6 min de lecture Année 2020

Comment le prince Andrew, fils préféré de la reine, est devenu radioactif

ANNUS HORRIBILIS (4/5) - Les relations troubles entre l'homme d'affaires soupçonné de trafic de mineurs et le prince a obligé la famille royale à se passer de l'un de ses représentants...

Le prince Andrew, duc d'York, le 11 novembre 2017
Le prince Andrew, duc d'York, le 11 novembre 2017 Crédit : Stefan Rousseau / POOL / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

Elizabeth II avait déclaré l'année 1992 "annus horribilis" ("année horrible" en latin). L'expression est restée. A l'époque, le prince Andrew se séparait de Sarah Ferguson, la princesse Anne divorçait, Diana révélait l'infidélité longue et persistante de Charles qui préfigurait le divorce et quatre jours avant le discours de la reine, le château de Windsor a été ravagé par un terrible incendie.

2020 pourrait bien rivaliser avec cette année 1992. Dans cette websérie, RTL.fr vous propose de revivre les évènements-clef de cette année au sein de la famille royale la plus célèbre du monde. Une famille dont l'image s'est profondément dégradée après une période incroyablement lumineuse : celle des naissances des royal babies et des récents mariages de presque tous les petits-enfants de la monarque. Après un premier épisode sur le Megxit, celui sur le retour de la figure de Lady Di, un troisième sur la fausse couche de Meghan, voici l'épisode sur la chute de l'un des piliers de la famille : Andrew.

Terribles accusations

La disparition du financier Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa prison de Manhattan samedi 10 août 2019, au matin, a suscité une vague d'indignation aux États-Unis, notamment parmi les femmes l'accusant d'agressions sexuelles, qui ne le verront pas répondre de ses actes devant un tribunal. Mais depuis son inculpationles noms de plusieurs de ses puissants amis ont émergé dans les documents judiciaires et les médias. 

Le nom du deuxième fils de la reine Elizabeth II, âgé de 59 ans, revenait souvent comme ayant été un ami de Jeffrey Epstein. Virginia Giuffre, qui affirme avoir été "l'esclave sexuelle" et la rabatteuse d'Epstein de 1999 à 2002, aurait eu avec le duc d'York des relations sexuelles sous la contrainte. Elle accuse Ghislaine Maxwell, présentée comme une rabatteuse du milliardaire, de l'avoir forcée. Une autre femme a accusé le prince Andrew de comportement indécent.

Le palais de Buckingham a démenti à plusieurs reprises. "Il s’agit d’une procédure qui se déroule aux États-Unis et qui ne concerne en rien le duc d’York. Tout sous-entendu de quelconques actes illégaux avec des mineures est strictement faux", s'est défendu un porte-parole de la famille royale sur NBC. En 2015, le duc d'York, Andrew, avait été cité dans une affaire d'esclavage sexuel en Floride, aux États-Unis.

Une interview calamiteuse

Le prince Andrew a affirmé après les révélations de la presse durant l'été 2019 n'avoir jamais "vu" ou "soupçonné" d'abus sexuels de la part du financier américain poursuivi pour viols sur mineures et retrouvé mort en prison. "À aucun moment pendant le temps limité que j'ai passé avec lui, je n'ai vu, été le témoin ou soupçonné aucun comportement du genre qui a par la suite conduit à son arrestation et à sa condamnation", affirmait le duc d'York via un communiqué du palais de Buckhingham. Le deuxième fils de la reine Elizabeth II a défendu son amitié avec Jeffrey Epstein et tenu à "clarifier les faits pour éviter de nouvelles spéculations".

À lire aussi
people
Harry et Meghan : vont-ils perdre définitivement leurs titres ?

Il expliquait avoir rencontré Jeffrey Epstein en 1999 et l'avoir vu par la suite de "manière irrégulière et probablement pas plus d'une fois ou deux par an", indiquant également avoir séjourné dans "plusieurs de ses résidences". Il réaffirmait aussi son "regret" d'avoir revu le financier américain après sa libération en 2010. Celui-ci avait purgé une peine de prison après avoir été condamné en 2008 pour avoir conduit des jeunes filles à se prostituer en Floride. 

