cerveau est protégé par ce qu'on appelle la barrière hémato-encéphalique, dont le rôle est de bloquer les substances intruses.

Toutefois, celle-ci peut être percée et certains émettent l'hypothèse que le nez pourrait être la voie d'accès au cerveau, puisque la perte d'odorat est commune à de nombreux malades du Covid-19. Mais ce n'est pas vérifié, et beaucoup de patients perdant l'odorat n'ont pas de problèmes neurologiques sérieux.

Les scientifiques restent prudents

La piste principale est en fait celle de la réponse immunitaire en surchauffe. Pour en avoir le cœur net, il faudrait détecter le virus dans le liquide cérébrospinal. Cela a été fait une fois, chez un Japonais de 24 ans, dont le cas a été décrit dans l'International Journal of Infectious Disease

Il a souffert de confusion et de convulsions et l'imagerie de son cerveau montrait des inflammations. Mais le test n'est pas encore validé et les scientifiques restent prudents. Pour éclaircir ces mystères, Jennifer Frontera collabore à un projet de recherche international visant à standardiser la collecte de données.

Sa propre équipe a consigné des cas de crises convulsives chez des patients Covid-19 qui n'en avaient jamais fait avant de tomber malades. Les chercheurs ont également observé de minuscules hémorragies cérébrales qualifiées d'"inédites". Des prélèvements, tout comme les IRM, sont toutefois difficiles à faire sur des patients sous respirateur artificiel du fait que la la majorité meurt. Les dommages neurologiques sont donc difficiles à étudier.

Ceux qui survivent finissent en revanche par consulter des neurologues."Nous voyons beaucoup de patients dans des états de confusion", dit à l'AFP Rohan Arora, neurologue à l'hôpital Long Island Jewish Forest Hills. Il affirme que 40% des rescapés du coronavirus sont concernés par ce phénomène.

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