1. Accueil
  2. Sport
  3. Football
  4. ÉCLAIRAGE - Équipe de France : les Bleus vers un fiasco à la Coupe du monde ?
5 min de lecture

ÉCLAIRAGE - Équipe de France : les Bleus vers un fiasco à la Coupe du monde ?

La défaite des hommes de Didier Deschamps au Danemark dimanche 25 septembre crée une inquiétude chez les suiveurs des Bleus. L'état actuel de l'équipe de France et de la FFF pourrait même laisser craindre un fiasco.

Paul Pogba et Didier Deschamps à Munich le 16 juin 2021
Paul Pogba et Didier Deschamps à Munich le 16 juin 2021
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
ÉCLAIRAGE - Équipe de France : les Bleus vers un fiasco à la Coupe du monde ?
00:04:30
Ryad Ouslimani & Éric Silvestro

C'est une équipe de France remaniée qui a pris une gifle à Copenhague dimanche 25 septembre face au Danemark. Diminué par les blessures de plusieurs cadres, le 11 aligné par Didier Deschamps ne ressemblait pas beaucoup à ce que pourrait être la base des Bleus pour le prochain Mondial au Qatar. Mais si la vérité d'un seul match n'est pas celle de la Coupe du Monde à venir, celle des derniers mois ne provoquera pas d'excès d'optimisme, bien au contraire. 

Avec une seule victoire lors des 6 derniers matchs (face à l'Autriche le 22 septembre), l'équipe de France de football est inquiétante, avec une qualité globale, dont celle de son jeu, en baisse notable. Il y a des questions autour de ses blessés, dont certains cadres comme Pogba et Kanté qu'on n'a plus vu enchaîner les performances de haut niveau depuis plusieurs mois, voire années. À ceci, on doit ajouter les affaires entourant le football ces dernières semaines, que ce soit à la Fédération française de football (FFF) ou celles liées à Paul Pogba. Pour préparer une Coupe du Monde, il est toujours préférable d'évoluer dans un climat serein, et ce n'est pas le cas depuis quelque temps. Et si on veut se rassurer avec les statistiques, c'est râpé. En effet, un seul tenant du titre a réussi à passer la phase de groupe depuis 1998 (le Brésil en 2006). 

Voilà pour le verre à moitié vide. Y a-t-il des raisons de le voir à moitié plein ? Pour commencer, on va s'accrocher à l'espoir d'un retour des cadres blessés. Benzema, Kanté, Lucas Hernandez, Théo Hernandez, Coman, voire Pogba. Avec le bémol d'un niveau pas toujours au top pour certains d'entre eux ces derniers temps. Par ailleurs, les difficultés sportives ne semblent pas occultées en interne, dans un groupe qui "vit bien". Peu de risques d'implosion des Bleus a priori, d'autant que Didier Deschamps fait du "bien vivre ensemble" son critère presque numéro un de sélection. C'est à ce titre qu'Olivier Giroud n'a pas été appelé en même temps que Karim Benzema depuis l'Euro 2020 (disputé en 2021). 

À quoi bon s'inquiéter ?

"DD" tient à avoir la main sur son groupe, et les quelques soubresauts vécus pendant l'Euro vont le rendre encore plus vigilant. Avec un Mbappé qui n'hésite pas à prendre position devant les micros, tant pour parler de tactique ou justifier son attitude vis-à-vis des sponsors, le sélectionneur des Bleus garde un œil sur les différents équilibres. 

Enfin, les derniers résultats des grosses cylindrées européennes sont plutôt de nature à relativiser les problèmes de l'équipe de France. "Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console", cela pourrait être le mantra des Français adeptes de la méthode Coué. Il ne faudra par contre pas regarder de l'autre côté de l'Atlantique où Brésiliens et Argentins ont l'air fringants. Mais plus globalement, en réalité, il est de toute façon trop tard pour s'inquiéter. 

