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Pronom : qui est "iel" ? Le point sur la polémique

Un nouveau pronom, iel, est entré dans un dictionnaire en ligne. Le point sur la polémique avec Muriel Gilbert.

Un panneau homme/femme (image d'illustration)
Un panneau homme/femme (image d'illustration)
Crédit : alexandra-tran / unsplash
Un nouveau pronom ?
03:12
Muriel Gilbert

Philippe m’écrit qu’il “adore jouer avec les mots” mais qu’il craint “qu’ils ne deviennent des maux”… et surtout des maux de tête, si j’ai bien compris ! Il fait référence à l’introduction du pronom iel dans le Robert. Tout le monde en a parlé, y compris le ministre de l’éducation et Brigitte Macron.

Rappelons quand même de quoi il est question. Le pronom iel est entré dans la version en ligne du Petit Robert il y a quelques semaines. Il s’agit d’un pronom personnel, mélange de il et de elle, “employé, explique le dictionnaire, pour évoquer une personne quel que soit son genre”. Ce pronom a d’abord été utilisé dans les milieux LGBT, en particulier pour évoquer les personnes qui se considèrent comme “non binaires”, c’est-à-dire qui ne se reconnaissent ni dans le féminin ni dans le masculin.

Résultat ? Une belle levée de boucliers d’un côté, et naturellement des applaudissements de l’autre. Élisabeth Moreno, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, trouve que “C’est un progrès pour les personnes qui ont envie de se reconnaître dans ce pronom”, tandis que Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation, juge que la langue française “est suffisamment complexe, [et qu’]on n’a pas besoin d’en rajouter”. En tout cas, le Robert s’est ainsi offert, intentionnellement ou non, une chouette campagne de pub gratuite.

Un usage "faible" du pronom

Personnellement, j’avais avoir surtout été surprise. Habituellement, les dictionnaires prennent la précaution de s'assurer qu'un terme soit bien installé dans l’usage avant de l'entériner, tout simplement pour éviter d’intégrer des mots nouveaux qui ne seraient que des feux de paille. 

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Le directeur général de la maison d’édition reconnaît que l’usage du pronom iel est faible (d’ailleurs, la définition est précédée de l’adjectif “rare”). Néanmoins, les documentalistes du Robert considèrent que cet usage est “en forte croissance depuis quelques mois”. Par ailleurs, le sens du mot iel ne se comprenant pas à sa seule lecture, ils ont jugé utile, selon lui, de le préciser “pour celles et ceux qui le croisent, qu'ils souhaitent l’employer ou au contraire… le rejeter.”

Iels sont beaux ? Ou belles ? Ou bels ?

Après tout, vu sous cet angle… Pour le moment, en tant que correctrice, je me demande surtout comment on accorderait les participes passés et les adjectifs, par exemple. A l’écrit, j’imagine qu’il faudrait employer le point médian. Et à l’oral ? Iels sont beaux ? Ou iels sont belles ? Ou encore iels sont bels ? Iels sont gentils ? Ou gentilles ? Le Robert ne se prononce pas là-dessus, dommage…

Quoi qu’il en soit, rien ne nous oblige à employer tous les mots du dictionnaire. Le Robert 2022 a entériné des québécismes comme téteux, qui désigne un flatteur, ou vlimeux, pour un malicieux, des termes que je trouve fort séduisants, mais que personnellement je n’utilise pas. Je pense que le Robert est nettement moins prudent dans sa version en ligne, qui peut être modifiée facilement, qu’il ne l’est pour sa version papier. Le mot iel n’est pas dans le Petit Robert 2022. Voyons s’il sera dans le 2023. Et surtout, voyons si l’usage adopte ce iel. Rappelons-le : l’usage, c’est nous tous !

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