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Dopage : le scientifique à l'origine du scandale russe sort son autobiographie

L'ancien directeur du laboratoire de l'agence mondiale antidopage de Moscou, Grigory Rodchenkov, a signé son autobiographie où il raconte comment les athlètes russes ont été protégés par l'État, depuis le début des années 1980.

Yves Calvi 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Dopage : le scientifique à l'origine du scandale russe sort son autobiographie Crédit Image : Yuri KADOBNOV / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jérôme Florin
Jérôme Florin Journaliste RTL

Quatre ans après avoir fait parler de lui en révélant le système de dopage institutionnel organisé par la Russie pour ses athlètes lors des Jeux Olympiques de Sotchi, en 2014, le scientifique Grigory Rodchenkov récidive en signant son autobiographie, intitulée L'affaire Rodchenkov : Comment j'ai fait tomber l'empire secret du dopage de Poutine, qui sort ce jeudi 30 juillet en librairie. 

L'ancien directeur du laboratoire de l'agence mondiale antidopage de Moscou, qui vit aux États-Unis depuis 2015 sous une nouvelle identité, fait des révélations fracassantes au moment même où auraient dû se dérouler les Jeux Olympiques de Tokyo. Selon lui, l'exclusion de la Russie pour quatre ans de toutes compétitions internationales doit être maintenue et même élargie aux athlètes autorisés à concourir sous bannière neutre.

"Comment Thomas Bach (le président du CIO NDLR) peut-il dire que ces athlètes sont propres ?" s'est-il demandé dans un entretien à la BBC, en ajoutant que "les analyses anti-dopage se révèlent souvent négatives comme à Pékin et Londres et les athlètes russes ont été protégés par l'État ou des sponsors". Il affirme que "tout était faussé" et que "ce serait un scandale si pour Tokyo, l'interdiction n'était pas générale car il ne faut faire aucune exception".

Un empire devenu incontrôlable dans les années 1980

Parmi les confidences les plus rocambolesques et au-delà des considérations politiques, il dépeint un dopage des athlètes russes devenu totalement incontrôlable au début des années 1980. Grigory Rodchenkov confie que les Soviétiques, inquiets de la confiance des Américains qui claironnaient pouvoir détecter tous les produits dopants avant les Jeux Olympiques de 1984, avaient caché un laboratoire à bord d'un navire dans le port de Los Angeles. 

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Cette manœuvre avait pour but de permettre aux athlètes russes de passer entre les mailles du filet dressées par l'agence mondiale antidopage. Devant le refus catégorique des autorités américaines d'autoriser le stationnement du bateau dans le port, la Russie a donc préféré tourner le dos à cette édition olympique.

Quatre ans plus tard, à Séoul en 1988, ce navire aurait stationné dans les eaux coréennes et Grigory Rodchenkov ajoute qu'il a lui même testé le vainqueur du 100 mètres Ben Johnson, qui a terminé devant Carl Lewis, testé positif au stanosolol, un anabolisant. Le résultat de ce test n'aurait jamais été reporté, pas plus que celui, déjà positif, de l'athlète canadien, deux ans auparavant lors des Good Week Games à Moscou. 

En réalité, les Russes avaient couvert Ben Johnson car ils étaient persuadés que c'était le seul coureur capable de battre Carl Lewis et donc les États-Unis. Juste avant les Jeux Olympiques de Séoul, Ben Johnson avait d'ailleurs battu le record du monde de la distance en 1987.

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