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ÉDITO - Les sanctions contre Moscou déstabilisent les oligarques russes à Londres

Alors que le gouvernement britannique a autorisé la vente du club de Chelsea, ancienne propriété du Russe Abramovitch, les sanctions contre Moscou révèlent la mainmise de certains oligarques dans la capitale.

Roman Abramovitch, propriétaire du club de Chelsea.
Roman Abramovitch, propriétaire du club de Chelsea.
Crédit : GLYN KIRK / AFP
François Lenglet

La vente du célèbre club de foot londonien de Chelsea, propriété d’un oligarque russe, a été approuvée le 25 mai par le gouvernement britannique. Plus de 4,5 milliards d’euros, c’est le montant de cette transaction pour l’un des clubs les plus prestigieux de la planète, Chelsea FC, qui avait été racheté par l’un de ces milliardaires russes, Roman Abramovitch, en 2003.

Sous son règne, Chelsea aura gagné cinq fois la Premier League, deux fois la coupe de l’UEFA et une fois la coupe du monde. La vente a bien sûr été provoquée indirectement par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et les sanctions occidentales visant les proches de Poutine, généralement richissimes, parmi lesquels figure Abramovitch. C’est un financier américain qui rachète, Todd Boehly, il est déjà propriétaire de l’équipe de basket de Los Angeles, les Lakers, et celle de base-ball de la même ville.

Abramovitch pourra-t-il toucher cette somme ?

Mais le vendeur russe est sous sanction et peut quand même toucher cette somme considérable ? Justement non, l’argent sera bloqué sur un compte sous séquestre, pour une durée indéfinie, par le gouvernement britannique. Il faut aussi que le Portugal approuve la transaction, car le milliardaire possède aussi un passeport portugais.

Ça va permettre au club de retrouver une vie normale, car les interdictions frappant son propriétaire empêchaient toute activité économique de ce qui est aussi une entreprise, qui brasse des sommes d’argent considérables. Cette affaire est la dernière en date frappant les riches russes installés à Londres, qui sont contraints de quitter la capitale britannique ou du moins de vivre sous les radars, en partie dépossédés de leurs actifs.

Que faisaient ces oligarques à Londres ?

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Des investissements considérables, dans l’immobilier, la bourse, le marché de l’art. On estime qu’il y aurait quelque 120 milliards d’actifs russes dans la capitale britannique, en particulier dans les quartiers chics de la capitale, entre Knightsbridge, Mayfair et Belgravia. Une sorte de triangle d’or, qui avait gagné le surnom de "Londongrad", sur le modèle de Leningrad ou Stalingrad bien sûr. L’ex-propriétaire du Chelsea FC y possède une résidence de plus de 150 millions d’euros. 

Mais pourquoi Londres ?

En réalité, les Russes sont aussi très présents sur la Côte d’Azur ou en Suisse. Mais c’est vrai que Londres est, par excellence, la ville internationale des super-riches, au moins pour l’immobilier. Il faut dire aussi que le gouvernement britannique pratiquait largement ce qu’on appelle la politique des "golden visa", l’attribution de visas de résident aux étrangers qui investissent dans le pays. 700 russes auraient bénéficié de ces permis.

Bon nombre d’entre eux avaient pénétré les cercles britanniques les plus influents, et leurs enfants dans les écoles ultra-select d’Angleterre. Ils ont même multiplié les donations au Parti conservateur, pour plusieurs centaines de milliers d’euros pour certains. Au point qu’on redoutait que tout cela ne se soit fait sur ordre de Poutine lui-même, pour acheter le personnel politique britannique, en particulier les conservateurs, parti de l’actuel Premier ministre Boris Johnson.

Et ce sont tous ces liens qui se dénouent maintenant ?

Oui, non sans difficulté. Si l’attitude du gouvernement britannique est aujourd’hui sévère, on lui a reproché du retard à l’allumage dans la mise en œuvre des sanctions au début de la guerre. Retard que la presse a attribué à la proximité que les Russes entretenaient avec les pouvoirs politiques et financiers britanniques. C’est fini, les partis politiques, les financiers et les clubs de foot vont devoir se passer de l’argent sulfureux des proches de Poutine.

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