À moins de deux mois du premier match de la Coupe du Monde, tirer une sonnette d'alarme serait presque contreproductif. Car les remèdes n'existent pas forcément aux maux bleus, du moins pas ceux qui pourraient éventuellement les guérir en profondeur à moins de 60 jours du Qatar. 

Tenter un autre système ? C'est trop tard, il n'y a même plus de match de préparation avant le premier match face à l'Australie (22 novembre à 20h). Trouver une nouvelle paire au milieu ? Trop tard ! Tchouaméni a beau être un crack en devenir et jouer au Real Madrid, son vécu au très haut niveau est faible, et s'il peut s'y adapter, qui mettre à son côté ? Le retour de Kanté est espéré mais le Blue de Chelsea ne sort pas de grosses saisons, entre blessures et baisse de régime globale. Quant à Adrien Rabiot, il peut compter sur la fidélité légendaire du sélectionneur pour être du voyage, mais n'offre pas vraiment de garanties, y compris en club. 

Les chantiers sont nombreux sur le plan technico-tactique, et les résultats, si tant est qu'on lance les grands travaux, n'interviendraient qu'après plusieurs mois/années de travail. Un domaine que Didier Deschamps goûte peu par ailleurs. Habile dans la construction d'un groupe, fin meneur d'hommes qui a su s'adapter à la génération surmédiatisée et très présente sur les réseaux sociaux, l'ex-entraîneur de l'OM et de Monaco n'est pas un adepte de "l'identité de jeu". 

Esprit commando et orgueil de champions ?

Il ne s'agit pas ici d'en faire un DRH, sa culture tactique est certaine, étoffée. Elle est simplement basée sur une efficacité, des consignes simples (sans être simplistes), un jeu direct et une liberté laissée aux joueurs offensifs. Il est d'une école italienne des années 1990 et il a gagné ainsi. Il est à ce titre à l'image d'un Diego Simeone ou du récent José Mourinho. Mais cette conception a ses limites, et elle n'est valable que s'il y a victoire finale. 

Le revers de la médaille est que l'équipe de France semble peu capable de changer de plan en cours de match, et se passer de "sa base solide", avec notamment le quatuor axial Varane-Kimpembé (ou Lucas Hernandez)-Pogba-Kanté, et ces deux latéraux de formation axiale (Hernandez et Pavard en 2018). Cette solidité permettait aux attaquants de moins défendre, peu presser, avec une certaine liberté de création.  

Le diagnostic, qui aurait dû être fait après l'élimination contre la Suisse à l'Euro, a peut-être été bâclée, avec le fameux "à 10 min de la fin il y avait 3-1 pour la France". Mais il y a eu penalty raté par la Suisse à la 55e (pour un 2-0), avant que Benzema n'égalise deux minutes pus tard. Le parapluie des tirs au but, la "loterie" (rien n'est moins vrai), n'a pas résisté aux bourrasques des matchs qui ont suivi pendant un an. Au final, on pourrait se retrouver avec un pansement mis sur une jambe de bois, car le match des Bleus ce jour-là n'était pas bon. Certaines rencontres ont été arrachées par le talent d'un Benzema ou d'un Mbappé, notamment en Ligue des nations, mais sur le long terme, ça n'a pas tenu. 

Alors en attendant, et sans faire la politique de l'autruche, autant croire en la capacité de Didier Deschamps à remobiliser un groupe en mode "commando" pendant un mois, croire en la résurrection des blessés pendant ce laps de temps, se dire que les rivaux ne sont pas au mieux. Les éléments d'un fiasco sont certes présents, mais celui d'un "seuls contre tous" mobilisant l'orgueil des champions également, à l'image de l'Italie 2006 polluée par le scandale du Calciopoli. Et puisque nos meilleurs ennemis ne sont pas qualifiés, autant emprunter leur esprit de corps, et se dire que la "réussite" de Didier Deschamps ne l'a pas abandonné. Sur un format de tournoi, les Bleus peuvent alors croire en un petit miracle, qu'ils ont auparavant su provoquer.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien