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ÉDITO - Grève à la RATP : "Ce que les syndicats appellent une réussite, c'est en fait une baffe en technicolor", juge Lenglet

Après la grève du 28 mai qui a, en partie, provoqué les incidents en marge du match Real Madrid-Liverpool, la RATP en annonce une deuxième vendredi.

Des supporters devant les grilles du Stade de France
Des supporters devant les grilles du Stade de France
Crédit : Thomas COEX / AFP
François Lenglet - édité par Philippine Rouvière Flamand

Décidément, c’est l’actualité sociale qui vous inspire en ce moment…

ÉDITO - Quand la RATP perturbe le sport
Lenglet-Co and You
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Le service public en France sonne aussi fort que la devise de la République gravée dans la pierre de nos édifices. Le service public, c’est la Constitution. Et voilà qu’en son nom, les syndicats de la RATP viennent de décider d’une nouvelle grève sur la ligne qui mène au stade de France, le vendredi 3 juin, le jour d’un match de football qui opposera la France au Danemark, pour la ligue des nations.

Selon le communiqué diffusé mardi, " la réussite de la grève lors de la finale de la Champions league donne un rapport de force concret aux syndicats. Le fiasco du 28 mai a engendré une médiatisation mondiale et la direction porte l’entière responsabilité des problèmes d’acheminement des supporteurs au Stade de France".

Le fiasco du 28 mai, c’est bien sûr le grand bazar lors du match du Real Madrid contre Liverpool. Une grève des mêmes syndicats, sur la ligne B du RER, avait provoqué un goulot d’étranglement considérable à l’entrée du stade. Un afflux de dizaines de milliers de personnes, non anticipé par les organisateurs, mal géré par les forces de l’ordre et pimenté par des attaques de bandes qui ont détroussé les spectateurs. Un bazar qui a en effet fait la Une de la presse européenne, avec de violentes critiques de la France, jugée incapable d’organiser un grand événement sportif. Ce que les syndicats appellent une  "réussite" était en réalité une humiliation de notre pays, devant 400 millions de téléspectateurs. Une baffe en technicolor. 

Les raisons de la grève

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Les syndicats demandent plus d'effectifs, une prime de 1.500 euros, pour rétribuer leur engagement pendant le covid et un chèque carburant de 100 euros. La question irritante de fond, c’est l’ouverture progressive à la concurrence. Tellement progressive que la phase finale, sans cesse retardée, est prévue pour 2039. On comprend que chez les agents de la RATP il y a des anxieux, mais c’est quand même pas tout de suite - surtout si on y va en RER, on n’est pas près d’arriver. 

En 2025, ce sont les bus et les tramways qui pourront être opérés par le privé, il importe donc d’harmoniser les conditions sociales de la branche, en particulier les horaires, pour quel la concurrence soit équitable entre les entreprises. La direction de la RATP veut alors faire passer les agents de 33 à 35 heures hebdomadaires, soit 120 heures par an en plus, en contrepartie de 2.600 euros de plus, soit l’équivalent d’un 14ᵉ mois, obstinément refusé par les syndicats.

Une grève provoque toujours des désagréments, mais choisir pile poil le jour du match après un événement comme celui du 28 mai, alors qu’on est passé à deux doigts d’une catastrophe, c’est afficher non seulement que les syndicats sont indifférents aux risques physiques qu’ils font subir aux usagers, mais qu’ils souhaitent faire prendre ces risques. 

Pour la RATP, le service public, c’est le service de "moi d’abord" au détriment du public. Et ça fait peur, quand on sait que la France doit organiser la coupe du monde de rugby l’année prochaine et les jeux olympiques en 2024. Il doit déjà y avoir des responsables syndicaux qui salivent à la pensée du cirque monumental qu’ils vont pouvoir organiser, retransmis en live aux quatre coins de la planète. On disait naguère que RATP, ça voulait dire Rentre avec Tes Pieds. Il est temps de changer. Les soirs de match, RATP, ça veut dire Reste A Ta Piaule. 

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