>
Prince Andrew & the Epstein Scandal: The Newsnight Interview - BBC News

Le prince Andrew a continué à se défendre jusqu'à une interview catastrophique et particulièrement embarrassante donnée pour la BBC. Après avoir affiché une défense particulièrement contradictoire ou inconsciente, la famille royale a décidé de faire du prince Andrew un vague souvenir et de le faire disparaître de la vie publique de la monarchie.

Coopérer...

Démis de ses fonctions de représentation, Andrew se tient désormais en retrait de la famille royale tant que l'affaire Epstein continue de rebondir. Le journal The Sun a dévoilé que la justice américaine aurait envoyé une convocation officielle au prince Andrew pour que celui-ci s’explique sur sa relation avec Jeffrey Epstein. Il risquait de devoir également répondre des accusations de l’une des victimes du réseau de prostitution pédophile du milliardaire américain, Virginia Roberts Giuffre.

Le prince Andrew a toujours refusé de s’expliquer devant la justice américaine et a nié connaître la jeune femme, alors même qu’une photo où il figure à ses côtés circule librement. A chaque fois, le prince évoque ne pas avoir souvenir de cette rencontre ce qui a le don d'énerver passablement la victime présumée, les journalistes et l'opinion publique. 

Dans les faits, le prince Andrew ne s'est pas rendu aux États-Unis mais il pourrait se trouver contraint de comparaître devant un tribunal britannique au minimum comme témoin grâce à une demande "d’assistance juridique mutuelle" déposée par les services de la justice américaine auprès du ministère de l’Intérieur britannique. 

...ou se taire ?

Le prince Andrew a démenti refuser de coopérer avec la justice américaine dans l'enquête sur le défunt financier, ses avocats affirmant en juin qu'il avait proposé "au moins trois fois" de témoigner dans cette affaire qui plombe la monarchie britannique. "Le duc d'York a proposé au moins trois fois son assistance en tant que témoin au département de la Justice (DoJ), ont indiqué ses avocats. Malheureusement, le DoJ a réagi à nos deux premières propositions en violant leurs propres règles de confidentialité" en affirmant qu'il n'avait pas coopéré, ont-ils déploré, accusant le département de "vouloir peut-être rechercher la publicité plutôt que d'accepter l'assistance proposée".

Lâché petit à petit par les entreprises et les associations avec lesquelles il travaillait, il a fini par annoncer en novembre 2019 son retrait de la vie publique et se fait désormais discret. Début mars, le procureur fédéral de Manhattan (New York) avait affirmé que le duc d'York avait "fermé la porte à toute coopération" avec la justice américaine dans l'enquête. Selon The Sun, la demande envoyée par le DoJ au ministère britannique de l'Intérieur, en vertu d'un traité bilatéral datant de 1994, permettrait aux enquêteurs américains soit de demander un témoignage volontaire, soit de le convoquer devant un tribunal à Londres pour s'expliquer sous serment. 

Une telle demande, si elle était appliquée, "serait décevante dans la mesure où le duc d'York n'est pas la cible de l'enquête du DoJ et a répété récemment son intention de produire un témoignage", indiquent ses avocats. Celui qui passe pour être le fils préféré de la reine a déjà fait des gros titres peu flatteurs par le passé, pour son style de vie l'assimilant à un playboy et ses amours tumultueuses. Mais cette fois, l'affaire est plus grave et plombe la monarchie britannique dans une période déjà difficile avec le retrait de la famille royale du prince Harry et de son épouse Meghan, partis en Californie. 

Le palais de Buckingham ne s'est pas exprimé sur les derniers développements de l'affaire impliquant Andrew. La reine, 94 ans, se résignant à ronger son frein en plein confinement a dû se résoudre à simplement limiter la casse.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Année 2020 People Elizabeth II
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants