1. Accueil
  2. Actu
  3. Bien-être
  4. Coronavirus : des chiffres équivalents à ceux constatés avant les confinements ?
4 min de lecture

Coronavirus : des chiffres équivalents à ceux constatés avant les confinements ?

ÉCLAIRAGE - L'épidémie progresse moins vite qu'avant les deux premiers confinements, mais le nombre d'hospitalisations est plus élevé.

Des membres du personnel médical soignent un patient infecté par le Covid-19 à l'hôpital AP-HP Avicenne de Bobigny, près de Paris, le 8 février 2021.
Des membres du personnel médical soignent un patient infecté par le Covid-19 à l'hôpital AP-HP Avicenne de Bobigny, près de Paris, le 8 février 2021.
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Coline Daclin

Les conclusions du Conseil de défense sanitaire de ce mercredi 17 mars sont tout particulièrement attendues. Et pour cause : l'Île-de-France, mais aussi la région Sud et les Hauts-de-France, pourraient se voir imposer un nouveau confinement, un an pile après la mise en place du premier. 

La formule de cet éventuel (re)reconfinement n'est pas encore connue. Il pourrait s'agir d'un confinement le week-end, comme dans les agglomérations de Nice, Dunkerque et dans le Pas-de-Calais, d'un confinement strict comme en mars 2020, plus léger comme en octobre, ou encore d'une nouvelle formule, à mi-chemin entre les deux derniers. 

La réponse devrait dépendre de la situation épidémique, et donc des chiffres. Mardi 16 mars, 25 314 malades de la Covid-19 étaient hospitalisés, et 4 219 se trouvaient en réanimation. Des chiffres similaires à ceux avant le premier et deuxième confinement ? À titre de comparaison, on comptait 18 978 hospitalisations de patients Covid-19, dont 2 918 en réanimation, le 27 octobre 2020, à la veille de l'annonce du deuxième confinement. Les bulletins épidémiologiques de Santé Publique France d'avant le premier confinement de mars 2020 ne donnent pas le nombre total de personnes hospitalisées, mais le 15 mars 2020, 285 personnes se trouvaient en réanimation pour Covid. 

Une progression différente

La situation actuelle est-elle pour autant plus grave qu'avant les deux confinements ? Difficile à dire, car tout dépend en fait de la progression de l'épidémie. "La situation aujourd'hui n'a rien à voir avec celle de la première et de la deuxième vague", assure à RTL.fr Pascal Crepey, épidémiologiste et enseignant à l'École des hautes études en santé publique. "L'accélération de l'épidémie, qu'on mesure avec le taux de reproduction R, était autour de 3 il y a un an. Aujourd'hui, il oscille entre 1 et 1,5 [1,03 au 16 mars selon Covid Tracker, NDLR], indique le spécialiste de biostatistiques. Donc le nombre de nouvelles admissions augmente, mais moins vite."

À lire aussi

En reprenant les bulletins épidémiologiques de Santé Publique France, on voit en effet que le nombre de nouvelles hospitalisations sur une semaine passe de 2 066 en semaine 11 (du 9 au 15 mars, à 5 969 en semaine 12 (du 16 au 22 mars), soit une augmentation de 188.92 %. La semaine suivante, le chiffre fait encore plus que doubler, en passant à 13 094 nouvelles hospitalisations. C'est pour cette raison qu'on parle alors de "croissance exponentielle" de l'épidémie. 

Fin octobre, le nombre de nouvelles hospitalisations est plus haut : 12 176 pour la semaine juste avant le reconfinement (semaine 43), et 17 450 la semaine où il est acté. Mais l'évolution est donc importante (+ 43%) et à partir d'un chiffre déjà haut

Aujourd'hui, le nombre de nouvelles hospitalisations par semaine est moins important que pendant la deuxième vague, et évolue moins vite. La semaine du 1er au 7 mars (la dernière mesurée à ce jour par Santé Publique France), on comptait 9 321 nouvelles hospitalisations en semaine, un chiffre en baisse de 3% par rapport à la semaine précédente. 

Un taux d'hospitalisation déjà très haut

"La tension dans les hôpitaux n'est pas forcément moindre", signale Pascal Crepey. En effet, la différence est que le niveau d'hospitalisation général est plus haut qu'avant la première et la deuxième vague. En clair, les hôpitaux sont déjà très fortement occupés, voire déjà saturés, et ont moins de marge de manœuvre pour accueillir de nouveaux patients. "Il faut aussi compter que tant qu'il n'y a pas de confinement, les hôpitaux doivent toujours accueillir des patients non-Covid qui ont besoin de soins", relève l'épidémiologiste. 

Dans cette "troisième vague" du coronavirus, il faut aussi compter les difficultés causées par la circulation des variants, ou encore le faible nombre de transferts de patients, face notamment à des familles qui craignent d'être éloignées de leurs proches hospitalisées.

Pour Pascal Crepey, un confinement serait donc justifié, au moins dans les régions les plus touchées, comme l'Île-de-France et les Hauts-de-France. Le gouvernement doit donc peser le pour et le contre face aux conséquences économiques d'une telle décision, et son impact sur la santé mentale des Français.

Au-delà de cette possibilité, reste l'espoir de la vaccination. Jean Castex, qui a promis au moins 10 millions de premières injections d'ici à la mi-avril, 20 millions d'ici à la mi-mai et 30 millions d'ici à l'été, a soutenu mardi 16 mars qu'il maintenait pour l'heure son objectif. Pour l'heure, plus de 5,2 millions de premières doses ont été injectées en France.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/