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JO Tokyo 2020 : les conséquences psychologiques du report sur les athlètes

ÉCLAIRAGE - Les Jeux Olympiques prévus en 2020 à Tokyo, repoussés à 2021, ont un goût particulier pour les athlètes, qui s'entraînent sans être sûrs que les épreuves soient maintenues.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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JO Tokyo 2020 : les conséquences psychologiques du report sur les athlètes Crédit Image : PHILIP FONG / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Langé
Isabelle Langé édité par Nicolas Barreiro

Ce vendredi 24 juillet aurait dû être marqué par la cérémonie d'ouverture des JO de Tokyo. Seulement la crise sanitaire en a décidé autrement, les Jeux Olympiques ont été reportés à l'an prochain. Pour les sportifs qui se préparaient pour cette échéance, l'annonce du 24 mars dernier a été une véritable déflagration pour tous les athlètes qui se préparaient pour cette échéance olympique. 

"Elle a été si importante, que beaucoup d'entre eux ont mis du temps à réaliser que les Jeux ont été reportés. Ça a été un choc", décrit Meriem Salmi, une psychologue qui travaille avec de nombreux sportifs.

La pentathlète Élodie Clouvel avoue d'ailleurs qu'aujourd'hui encore, et peut-être plus ces derniers temps, à l'approche des dates fatidiques, elle y pense beaucoup. "J'ai quand même fait des rêves, je croyais que les Jeux n'étaient pas annulés et que c'est moi qui m'étais trompée. J'ai fait deux fois ce rêve là." Elle rajoute que "psychologiquement, ça a été un impact".
"Un athlète de haut niveau est construit sur un schéma très précis, rappelle Meriem Salmi. C'est comme-ci quelqu'un se retrouvait sans-emploi du jour au lendemain, c'est assez angoissant".

Un report dur à encaisser

Même Teddy Riner, champion du monde de judo à 10 reprises, a failli raccrocher son kimono. C'est sa femme Lutna qui a trouvé comment le remotiver en lui faisant comprendre que son fils l'avait vu gagner à Rio mais que ce n'était pas le cas de sa petite fille. "C'est ce qui me pousse à continuer, gagner devant ma fille, se dire qu'elle était là, se dire qu'elle a vu son père aux Jeux Olympiques, avoue le judoka français. Je vais m'entraîner, je vais faire tout ce qu'il faut pour aller chercher cette médaille d'or" poursuit-il.

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La thérapeute Meriem Salmi a dû se réinventer face à cette situation inédite. Mais son message reste clair envers ses patients : "On n'a pas le choix, soit on se prépare pour les Jeux en sachant qu'on n'ira peut-être pas. Soit on ne se prépare pas. [...] À un an des Jeux, on ne peut rester entre les deux, psychologiquement on est en conflit psychique en permanence".

Dans l'attente d'un vaccin

Il reste toujours une épée de Damoclès au-dessus des Jeux de Tokyo : la Covid-19. Certains pensent que si aucun vaccin n'est trouvé, si la pandémie ne se résorbe pas, alors il y a une possibilité que les jeux n'aient pas lieu l'an prochain.

Pour certains sportifs, comme le champion du monde de karaté, Steven Da Costa, ce serait le coup de massue. "C'est le rendez-vous qu'il ne faut pas manquer, estime le karatéka. C'est nos premiers Jeux et nos derniers surtout. S'ils viennent à être annulés, ce serait une malédiction pour nous". Le Karaté, enfin sport olympique à Tokyo, n'a en effet pas été retenu au programme de Paris 2024. Autant dire qu'une annulation serait un choc difficile à encaisser pour Steven Da Costa, qui n'aura pas de 2ème chance de vivre l'aventure olympique. 

D'autres athlètes sont déjà prêts à repousser leur retraite sportive pour terminer leur carrière à Paris en 2024.

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