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PSG-Barça : pourquoi une qualification parisienne ne relève pas de l'utopie

DÉCRYPTAGE - Si l'absence de Thiago Silva va forcément compliquer le 8e de finale aller du club parisien, l'équipe d'Unai Emery possède des armes à même de bousculer le FC Barcelone.

Blaise Matuidi et Marco Verratti à la poursuite de Lionel Messi en avril 2015
Blaise Matuidi et Marco Verratti à la poursuite de Lionel Messi en avril 2015 Crédit : Emilio Morenatti/AP/SIPA
GrégoryFortune77
Gregory Fortune
Journaliste RTL

D'un côté, un club largement centenaire (créé en 1899), cinq fois vainqueur de l'épreuve, systématiquement quart-de-finaliste lors des neuf dernières saisons (trois sacres). Une attaque composée de trois des meilleurs attaquants au monde, Lionel Messi, Luis Suarez et Neymar. De l'autre, une entité qui n'a pas cinquante ans, demi-finaliste une fois en 1995 mais incapable de dépasser les quarts ces quatre dernières années malgré les millions d'euros injectés par son actionnaire Qatari.

Sur le papier, le FC Barcelone part largement favori face au Paris Saint-Germain en 8e de finale de cette édition 2016-2017 de la Ligue des champions. Par deux fois le club de la capitale française s'est frotté à l'institution catalane depuis son retour au premier plan (2013 et 2015). Par deux fois il fut renvoyé à ses études, à chaque fois en quart de finale, la dernière au terme d'une double correction (défaite 3-1 au Parc des Princes, 2-0 au Camp Nou). Pourquoi cela changerait-il cette année ?

Rien à perdre face à un tel adversaire

La dernière élimination parisienne a laissé d'immenses regrets car l'équipe de Laurent Blanc apparaissait clairement favorite face à Manchester City. Pour la deuxième année de suite, cette fois avec autorité, les partenaires de Zlatan Ibrahimovic venaient de faire tomber Chelsea. Mais deux buts concédés à domicile (2-2), l'écueil trop régulier des Parisiens, et plus encore un non-match au retour (défaite 1-0, avec le fameux 3-5-2 au coup d'envoi) avaient plombé le PSG, et conduit Nasser Al-Khelaïfi à embaucher Unai Emery en fin de saison.

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Un an avant, le club parisien était tombé presque d'aussi haut face à l'ogre catalan. En avril 2015, il se dressait fièrement devant le Barça au coup d'envoi du match aller. Messi & co. l'avait sorti en 2013 ? Oui, mais sans remporter aucune des deux rencontres (2-2 au Parc, 1-1 en Catalogne), seulement grâce à la règle des buts à l'extérieur en cas d'égalité. Paris allait encore grandir, accumuler de l'expérience. La claque n'en fut que plus douloureuse.

Cette année, en revanche, le PSG n'a rien à perdre. Depuis le tirage au sort, début décembre, pas grand monde ne l'imagine créer l'exploit. Impression renforcée par la crise de résultats de fin 2016. Une élimination dès les 8es serait bien sûr analysée comme un recul. Elle n'aurait toutefois rien d’infamant, d'autant plus que l'équipe a perdu son meilleur buteur, Zlatan Ibrahimovic, dû s'adapter à un nouveau coach, entamé un nouveau cycle. Or, ce costume de victime annoncée peut lui permettre de déjouer les pronostics.

Au presque parfait en 2017

Neuf victoires en dix matches toutes compétitions confondues, 29 buts marqués pour 4 encaissés : depuis début janvier, Paris donne de nouveau l'image d'un rouleau compresseur, sauf contre Monaco (1-1). La recrue allemande Julian Draxler s'est tout de suite adaptée, Angel Di Maria semble métamorphosé par rapport à sa première moitié de saison, Edinson Cavani enfile les buts. Autres bonnes nouvelles : les retours réussis de Marco Verratti et Kevin Trapp juste avant la grande échéance.

Dans le vestiaire, le discours d'Unai Emery paraît enfin passer. Di Maria a récemment reconnu avoir "eu du mal" avec les consignes du technicien basque au début. "Mais j'ai compris et ça me plaît", a assuré l'Argentin. Parallèlement, le capitaine Thiago Silva a révélé que les joueurs et leur nouvel entraîneur se sont mutuellement "compris" à partir d'une explication fin septembre. "Le changement nécessite de l'écoute, de la compréhension, et nous ne comprenions pas la façon dont il voulait que nous jouions. Il nous passait un message et nous en entendions un autre. Cela a créé un peu de confusion".

On ne se sent pas inférieur à qui que ce soit

Unai Emery
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Abcès crevés, consignes intégrées, confiance retrouvé, groupe quasiment au grand complet (seul Javier Pastore est incertain), ce 8e de finale aller arrive finalement au bon moment dans la saison parisienne. Aussi, Unai Emery veut croire l'exploit possible. "On ne se sent pas inférieur à qui que ce soit, on a des joueurs très importants qui grandissent dans le cadre du PSG et qui veulent écrire une belle histoire individuelle et collective avec le PSG", a-t-il indiqué en conférence de presse d'avant-match.

Unai Emery devant le banc du Paris Saint-Germain le 23 novembre 2016
Unai Emery devant le banc du Paris Saint-Germain le 23 novembre 2016 Crédit : Thomson/JMP/Shutterstoc/SIPA

David Luiz plus là pour se faire humilier par Suarez

À l'heure où l'ancien coach du FC Séville prononçait ces mots, l'information n'était pas encore connue : Thiago Silva est forfait pour le match aller. Son association avec son compatriote Marquinhos aurait été un gage de solidité face au trio MSN. Il reviendra au jeune Presnel Kimpembe (21 ans) de le suppléer, comme vendredi 10 février avec succès à Bordeaux (0-3). L'international espoirs aura surtout à coeur de ne pas revivre le cauchemar de David Luiz en avril 2015.

Entré en jeu dès la 21e minute pour palier à une blessure de Thiago Silva, alors qu'il était lui-même à peine remis d'un pépin à la cuisse traité en Russie par du sang de jument, le Brésilien incarna l'humiliation parisienne en subissant deux petits ponts de Suarez sur la route de son doublé (67e, 79e). Fin de la série d'invincibilité européenne du PSG au Parc des Princes, depuis 2006 et 33 matches. 

Quatre exemples à suivre

En témoigne son dernier succès en date chez le Deportivo Alavès (0-6), le Barça déboule lui aussi sûr de sa force, même privé de Javier Mascherano et Arda Turan. Pour le battre, les exemples à suivre se nomment... Alavès au match aller (1-2 au Camp Nou) et le Celta Vigo (4-3) en Liga, l'Athletic Bilbao (2-1) en Coupe d'Espagne et Manchester City en Ligue des champions (3-1).

À ces quatre défaites, il faut ajouter huit matches nuls dont sept sur le score de 1-1 (deux face à l'Atlético de Madrid, un face au Real). Un tel score placerait certes Paris en ballottage défavorable avant le match retour. Mais il le maintiendrait en vie en vue du retour au camp Nou le mercredi 8 mars. Ce serait déjà une première victoire. 

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2017-02-14 08:35:00
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